Rafales : 5 nds
Température mer :

Depuis des décennies, la voile habitable incarne une certaine idée de la liberté, du voyage et de l’aventure. Pourtant, aujourd’hui, ce rêve s’effrite sous le poids des coûts exorbitants. Plaisanciers, passionnés, familles, retraités… tous sont confrontés à une réalité implacable : les frais de gestion d’un voilier habitable deviennent inaccessibles. Entre les places de port, l’hivernage, le grutage et le carénage, la facture explose, mettant en péril l’avenir même de la voile populaire.
Les coûts, premier frein à l’accès
En 2026, une place de port pour un voilier de 10 à 12 mètres coûte entre 3.000 € et 6.000 € par an, selon la localisation et la taille du bateau. Et je ne parle pas de bateaux de moins de 10 mètres, ou les tarifs ne sont pas beaucoup plus bas. À cela s’ajoutent les frais d’hivernage, de grutage et de carénage, qui peuvent atteindre 1.000 € supplémentaires pour une sortie annuelle. Les ports de Bretagne et de Normandie, où la saison est plus courte et les infrastructures parfois vétustes, ne sont pas épargnés par cette inflation.
Une démographie vieillissante et peu renouvelée
La moyenne d’âge des plaisanciers ne cesse d’augmenter. Les jeunes générations, confrontées à la précarité économique et à la hausse du coût de la vie, se détournent de la voile habitable. Les ports de plaisance, souvent gérés par des collectivités locales, peinent à s’adapter à cette nouvelle donne. Pourtant, sans relève, c’est tout un pan de l’économie locale qui risque de s’effondrer : emplois portuaires, commerces, écoles de voile, artisans.
2 000 € à 6 000 €/an : coût moyen d’une place de port pour un voilier de 10 à 12 mètres.
+1500 € à 3000 € : budget annuel pour le carénage et l’hivernage.
4 millions de plaisanciers réguliers en France, mais une moyenne d’âge en constante augmentation.
Seuls les voiliers de plus de 12 mètres voient leur nombre augmenter, signe d’un marché qui se recentre sur une clientèle aisée et sur la location.
Les ports, pris à la gorge
Les gestionnaires de ports sont eux-mêmes sous pression : hausse des coûts de maintenance, réglementations environnementales, concurrence des marinas privées… Résultat, les tarifs des places de port grimpent, les listes d’attente s’allongent, et les petits budgets sont évincés. En Bretagne et en Normandie, où la location professionnelle ne peut pas toujours compenser la désertion des plaisanciers locaux, la situation est critique.
La location, une fausse solution ?
Certains misent sur la location pour maintenir l’activité. Mais cette solution ne convient pas à tous : elle exclut les passionnés de voile habitable, ceux qui veulent vivre à bord, partir en autonomie, ou simplement entretenir leur propre bateau. Sans compter que la location, souvent réservée aux plus gros budgets, ne résout pas le problème de fond : la voile populaire a besoin de places accessibles et de tarifs raisonnables.
Enfin, qui fait vivre ces ports, toute l’année? Déjà, on que la flotte de pêche est en baisse régulière, que deviendront les communes du littoral?
Des pistes pour inverser la tendance
Réviser les tarifs portuaires : instaurer des grilles progressives, Il faut que les propriétaires de voiliers de moins de 10 mètres aient encore accès aux ports
Encourager l’autogestion : confier la gestion de certaines zones portuaires aux clubs nautiques ou aux associations de plaisanciers, pour limiter les coûts et favoriser l’entraide.
Sensibiliser les collectivités : la voile habitable est un levier touristique et économique majeur. Sans plaisanciers, ce sont des emplois et des territoires entiers qui souffriront.
La voile populaire n’est pas une lubie de nostalgiques, c’est un patrimoine vivant, un vecteur de lien social et un pilier de l’économie littorale. Pourtant, si rien ne change, elle risque de devenir un loisir réservé à une élite. Plaisanciers, élus, gestionnaires de ports… il est temps d’agir ensemble pour préserver l’accès à la mer pour tous.
Et vous, que seriez-vous prêt à sacrifier pour continuer à naviguer ? Le débat est ouvert.
Publié le 09 février 2026 par Ronan
Revue Mers et Bateaux
Publié le : Mardi 10 février 2026 à 08:15

Publié le : Vendredi 12 décembre 2025 à 10:58

© Michel Desnos
Midi Libre le 11/06/2025
Ce mercredi, en fin de matinée, le corps d’un homme originaire du Pérou a été découvert dans les eaux du port quai des Phéniciens. Le médecin du Smur a émis un obstacle médico-légal.
Il était aux alentours de 12 h 45, ce mercredi 11 juin 2025, quand l’alerte a été lancée. Le corps d’un homme flottait au niveau du 12 quai des Phéniciens au cap d’Agde à côté de son bateau. Après que le corps a été sorti de l’eau par les pompiers, le médecin du Smur a émis un obstacle médico-légal. Une enquête sera donc ouverte pour connaître les circonstances de ce drame.
Un marin originaire du Pérou Selon nos informations, la victime serait un homme d’une soixantaine d’années originaire du Pérou. Son corps était attaché à une corde quand il a été sorti de l’eau par les pompiers. La victime est un marginal connu pour son alcoolisme. Sur le ponton, beaucoup pensent qu’il est tombé seul à l’eau entre deux navires. L’enquête déterminera l’ensemble des circonstances de ce drame.
Jean-Pierre Amarger
Publié le : Jeudi 12 juin 2025 à 07:14
© MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP
FR3 Occitanie publié le 30/05/2025
Après l'affaire de la voyante et les démêlés de Gilles d'Ettore avec la justice, y a-t-il un nouveau scandale ou de nouvelles révélations concernant la gestion de la ville d'Agde par l'ancien maire ? Une association de plaisanciers vient d'écrire au préfet de l'Hérault car elle suspecte un détournement de 2 millions d'euros dans la gestion des ports.
L'affaire n'est pas nouvelle, la Chambre régionale des comptes a déjà pointé "une gestion accablante" des ports d'Agde, sur la période 2017/2022, dans un rapport datant de septembre 2023.
Mais elle est relancée par une association d'une centaine de plaisanciers qui vient d'écrire au préfet pour l'alerter sur des irrégularités dans la gestion de la Sodeal, une société d'économie mixte qui gère les ports de la station balnéaire, au moment où la mairie d'Agde veut récupérer les pleins pouvoirs sur les 4 000 places ou anneaux du port.
Le CPDCA, collectif des plaisanciers du Cap d'Agde, qui compte une centaine d'adhérents a déposé plusieurs plaintes.
L'association suspecte un détournement de deux millions d'euros des comptes de la Sodeal, utilisés à d'autres fins que l'entretien et le fonctionnement du port du Cap d'Agde.
Philippe Revilliod, ancien officier maritime, conseiller portuaire au Cap d'Agde et vice-président de ce collectif déclare sur ICI Hérault
L'État est propriétaire des ports en France et la gestion est confiée aux collectivités sans aucune contrepartie financière. Les fonds dégagés par les municipalités ne doivent pas être utilisés à d'autres fins que le fonctionnement et l'entretien des ports. Ce n'est pas le cas au Cap d'Agde.
Il rappelle aussi les conclusions du rapport de la Chambre régionale des comptes, datant de septembre 2023. Elles mettent en lumière des prises illégales d'intérêt, des opérations susceptibles de constituer des abus de bien sociaux et une absence de contrôle de la part de la ville et des actionnaires.
L'association des plaisanciers, elle, déplore l'état de vétusté important du port.
Philippe Revilliod, qui précise ne pas habiter Agde et donc ne pas y voter, dénonce à nos confrères d'ICI Hérault :
"Que l'on soit clair, nous ne disons pas qu'il y a un enrichissement personnel. Mais une partie des recettes a été utilisée à d’autres fins que l’entretien du port. Ce qui est totalement illégal. L'argent des plaisanciers est détourné illégalement depuis de nombreuses années".
Et toujours selon le vice-président du collectif CPDCA, "rien n'a changé depuis l'arrivée du nouveau maire, Sébastien Frey, à la tête de la mairie", il y a un an.
"Les différents articles du contrat de concession rappellent le cadre de ces interventions, tant l'article 13 sur la nature des prestations d'exploitation, que l'article 26 sur le régime des travaux d'entretien maintenance et de réparation courante. Cela stipule clairement ce qui est du ressort du concessionnaire et les dispositions qui en sont exclues comme l'éclairage public qui reste une compétence du propriétaire, la Ville" explique un communiqué.
L'ensemble des dispositions du contrat ont été parfaitement respectées dans le cadre des travaux effectués sur l'entretien et la maintenance de ces deux quais (NDLR : quais Beaupré et Trinquette) rattachés au périmétre portuaire dont le concessionnaire Sodeal a la responsabilité. Il s'agissait, entre autre, de rénover les réseaux techniques.
L'association se préoccupe aussi du sort des 65 salariés de la Sodeal, si l'actuelle société d'économie mixte est "municipalisée" à partir de juin 2025. Elle envisage même un recours devant le tribunal administratif contre ce projet, le jugeant abusif et lui préférant la création d'un SPIC, un service public industriel et commercial.
Elle s'étonne enfin de cet effectif important qui pèsera à terme sur le budget municipal. 65 agents pour 4 000 anneaux à Agde contre, par exemple, 41 salariés pour 5 000 places à flot, à Port Camargue, deuxième port de plaisance d'Europe.
De son côté, Stéphane Hugonnet, ancien président de la Sodeal, a déposé plainte en juin 2024 pour diffamation.
Publié le : Samedi 31 mai 2025 à 11:43

France Bleu publié le 29 mai 2025
Une association, comptant une centaine de plaisanciers, a écrit au préfet de l'Hérault après avoir déposé plusieurs plaintes. Elle suspecte un détournement de deux millions d'euros des comptes de la SODEAL, utilisés à d'autres fins que l'entretien et le fonctionnement du port du Cap d'Agde.
Des propriétaires de bateau de plaisance du Cap d'Agde suspectent un important détournement de fond dans la gestion du port. Le montant approche selon eux les deux millions d'euros rien que sur l'année écoulée.
Plusieurs plaintes ont été déposées par le CPDCA (collectif des plaisanciers du Cap d'Agde) qui compte une centaine d'adhérents. Dans un courrier en date du 26 mai 2025, que la radio ICI Hérault s'est procurée, ils alertent cette fois le préfet de l'Hérault de sérieuses irrégularités alors que la ville s'apprête ce 1er juin 2025 à remunicipaliser la gestion des 4.000 anneaux que compte le port.
"L'État est propriétaire des ports en France et la gestion est confiée aux collectivités sans aucune contrepartie financière. Les fonds dégagés par les municipalités ne doivent pas être utilisés à d'autres fins que le fonctionnement et l'entretien des ports. Ce n'est pas le cas au Cap d'Agde" déplore Philippe Revilliod, ancien officier maritime, conseiller portuaire au Cap d'Agde et vice président de ce collectif.
Le port du Cap d'Agde a été construit à la même période que Port Camargue et La Grande-Motte. Ils sont gérés l'un et l'autre en régie municipale, et pourtant le prix de l'emplacement, ce que l'on appelle un anneau, est 20% plus cher déplore l'association. À Agde le port était géré jusqu'à présent par une société d'économie mixte, la SODEAL, créée par l'ancien maire Régis Passerieux, le prédécesseur de Gilles d’Ettore.
Dans son rapport en septembre 2023, la Chambre régionale des comptes pointe du doigt une gestion accablante sur la période 2017-2022, mettant en lumière des prises illégales d'intérêt, des opérations susceptibles de constituer des abus de bien sociaux et une absence de contrôle de la part de la ville et des actionnaires rappellent les plaisanciers. Elle met aussi en avant l'état de vétusté important du port.
Sébastien Frey, l'actuel maire d'Agde, n'aurait donc pas tenu compte des préconisations, déplore l'association
La fin de mandat de Sébastien Frey, nommé il y a tout juste un an après la démission forcée de Gilles d'Ettore, pourrait s'avérer bien difficile pour l'élu, qui n'a pas encore annoncé s'il était candidat ou pas aux prochaines municipales. Plusieurs actions judiciaires sont en effet engagées.
"Je tiens à préciser que je n'habite pas à Agde, je ne vote pas Agde, j'y ai juste mon bateau depuis 40 ans", indique le vice-président de l'association. "Je n'ai rien contre M. Frey et son équipe, mais on ne peut pas accepter ces trop nombreuses d'irrégularités".
"Que l'on soit clair, nous ne disons pas qu'il y a dans un enrichissement personnel. Mais une partie des recettes a été utilisée à d’autres fins que l’entretien du port. Ce qui est totalement illégal. L'argent des plaisanciers est détourné illégalement depuis de nombreuses années" dénonce Philippe Revilliod.
Jusqu’à il y a trois ans, la SODEAL s'occupait également de la gestion des camping municipaux. L'activité a été depuis confiée à la société Cottage Park, qui fait tout autant polémique dans la station balnéaire en raison de travaux réalisés en toute illégalité, notamment à la Tamarissiére. Dans son rapport, la Chambre relatait des faits graves concernant la gestion des campings municipaux et les conditions de transfert à cette société la société par la SODEAL.
"Rien n’a changé depuis l'arrivée de M. Frey à la tête de la mairie" conclut Philippe Revilliod, qui est par ailleurs rédacteur en chef du site infocapagde
Le collectif dénonce par ailleurs la perception d'une redevance environnementale illégale pour financement d'une déchèterie anormalement à charge de la SODEAL malgré signalement CDPCA au maire du non respect de la loi. Article 13 de la CSP : cette prestation est inexistante.
Un effectif surdimensionné au port d’Agde, déplore l’association
Le collectif des plaisanciers du Cap d’Agde s'inquiète par ailleurs du poids que va peser le transfert de l'actuel effectif de la SODEAL : 65 salariés pour 4.000 anneaux, alors que Port Camargue en compte 41 pour 5.000 anneaux, soit 50 % de moins. "On a découvert récemment que M. Frey était devenu le président de la SODEAL pour la liquider. Ça veut dire que d'un côté il prend sa casquette de maire, il liquide la SODEAL qui a des casseroles au cul, pardonnez-moi l’expression !"
Les recours pourraient ne pas s'arrêter là. Le CPDCA finalise une plainte devant le tribunal administratif pour dénoncer les abus de cette remunicipalisation, et demander l'annuler la création de ce SPIC (service public industriel et commercial).
Dans leur courrier, les plaisanciers demandent au préfet de vérifier la légalité du processus engagé, de faire la lumière sur les responsabilités encourues et de prendre les mesures administratives ou contentieuses nécessaires pour faire respecter le droit sans quoi de nouvelles actions pourraient être réalisées.
Sébastien Frey, qui n'avait pas connaissance de courrier au préfet, dénonce les accusations portées et précise ne rien avoir à se reprocher dans sa gestion. Des propos diffamatoires précise la mairie dans un communiqué ".
"La SEM SODEAL est en charge de la concession des ports et du Centre Nautique du Cap d'Agde depuis son renouvellement en 2021.
L'association de plaisanciers animée par Monsieur REVILLOD, la CDPCA, estime que des investissements effectués par la SODEAL dans le cadre de sa concession, sont détournés du cadre légal de sa concession, notamment la rénovation des quais Beaupré et Trinquette.
Or différents articles du contrat de concession rappellent le cadre de ces interventions, tant l'article 13 sur la nature des prestations d'exploitation, que l'article 26 sur le régime des travaux d'entretien maintenance et de réparation courante. Cela stipule clairement ce qui est du ressort du concessionnaire et les dispositions qui en sont exclues comme l'éclairage public qui reste une compétence du propriétaire, la Ville.
L'ensemble de ces dispositions du contrat ont été parfaitement respectées dans le cadre des travaux effectués sur l'entretien et la maintenance de ces deux quais rattachés au périmètre portuaire dont le concessionnaire SODEAL a la responsabilité. Il s'agissait, entre autres, de rénover les réseaux techniques.
Une plainte en diffamation a été déposée en juin 2024 à ce sujet par l'ancien président de la SODEAL, Stéphane HUGONNET".
Stefane Pocher
Publié le : Samedi 31 mai 2025 à 07:50

MIDI LIBRE © MICHEL DESNOS
MidiLibre 13/05/2025
Le Collectif des plaisanciers du Cap d’Agde, qui n’en est pas à sa première bataille contre la municipalité, remet en cause la légalité d’une délibération du conseil municipal d’Agde.
Il est désormais acté et voté d’ailleurs que la ville d’Agde va reprendre en régie municipale la gestion des ports du Cap d’Agde. Une responsabilité qui incombait depuis de longues années à la Sodéal, société d’économie mixte qui disparaîtra dans quelques mois, bien qu’une échéance précise soit difficile à déterminer, tant les détails administratifs et comptables sont nombreux dans cette affaire.
Si quelques soubresauts ont agité le personnel de la société ces derniers mois, concernant notamment leur statut et la gouvernance, David Masella, directeur actuel de la Sodeal, devrait selon toute vraisemblance poursuivre sa mission à la tête du futur service municipal dédié à la gestion des ports, ce changement, sauf modification des tarifs évidemment, y compris à la baisse, possibilité évoquée par le maire et tout récent président de la Sodéal Sébastien Frey en octobre dernier, ne devrait guère perturber la vie des plaisanciers.
Mais certains d’entre eux, réunis sous la bannière du Collectif des plaisanciers du Cap d’Agde, association présidée par Évelyne Portier, ont décidé de saisir le Préfet pour "irrégularités dans la création du nouveau gestionnaire." Le CDPCA, qui n’en est pas à sa première bataille contre la municipalité, souhaite que le Préfet de l’Hérault "examine en urgence la légalité de la délibération n°10 du conseil municipal d’Agde du 12 mars 2025, portant création d’un Service public industriel et commercial (Spic) pour la gestion des ports du Cap d’Agde."
Le collectif relève "des éléments particulièrement préoccupants" selon lui : "l’absence de consultation préalable du conseil portuaire, en violation du Code de transports, le maintien des responsables de la Sodéal, des clauses de confidentialité disproportionnées qui portent atteinte au droit d’accès des citoyens à l’information publique, ainsi que le défaut de mécanisme de contrôle et de transparence dans les statuts du Spic." Le CDPCA qui conclut : "la gestion des ports du Cap d’Agde ne peut se permettre un simple changement de façade. L’éthique, la transparence et la légalité doivent redevenir les piliers de l’action publique." Vous l’aurez compris, la campagne des élections municipales se passera aussi sur l’eau !
Olivier Raynaud
Publié le : Mardi 13 mai 2025 à 09:32

L’affaire d’Ettore (1/3), un podcast original de Midi libre : La numérologue ou comment "la voyante a vu une faille chez le maire". Midi Libre - Philippe Dalgues
Midi Libre 21/03/2025
Le 21 mars 2024, le maire d’Agde était placé en détention provisoire après sa mise en examen. Dans "l’affaire d’Ettore", podcast en trois épisodes, Jean-Pierre Amarger, journaliste à Midi Libre, revient sur ce dossier tentaculaire impliquant une voyante, des promoteurs immobiliers et un total de 17 personnes mises en examen.
Quand, le 21 mars 2024, Gilles d’Ettore, le maire d’Agde, élu depuis 2001, est placé en détention provisoire dans le cadre d’une affaire de soupçons d’escroquerie en bande organisée, détournements de fonds par personne dépositaire de l’autorité publique, prises illégales d’intérêts, corruption passive, c’est une chape de plomb qui s’abat sur la cité balnéaire qu’il dirige depuis des années.
Apporter des regards différents sur l’affaire de Gilles d'Ettore, le maire d’Agde et de la voyante. C’est ce que tentent de faire des témoins qui ont croisé l’édile déchu. Dans ce premier épisode de l’affaire d’Ettore, podcast en trois épisodes, Julie Aubert, une numérologue, explique son comportement. "La voyante a vu une faille chez le maire", explique-t-elle à Jean-Pierre Amarger, journaliste à Midi Libre à Béziers qui a suivi de près l’affaire Gille d’Ettore.
Enquête du journaliste du Midi Libre Pierre Amarger auprès de Julie Aubert, numérologue
Publié le : Samedi 22 mars 2025 à 11:22
Midi Libre 21/03/2025
Apporter des regards différents sur l’affaire de Gilles d'Ettore, le maire d’Agde et de la voyante. C’est ce que tentent de faire quatre témoins qui ont croisé l’édile déchu. Ainsi, Julie Aubert, une numérologue, explique son comportement, Fabrice Mur, opposant politique historique de Gilles d'Ettore commente la situation locale et enfin un détenu et un surveillant de prison, du Gasquinoy, où Gilles d'Ettore a passé trois mois, rapportent le comportement de l’élu derrière les barreaux.
Il y a un an, éclatait une affaire rocambolesque qui a précipité Gilles d'Ettore, le maire d’Agde en détention provisoire. Depuis quatre ans, l’édile consultait une voyante a qui il a accordé des largesses grâce à des financements provenant de grandes entreprises locales. Lui et sa voyante, Sophia Martinez ont été incarcérés, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire, trois mois plus tard. Ils n’ont plus le droit de revenir dans l’Hérault depuis. La voyante aurait utilisé des subterfuges pour tromper l’élu. Il l’aurait découvert lors de sa garde à vue en découvrant les dons de ventriloquie de Sophia via une vidéo que lui ont présentée les policiers. Depuis la mise en examen de Gilles d'Ettore et de Sophia Martinez, 17 personnes ont été mises en examen, des dizaines d’autres ont été entendues. Et ce n’est pas terminé.
Julie Aubert est numérologue à Pézenas. Elle a fait parler les chiffres pour faire le portrait et retracer la vie de Gilles d’Ettore. Elle évoque aussi le travail des voyantes, de Sophia Martinez, et la différence avec la numérologie.
"Quand un consultant vient nous voir, il cherche des réponses à ses questions. Il veut se connaître, se comprendre. Nous, les numérologues, sommes là pour leur donner des indications en fonction des chiffres que nous tirons, de leur date de naissance et de leur nom. La numérologie est une science et nous allons alors travailler sur une trentaine de chiffres. Une voyante, elle, peut influencer, diriger, guider vers des chemins de traverse qui sont parfois tortueux. Nous, nous conseillons et nous analysons. Je peux le dire avec certitude, Gilles d’Ettore est un amoureux de la vie, de sa ville et des femmes. Ça n’est un secret pour personne, mais nous le retrouvons dans les chiffres et les cartes."
En se basant sur les chiffres et les cartes tirées, Julie Aubert l’assure : "La voyante a vu une faille chez le maire d’Agde et l’a exploitée. Mais il est encore temps pour une introspection, une analyse des faits pour revenir sur le droit chemin."
Surveillants de prison et détenus entendent rester discrets sur les trois mois qu’ils ont partagé avec l’ancien maire d’Agde, au Gasquinoy à Béziers. Patrick, un ex-détenu, l’assure : "Il n’avait pas la grosse tête. Il discutait avec tout le monde depuis la cour de promenade alors qu’il n’était en contact physique avec personne. Il a aidé du monde. Vraiment. Il a été généreux en partageant ce qu’il avait avec d’autres qui n’avaient rien. Il a vraiment fait jouer la solidarité comme on ne l’imagine pas. Je suis Agathois et j’espère vraiment qu’il redeviendra maire, il a fait pour nous, mais aussi pour notre ville et nous n’oublierons pas."
Un surveillant de détention va dans le même sens : "C’était une personnalité que nous devions protéger. Mais rapidement nous avons compris qu’il n’y aurait pas de problème. Il était fort face aux détenus qui lui parlaient depuis leur cellule. Il a accepté d’apporter de l’aide comme il le pouvait. C’est vraiment à souligner. C’était un détenu respectueux et à l’écoute. Je ne dirais pas que sa détention a été facile. Je n’étais pas dans sa tête, mais en tout cas, en public, il ne montrait rien. Une fois dans la solitude de sa cellule, ce devait être autre chose."
Fabrice Mur est l’opposant historique de Gilles d’Ettore en politique. Retiré des affaires, il garde toujours un œil avisé sur sa ville. Les événements d’il y a un an l’ont marqué et surpris, comme tous les Agathois : "Je n’imaginais pas qu’il puisse tomber pour une telle affaire. Une voyante, c’est rocambolesque. Nous avons imaginé tous les scénarios, mais pas celui-là. Mais je ne suis pas de ceux qui se réjouissent du malheur des autres. J’ai perdu devant Gilles d’Ettore car il n’est jamais aussi bon que dans une campagne politique. J’ai aimé combattre face à lui et je le respecte pour cela et même s’il n’a pas été tendre avec moi ou son opposition de l’époque."
Fabrice Mur se souvient de conseils municipaux difficiles, houleux. "Nous étions traités comme des moins que rien. D’Ettore, c’était un despote à sa façon. Il faisait passer ses idées comme le fait la majorité actuelle. Rien n’a changé depuis son départ. C’est son premier adjoint qui mène sa politique. Un premier adjoint qui a plus d’expérience que lui en politique puisqu’il était adjoint à la culture sous Régis Passérieux et qu’il est toujours là aujourd’hui. D’Ettore n’est plus là, mais son système perdure toujours."
Jean-Pierre Amarger
Publié le : Vendredi 21 mars 2025 à 14:52
Midi Libre 21/03/2025
Le 21 mars 2024, le maire d’Agde était placé en détention provisoire après sa mise en examen. Depuis, dans ce dossier tentaculaire impliquant une voyante, elle aussi placée sous écrou, des promoteurs immobiliers… 17 personnes ont été mises en examen, des dizaines ont été entendues. On fait le point.
Quand, le 21 mars 2024, Gilles d’Ettore, le maire d’Agde, élu depuis 2001, est placé en détention provisoire dans le cadre d’une affaire de soupçons d’escroquerie en bande organisée, détournements de fonds par personne dépositaire de l’autorité publique, prises illégales d’intérêts, corruption passive, c’est une chape de plomb qui s’abat sur la cité balnéaire qu’il dirige depuis des années.
Quand, dans la foulée, les médias dévoilent que le maire aurait été influencé dans ses choix par une voyante, Sophia Martinez, dans le but d’offrir à cette dernière de nombreuses largesses (financement d’une véranda, d’un mariage…) c’est pire que tout.
La ville d’Agde devient la risée. Partout, on ironise sur la chute du maire qui écoutait “La voix” supposée être celle de son père mais qui était en fait celle de la voyante douée en ventriloquie. Le maire n’aurait découvert qu’en garde à vue la supercherie… L’homme politique, tout comme la voyante, vont rester trois mois en détention provisoire avant de pouvoir sortir de prison et quitter l’Hérault sous contrôle judiciaire.
Depuis un an, la pression médiatique est retombée, mais le travail des enquêteurs et de deux magistrats instructeurs avance. Lentement, mais sûrement, le dossier s’épaissit. Au mois de janvier 2025, pas moins de 17 personnes avaient été mises en examen dans le cadre de ce dossier, selon le parquet de Béziers. Des dizaines d’autres ont été entendues par les magistrats et les enquêteurs.
Aujourd’hui, Sophia Martinez, qui avait été exilée à Strasbourg, a pu se rapprocher de sa famille et vit désormais dans l’Aveyron. Gilles d’Ettore, lui, est toujours dans le Périgord où il vit chez un ami. Dans l’attente d’une décision de justice qui allégerait son contrôle judiciaire et lui permettrait de revenir dans l’Hérault. Pour l’heure ses proches, tout comme ceux de Sophia Martinez, se refusent à toute prise de parole.
À Agde, si le début de l’affaire avait froissé les habitants, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Une grande majorité se moque de ce qui est arrivé. Beaucoup avancent même un retour probable de Gilles d’Ettore en politique, à un an des municipales. Les procédures, elles, devraient se poursuivre plusieurs mois encore.
Sébastien Frey, l’ancien premier adjoint, est devenu maire d’Agde le 7 juin 2024. À un an des prochaines élections municipales, il se retrouve chahuté, voire bousculé par son opposition. Dans la cité agathoise, les rumeurs vont bon train : on avance des théories selon lesquelles, l’ancien maire agirait, en sous-main, pour faire battre son dauphin.
Rumeur ou pas, certains, sous couvert l’anonymat, craignent que l’équipe municipale en place ne soit pas en capacité de freiner les ardeurs du Rassemblement national. Un élu de la majorité raconte : "Gilles savait faire. Il avait la force, le réseau pour éteindre toutes les velléités de l’extrême droite. C’était un combattant, un vrai politique. Je ne suis pas certains que nous y arriverons…"
Jean-Pierre Amarger
Publié le : Vendredi 21 mars 2025 à 14:49

Sébastien Frey n’a que très peu apprécié le comportement de certains élus d’opposition la semaine dernière
MIDI LIBRE - MICHEL DESNOS
Midi Libre 18/03/2025
Dans un communiqué de presse adressé à la rédaction de Midi Libre mardi 18 mars, le maire Sébastien Frey revient sur les dernières tensions politiques avec l’opposition et clôt la séquence d’un conseil municipal qui aura décidément beaucoup fait parler.
"Le déroulement du dernier conseil municipal est venu confirmer la volonté évidente de l’opposition de procéder à une forme de pourrissement de la vie politique locale", estime Sébastien Frey. "Diffusion de fausses informations, polémiques déconnectées de toutes réalités, accusations diffamatoires, attaques personnelles, manœuvres ayant pour but de ralentir les débats, mises en scène visant à se victimiser, l’opposition use de toutes les manipulations pour dégrader le débat public sans se préoccuper le moins du monde de l’intérêt des Agathois."
Dans son viseur, Thierry Nadal, candidat du groupe "100 % Agde" : "Monsieur Nadal, plus que tout autre, s’est fait l’incarnation de ce choix de la médiocrité, de la mauvaise foi et de la fausse bonne conscience. Son ego et la joie mauvaise qui l’anime depuis un an le poussent à tous les débordements, que ce soit en conseil municipal ou dans les médias. Mû par une avidité revancharde qui lui fait perdre tout sens de la mesure, son comportement “mélenchonesque” ternit notre démocratie locale."
Maire d’Agde depuis le mois de juin dernier, Sébastien Frey prévient : "je ne me laisserai pas entraîner dans cette dérive qui est aux antipodes de ma conception de la politique. L’équipe municipale, qui œuvre quotidiennement au service des Agathois, plus que jamais unie par cette même volonté d’agir, restera à distance de ce débordement qui déshonore leurs auteurs et contribue à salir notre cité. Tous les projets que nous mettons en œuvre sont conformes aux engagements que chacun des élus de la majorité a pris devant les Agathois en 2020 et qui ont été validés par le suffrage universel. Monsieur Nadal oublie qu’ils ont été, lui et son absence de projet, repoussés clairement par les électeurs. On ne fait pas de politique sans projet. On ne fait pas de politique sans conviction. On ne fait pas de politique sans générosité et sans humilité. J’ai lors du dernier conseil municipal laissé le débat se prolonger durant 4 heures et 30 minutes, répondant inlassablement aux mêmes questions, pour la plupart déconnectées des enjeux qui nous concernent tous. Je tiens à saluer l’administration qui à mes côtés œuvre avec abnégation et compétence pour assurer une bonne tenue des échanges et répondre elle aussi inlassablement aux questions faussement techniques dont elle est abreuvée. Non Monsieur Nadal, pour reprendre votre expression, le diable n’est pas dans les détails. Il est dans votre tête et dans votre incapacité à vous élever à la hauteur des aspirations de nos concitoyens"
Olivier raynaud
Publié le : Mardi 18 mars 2025 à 18:01

© MIDI LIBRE - MICHEL DESNOS
Midi Libre 17/03/2025
La séance du mercredi 12 mars a duré plus de 4 h 30, ce qui n’est pas fréquent à Agde. Deux élus d’opposition reviennent, dans des communiqués adressés à la presse, sur cette drôle de soirée.
Suite au conseil municipal du mercredi 12 mars, au cours duquel le budget 2025 a été adopté, le candidat du groupe “100 % Agde”, Thierry Nadal, a tenu à revenir sur cet épisode politique : "La presse locale a eu raison de parler d’un conseil municipal sans précédent", estime-t-il. "Sans précédent par sa longueur : 4 h 35 ! Sans précédent car à guichets fermés. Sans précédent parce qu’il suit une annulation des débats (le 26 février dernier, NDLR) lorsque la propre majorité du maire l’avait lâché trois heures avant le début des dernières délibérations. Alors certes, ce conseil municipal a été laborieux. D’abord parce qu’il concernait le vote du budget, une discussion technique dans laquelle le diable se cache souvent dans les détails de centaines de pages chiffrées. Et le diable était bien présent, relevé point par point par Thierry Nadal et son équipe, face à un maire en souffrance qui se défaussait lâchement sur ses directeurs administratifs. Il fallait en passer par là, car ce budget illustrait l’amoncellement de duperie, de fausseté, d’erreurs volontaires. Devinez qui va payer la facture ? Nous pensons que ce psychodrame du budget constitue un tournant politique, actant la faiblesse du maire en place. »
Le médecin agathois estime que lui et son équipe ont "le devoir de préparer l’avenir. Il est temps de se concentrer sur des projets concrets pour les familles : le bien-être, la sécurité, l’emploi, le logement, la voirie, l’éclairage, l’équipement de la police municipale ou des clubs de sports, et pas cette passerelle inutile sur l’Hérault ! Il est temps de mettre en place les actions concrètes, qui protégeront des aléas leurs proches et les biens des Agathois. Il est temps de gérer avec bon sens et en bon père de famille, plutôt qu’en héritier flambeur, une ville qui a tant d’atouts. Nous le devons aux Agathois qui nous suivent, de plus en plus nombreux, jusqu’aux marches de la mairie"
Conseillère municipale du Rassemblement national, Fabienne Varesano revient elle aussi sur ce conseil municipal, "qui a offert une parfaite illustration de théâtre démocratique où l’éloquence creuse a remplacé la substance", estime-t-elle. "Pourtant face à des interrogations techniques et documentées, l’opposition s’est heurtée à une stratégie d’évitement systématique, à des affirmations manifestement fausses, à des promesses de réponses futures masquant mal l’incompétence ou encore à des procédures entachées d’irrégularités juridiques flagrantes. Ces pitoyables esquives ne font illusion pour personne", assène-t-elle, avant d’ajouter : "concernant le budget, le spectacle fut consternant : ni le maire ni ses adjoints n’ont su répondre avec précision à la moindre question chiffrée. Ont-ils seulement lu le document qu’ils nous demandaient de voter ? "
Olivier Raynaud
Publié le : Mardi 18 mars 2025 à 11:19

La passerelle piétonne et cyclable reliera la Promenade au château Laurens. VISUEL AGENCE GUILLEMIN
Midi Libre 14/03/2025
Les élus agathois ont débattu du sujet lors du conseil municipal du mercredi 12 mars. Sans surprise, l’opposition se veut très critique sur ce projet défendu par le maire Sébastien Frey, convaincu que la revitalisation du centre historique passe par là.
Vous voulez un autre sujet qui divise les élus locaux ? Ce pourrait être le parking souterrain en construction sur le bas de la Promenade, projet dont on reparlera souvent dans les mois qui viennent, mais mercredi dernier en conseil municipal, c’est de la passerelle piétonne sur l’Hérault dont il a été question, à l’occasion du vote d’approbation des travaux.
Oui, un ouvrage qui se veut esthétique, "jeté sur l’Hérault", comme l’image le maire Sébastien Frey, qui permettra de cheminer du centre historique vers le parc de Belle Isle et le château Laurens, moyennant une enveloppe de 7,4 M€ TTC, financée par la Ville à hauteur de 60 %. De quoi envisager la cité sous un autre angle, mais pas forcément pour l’opposition, qui ne voit rien de bon dans cette affaire.
Patrick Dumont, pour le groupe “Agde juste, verte, sûre” de Thierry Nadal, pense que ces 7,4 M€ ne sont pas "le coût global de ce projet. Je ne vois ni les coûts de maîtrise d’œuvre déjà engagés pour un montant de 700 000 €, ni les coûts de l’encorbellement contournant le Moulin des Évêques. Ainsi, votre présentation me semble un peu singulière pour ne pas dire trompeuse, car nous sommes déjà à plus de plus de 8 M€."
Sébastien Frey l’assume, "la revitalisation de notre cœur de ville passe aussi par cette passerelle. Ce redressement engagé est possible en créant un lien fonctionnel et visible. Les projets de réhabilitation passent aussi par du beau." Une esthétique qui laisse froide l’élue du Rassemblement national Fabienne Varesano, pour qui "la réfection des voiries de la ville" et, plus étonnant, "la rénovation du quai de la Trirème, en piteux état" seraient des dépenses plus indiquées. "D’autant que les piétons peuvent très bien emprunter l’actuel pont des Maréchaux pour se rendre au château Laurens", estime-t-elle. "Cette passerelle, c’est un petit caprice, de la gabegie. Vos projets sont délirants."
Pour le coup, ce sont les Agathois et les touristes qui jugeront du bien-fondé de ce projet.
Olivier Raynaud
Publié le : Samedi 15 mars 2025 à 10:09

Malgré la volonté de rompre le contrat de DSP, une quarantaine de nouvelles habitations vont être installées cet été à la Clape. VISUEL COTTAGE PARKS
Midi Libre 15/03/2025
Le président de la société, François Cros, a déjà investi plusieurs millions d’euros à la Clape et à la Tamarissière et augmenté le chiffre d’affaires. Il regrette aujourd’hui un dialogue compliqué avec Sébastien Frey et ses équipes.
Depuis quatre ans maintenant et ce jusqu’en 2038, la société Cottage Parks s’est vue confier la gestion et la commercialisation des campings municipaux de la Clape et de la Tamarissière, dans le cadre d’une délégation de service public. Une DSP qui prévoyait à sa signature un plan d’investissement de 15 millions d’euros, ainsi que le versement d’un loyer à la commune qui se voulait progressif, dans une fourchette moyenne de 1,3 M€ par an. Moins élevé en début de contrat (670 000 € en 2023 par exemple), mais plus important dans les dernières années (2,2 M€ en 2038). Jusqu’ici, tout allait bien.
Mais dans le sillage de l’association citoyenne Agathé, des voix se sont élevées contre les aménagements effectués par l’opérateur sous les pins classés de la Tamarissière, notamment l’installation de quarante d’habitations légères de loisirs et la construction d’un lagon, le tout avec l’assentiment de l’ancien maire Gilles d’Ettore, proche de François Cros. Oui mais voilà, l’affaire dite de la voyante est passée par là il y a un an, entraînant la démission de Gilles d’Ettore de l’ensemble de ses mandats. "Cette affaire nous a mis en difficulté", souffle l’exploitant, qui n’a pas renié son amitié pour autant.
Reste que l’arrivée de Sébastien Frey dans le fauteuil de maire, en juin dernier, a changé la donne. Notamment dans le message adressé par la Ville à Cottage Parks, que l’on pourrait traduire par : “désormais, il faut faire les choses dans les règles.”
Pour s’être affranchi de quelques règles d’urbanisme justement, dans cette zone naturelle hautement contrainte, Cottage Parks pourrait perdre en appel le mois prochain devant le tribunal administratif et être obligée de démonter ses nouvelles habitations. Ce qui en pleine période de réouverture, serait effectivement un coup dur porté au camping de la Tamarissière, alors même que les chiffres de fréquentation et les résultats nets de ces derniers exercices sont bons. Une situation qui pousse l’homme d’affaires à aller plus loin, en demandant purement et simplement la résiliation de la délégation de service public.
"Nous avons beaucoup investi, comme cela était prévu et même un peu plus. À la fin de cette année, nous en serons à 25 millions d’euros d’investissements", explique celui qui va même créer cet été de nouvelles installations à la Clape, avec des habitations mobiles regroupées en mode Bali tout autour d’un lagon. "Il faut bien continuer d’avancer, car je ne sais pas de quoi demain sera fait", justifie François Cros, qui a visiblement du mal à renouer le contact avec la Ville. "J’ai l’impression que Sébastien Frey m’a pris un peu en grippe… On a discuté, j’ai rouvert le camping aux promeneurs cet hiver et quinze jours après, je recevais des mises en demeure de la mairie. J’en ai marre, je ne peux plus travailler comme ça."
Évidemment, si résiliation il y avait, et nous en sommes encore loin, il y aurait des discussions autour de la question des compensations financières que devrait payer la commune. François Cros n’a pas souhaité évoquer le sujet, mais le chiffre de 30 à 40 millions d’euros circule ! De quoi faire réfléchir tout ce petit monde, qui va de toute façon devoir discuter, trouver des solutions. Notamment sur le devenir de la pinède de la Tamarissière, en péril si l’on en croit le délégataire."Ce site patrimonial remarquable repose notamment sur sa forêt. Or, elle est attaquée par un insecte, le scolyte et se meurt peu à peu. Il y a 100 à 150 arbres à abattre et nous menons actuellement une évaluation avec les services de l’ONF, avant une étude paysagère. Ce serait aussi à la Ville de s’en occuper." Mais en l’état des relations, l’avenir du camping s’écrit aujourd’hui en pointillé.
Olivier Raynaud
Publié le : Samedi 15 mars 2025 à 09:35

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Midi Libre le 13/03/2025
Les élus agathois ont offert un piètre spectacle, si l’on peut dire, mercredi 12 mars. À un an des élections municipales, cela n’augure rien de bon sur la bonne tenue des débats d’ici cette échéance électorale.
Depuis près d’une quinzaine d’années que nous observons la vie politique agathoise, jamais il ne nous a été donné de ressentir une telle atmosphère dans l’hémicycle municipal, faite de tension, de défiance et d’arrogance mêlées.
Le 30 janvier dernier, lors du rapport d’orientation budgétaire, c’est d’abord le conseiller municipal d’opposition André Figueras, le monsieur chiffres du groupe “Agde juste, verte, sûre”, qui quittait la salle, irrité que le maire Sébastien Frey ait mis un terme au débat un peu vite à son goût, entraînant de fait ses colistiers dont Thierry Nadal, un peu surpris quand même, dans son sillage.
Le 26 février, ces mêmes élus d’opposition (et ceux de la majorité par la même occasion), apprenaient au dernier moment que le conseil municipal au cours duquel le budget 2025 devait être voté, était finalement reporté au 12 mars sur décision du maire, qui n’avait officiellement pas anticipé la désaffection de ses élus en raison des vacances scolaires. Décision pour le moins étonnante, même si l’on peut penser que le mouvement de protestation des employés de la Sodéal la veille, eux qui doivent passer sous giron municipal et qui demandaient des garanties, n’y est évidemment pas étranger. Autant d’événements qui n’ont fait que décupler le ressentiment d’une opposition déjà très véhémente depuis la démission de l’ancien maire Gilles D’Ettore, en mai dernier.
C’est donc peu dire que le conseil municipal de mercredi sentait la poudre. D’ailleurs à 18 h, image rare, plus aucun siège n’était disponible dans la salle. Qu’on ne s’y trompe pas : les Agathois ne se sont pas soudainement pris de passion pour les questions budgétaires. Mais de la majorité à Thierry Nadal ou au Rassemblement national, on avait pris soin de mobiliser les siens, histoire de marquer les esprits et, sans doute, de se donner du courage. Ce soutien inhabituel a-t-il poussé certains élus à en faire trop ? On peut se poser légitimement la question.
Sur les chiffres maintenant. Clémence Raphanel, adjointe aux finances de la Ville, a annoncé que sur les 120 millions d’euros de budget, "86,2 M€ étaient con, sacrés au fonctionnement et 34,5 M€ aux investissements." Un budget 2025 "centré sur la suite des investissements engagés et la fin des grands travaux prévus lors de ce mandat" et qui confirme surtout une chose : Agde est une ville qui a beaucoup d’argent, ce qui autorise bien des projets.
Première à prendre la parole, Fabienne Varesano (RN), regrettait d’ailleurs "que ce budget soit dans la continuité de la mégalomanie de votre prédécesseur", lançait-elle à Sébastien Frey. "Il serait bon de retrouver le sens des réalités car vous dépensez de l’argent que vous n’avez pas. Vous continuez avec des délires (elle fait référence notamment à la passerelle piétonne sur l’Hérault, dont le prix avoisinera les 7 millions € HT, NDLR) qui coûtent beaucoup aux Agathois." Pour celui qui s’était promis "de rester cool" et qui a patiemment écouté les arguments des uns et des autres durant les presque 5 heures de conseil, la charge était rude. "Je ne suis pas devenu mégalo en six mois, je reste les pieds sur terre", rétorquait-il. "Vous vous trompez en disant que nous dépensons l’argent que nous n’avons pas. Car l’investissement est financé en grande partie par l’autofinancement dégagé, résultat de la bonne gestion de la section fonctionnement."
De son côté, André Figueras a cru bon d’ironiser, au risque de perdre l’attention de tous, sur des indicateurs qui, selon lui, "avaient doublé par rapport à l’an dernier : les dépenses de fonctionnement par habitant sont passées de 1 125 € en 2024 à 2 479 € en 2025. Pareil pour les recettes de fonctionnement par habitant qui doublent, passant de 1 321 € à 2 859 €." Ce que l’élu d’opposition savait évidemment trop gros pour être vrai, le DGS de la Ville Yannick Hivin, expliquant de longues minutes plus tard "que la nomenclature comptable avait en effet évolué cette année", ce qui explique ce différentiel important.
Un exemple parmi d’autres du chipotage, des inexactitudes, approximations et autres attaques ad hominem qui ont ponctué ce vote du budget, au nom évidemment de l’intérêt général et des Agathois. Qui, et c’est heureux, n’ont pour la quasi-totalité d’entre eux pas assisté à ce drôle de spectacle, qui n’a pas grandi la politique locale.
Olivier Raynaud
Publié le : Jeudi 13 mars 2025 à 15:26

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Midi Libre 26/02/2025
Le conseil municipal d’Agde, qui devait avoir lieu ce mercredi 26 février, vient d’être reporté à la dernière minute. Le maire Sébastien Frey explique qu’il n’avait pas anticipé la désaffection de ses élus en raison des vacances. L’opposition dénonce un "amateurisme".
À quelques heures du conseil municipal qui devait se tenir ce mercredi 26 février, à Agde, le maire Sébastien Frey a annoncé qu’il reportait la séance de deux semaines, soit au 12 mars. "Il y avait beaucoup d’élus absents. Or, je n’allais pas faire voter un budget de 120 millions d’euros avec un quorum juste atteint", a-t-il expliqué à Midi Libre. "Ce n’est pas l’image d’un conseil municipal qui doit adopter un budget. Et on avait un mois de marge pour le budget." "C’est ma faute", ajoute-t-il, en évoquant son manque d’anticipation.
Le 12 mars, l’ordre du jour sera identique. La remunicipalisation de la Sodéal, la Société d’économie mixte gestionnaires des ports de la ville, qui inquiète la soixantaine de salariés venus manifester devant la mairie ce mardi 25 février, veille du conseil initial, sera donc soumise aux élus.
Mais ce report "n’a rien à voir avec la Sodéal", certifie Sébastien Frey. "La décision de remunicipalisation a été annoncée dès septembre dernier. Elle est dans l’intérêt de la ville et je la mettrai en œuvre. La soixantaine d’agents n’a aucune raison objective de s’inquiéter, ils conserveront leur niveau de rémunération, ne perdront rien au niveau de leurs conditions de travail." Quant aux fonctions de direction actuellement occupées par David Masella elles seront remplies par un directeur désigné par le maire.
Consternation dans l’opposition Dans les rangs de l’opposition, Thierry Nadal indiquait en milieu d’après-midi, toujours ce mercredi : "Nous venons d’apprendre, à 15 h 30, l’annulation du conseil du jour." Et il estimait pour sa part : "Nous attribuons cela aux dissensions internes à la majorité et à la peur de ne pas atteindre le quorum. Cela trahit l’amateurisme de cette équipe."
De son côté, Fabienne Varesano, élue du Rassemblement national soulignait : "C’est avec consternation qu’en tant qu’élus nous avons reçu, seulement 2 heures 30 avant la séance prévue, l’annulation du conseil municipal par le maire. Le prétexte invoqué : "L’absence de nombreux élus en cette période de vacances." Une excuse qui sonne creux quand on sait que l’ordre du jour comportait des dossiers cruciaux." L’élue du RN ajoutait : "La vérité est claire, est-ce que M. Frey ne contrôle plus sa majorité, ou fuit-il simplement ses responsabilités quand la pression monte ?"
Melissa Alcoléa
Publié le : Jeudi 27 février 2025 à 08:35