Rafales : 10 nds
Température mer :
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édition du samedi 12 mars 2011
Soupe de mourre, hier matin, au pied de la capitainerie. Là, quelques patrons de chalutiers, et des matelots, brûlent des pneus. Un peu plus tôt dans la matinée, un câble a été tendu en travers du canal maritime, en guise de blocus. Mais on sent plus de gravité que d'agressivité parmi ces pêcheurs-là. Il faut dire que l'heure est grave. Ou plutôt que la période est sombre, puisque la crise liée à la hausse du prix du gazole dans un secteur particulièrement énergivore ne date pas d'hier. On se souvient combien, en 2008, un litre de carburant à 0,75 avait mis le feu aux poudres.
Et si les automobilistes, qui déboursent de 1,30 à 1,60 le litre à la pompe, ont de plus en plus de mal à être solidaires des pêcheurs, un petit rappel des faits s'impose néanmoins. De la bouche de ces chefs d'entreprise sétois.
Patron - associé - du Térésina, Gaetan Liguori est abattu. En 2004, il a investi environ un million d'euros (avec aides à la construction) sur son chalutier de 25 m armé pour la pêche au poisson bleu (au pélagique, Ndlr). Un navire dont le moteur Mitsubitshi de plus de 1 000 chevaux (ce n'est pas un cas isolé) engloutit 3 000 litres de gazole par jour, soit quotidiennement 2 000 au tarif du jour (0,66 le litre à la station d'avitaillement du Môle). Pour ne pas sombrer, il lui faudrait ramener à quai, tous les jours, environ 4 000 de poisson. Ce qui n'est pas toujours le cas, d'autant que l'absence de poisson bleu l'a contraint à se réarmer au poisson de fond.
à ses côtés, Patrice Angevin, qui pratique le chalut de fond, soit la pêche au poisson blanc, défend ses collègues du pélagique. « Dans les années 2000, tous les institutionnels - Région, Affaires maritimes, état, Europe… - étaient d'accord pour imposer la modernisation de la flotte. Surtout sur le poisson bleu : on a demandé à ceux qui voulaient le pêcher d'investir dans des bateaux modernes équipés de machines de froid. Il fallait aussi une puissance moteur permettant de rallier les ports rapidement et ainsi d'avoir un poisson de grande qualité, à l'arrivée. Ceux qui ne le faisaient pas voyaient leur poisson sous-évalué à la vente. Alors qu'on ne vienne pas reprocher aujourd'hui aux patrons pêcheurs d'avoir mis des moteurs énergivores (*). On les y a poussés. Ils n'avaient pas le choix même s'il est clair que d'aller vers ces grosses puissances était une erreur. »
Daniel Calli, lui, est encore plus amer. Il a acheté il y a sept ans un chalutier de polyester de 24 m. Il a des problèmes de santé, 470 000 de crédit à honorer à raison de 6 000 par mois, un commandant, et des matelots, « que l'on ne peut plus payer ». Avec un gazole à 0,40 , l'affaire était encore possible. Mais là… « Et en plus, même si je fais cadeau de mon bateau, personne n'en voudra. »
PATRICE CASTAN
Publié le : Samedi 12 mars 2011 à 11:06
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édition du vendredi 11 mars 2011
La préfecture de l'Hérault vient de diffuser un communiqué annonçant le passage d'un fort vent de secteur Est à Sud-Est pour les journées de samedi et dimanche. Sur le littoral, le niveau de la mer devrait s'élever de 30 à 40 cm, et de fortes vagues de 5 à 7 m à l'approche du rivage sont attendues. Certaines parties du littoral pourraient être submergées par la conjugaison de ces deux phénomènes.
La préfecture de l'Aude met également en garde la population contre un risque de fortes vagues sur le littoral audois, du samedi 12 mars à 16 h au dimanche 13 mars à 13 h. Selon Météo France, les vagues à l'approche du rivage seront d'une hauteur moyenne de 5,5 m à 6,5 m, pouvant atteindre ponctuellement les 7 m.
Les autorités recommandent de limiter ses déplacements, de réduire sa vitesse sur route et autoroute, d'éviter toute ballade en forêt et en bordure du littoral. La vigilance est également recommandée en ville, devant la chute possible d'objets divers. Il ne faut en aucun cas intervenir sur les toitures, ni toucher des fils tombés au sol. Enfin, il est fortement conseillé de ranger ou fixer les objets sensibles aux effets du vent et/ou susceptibles d'être endommagés.
Publié le : Vendredi 11 mars 2011 à 21:24
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édition du jeudi 10 mars 2011
Les pêcheurs emmenés par des chalutiers graulens ont poursuivi leur mouvement (Midi Libre d’hier) suite au contrôle musclé par les affaires maritimes sur le Juliart. Ils ont décidé de bloquer aujourd’hui l’activité des dépôts de carburants, notamment à Fos (Bouches-du-Rhône), Port-la-Nouvelle (Aude) et Frontignan (Hérault).
« Nous demandons à l’état la réactivation des aides sociales du plan Barnier et le déblocage des aides européennes De Minimis - 30 000 euros sur 3 ans - que nous avions reçues en 2008 », explique Paul Gros membre du comité local des pêches. Ce dernier a par ailleurs appris que rien ne serait à attendre de la réunion programmée vendredi à Paris sur le gazole : « On a juste essayé de nous calmer ; c’est une simple réunion de travail. »
Hier, Damien Alary, président (PS) du conseil général du Gard, parlait d’« un avis de tempête » et s’inquiétait du « calme plat » du gouvernement. Il réitèrait également sa demande d’audience auprès de Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture. « Aujourd’hui un pêcheur est arrêté parce que son filet n’a pas les bonnes mailles. Demain, ce seront près de 30 patrons de chalut et leurs équipages qui risquent de s’arrêter si les pouvoirs publics ne prennent pas de rapides dispositions », martelait l’élu. Les pêcheurs qui veulent également paralyser les services de pilotage dans les ports, assurent, quant à eux, que leur mouvement n’est pas près de s’arrêter.
V. BENNOUAR-BONACCHI
Publié le : Vendredi 11 mars 2011 à 10:11
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édition du vendredi 11 mars 2011
Non, le Rio Tagus et l'unique marin qui se trouve encore à bord (le capitaine ukrainien Olksander Davidenko) n'ont pas repris la mer. Dans l'état où se trouve le navire - il avait été victime d'une importante voie d'eau à l'automne dernier -, il ne saurait en être question. Non, le chimiquier bloqué à Sète depuis le mois d'octobre a seulement été transféré vers le bassin de Cayenne, où il pourrait avoir à patienter longtemps avant de revoir la Grande bleue. Car il ne s'agissait bien hier que d'une courte promenade...
Le Rio Tagus a été remorqué. Il ne pouvait prétendre à mieux.
C.F
Publié le : Vendredi 11 mars 2011 à 10:02
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édition du jeudi 10 mars 2011
« Un contrôle en mer sur un bateau du Grau-du-Roi mobilise les ports méditerranéens, touchés aussi par la flambée du gazole.
Ils ont embarqué comme des cow-boys sur leur vedette, ont voulu mettre des scellés sur les filets, exigé le retour au port. On ne pouvait pas laisser passer. » Paul Gros, président de la coopérative du Grau-du-Roi - Socamat - et membre du comité local des pêches, est plus qu’en colère.
Hier, c’est un contrôle des Affaires maritimes de Marseille, « qui se passe mal », sur un chalutier du Grau-du-Roi, qui a déclenché un vaste mouvement de protestation et le début d’une action.
« On n’est pas d’accord avec la réglementation européenne… Et ce n’est pas nouveau. Ce contrôle a eu lieu en zone autorisée, sur le Juliart, un chalut du Grau. Comme on est tous en contact par la VHF à la mer, on a décidé de faire route vers Marseille sur nos bateaux », explique Paul Gros, rejoint sur le Vieux-Port par Robert Crauste, vice-président du Cépralmar.
Ce dernier avait déjà soutenu les pêcheurs lors de leur refus de sortir en mer (Midi Libre du 30 janvier). Déjà mis en difficulté par les problèmes de prix du gazole, « les bateaux se sont enflammés » à la suite de cet incident. « C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On a déjà une réglementation méditerranéenne et on ne peut pas rentabiliser nos armements avec la réglementation européenne », insiste Paul Gros qui a, par solidarité, demandé que la vedette reste et que tous les bateaux soient contrôlés.
Suite à cet incident, une réunion s’est improvisée dans les locaux des Affaires maritimes en présence de l’adjoint de M. Andrieu, directeur régional. A l’issue de cette rencontre, la trentaine de bateaux présents a décidé de commencer une action. « Au moins jusqu’à vendredi, où doit se tenir à Paris une réunion sur le problème du gazole. »
Les pêcheurs entendent désormais faire pression pour qu’on s’occupe d’eux et de leurs problèmes. « On nous mène en bateau depuis trop longtemps… » Hier en fin d’après-midi, les bateaux ont gagné Port-de-Bouc, face au terminal pétrolier de Fos… Le mouvement pourrait bien s’étendre à toute la Méditerranée dès aujourd’hui.
Véronique BENNOUAR-BONACCHI
Publié le : Jeudi 10 mars 2011 à 08:36
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| Photo d'archives |
édition du mercredi 9 mars 2011
Un simple contrôle de la gendarmerie nationale sur un chalutier, au large du Grau-du-Roi... C'est la "goutte d'eau" qui a poussé des pêcheurs de la région à mettre le cap aujourd'hui sur Marseille avec pour objectif de bloquer le port, déjà occupé par la SNCM.
Une vedette de la gendarmerie nationale a abordé ce matin un chalutier en situation de pêche, pour un contrôle de routine. Résultat : un PV dressé pour une question de taille du maillage, trop fin par rapport aux normes en vigueur.
La nouvelle a visiblement exaspéré les pêcheurs qui se trouvaient aux alentours, dans un contexte de tensions avec les autorités sur fond de hausse du prix du gasoil. Les autres patrons de pêche du secteur se sont mis en route vers Marseille, avec pour objectif de bloquer le port aux côtés de la SNCM, qui a durci son mouvement dans la journée de mardi. Au dernier décompte, une vingtaine de navires ont pris cette direction.
Les rangs devraient rapidement grossir : les quartiers de pêche de Port-la-Nouvelle (Aude) et d'Agde se sont réunis à leur tour, et ont décidé d'aller rejoindre l'opération. Le port de Sète était lui aussi le théâtre d'une réunion, qui pourrait fournir de nouveaux participants au blocage annoncé du port phocéen.
Publié le : Mercredi 9 mars 2011 à 23:15
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édition du mardi 8 mars 2011
La Réserve naturelle nationale du Bagnas, deuxième zone humide en réserve en superficie de la côte méditerranéenne après la Camargue, site du Conservatoire du littoral, jouera sur la partition de la continuité après l'année internationale de la biodiversité décrétée par les Nations Unies qui s'est achevée fin 2010.
Le travail accompli par le gestionnaire en 2010, l'association Adena, a été salué par tous les membres du comité consultatif qui s'est tenu dernièrement, et notamment par son président, Philippe Chopin, sous-préfet de Béziers, et par le député maire d'Agde, Gilles d'Ettore.
Le bilan 2010 des actions menées est très satisfaisant tant en 'management' d'une équipe de quatre personnes à temps plein, que d'interventions sur la surveillance, la gestion des habitats et des espèces, notamment pour les espèces envahissantes et le contrôle hydraulique, ou les très nombreux suivis et études scientifiques, sans oublier la gestion dite quotidienne et multitâche.
De même, un gros effort technique (et financier) a été mené pour entreprendre des travaux visant à sécuriser les missions du gestionnaire : ainsi, avec des crédits conséquents du ministère de l'écologie et du Conservatoire du littoral (plus de 200 000 ), la maison de la Réserve a été restaurée, des bâtiments en ruines et des chemins d'accès ont été réhabilités.
Côté information du public et communication, l'Adena a aussi joué le jeu puisqu'elle considère que c'est là un moyen de faire connaître et mieux partager les actions entreprises sur la réserve.
Les points plus problématiques sont l'arrivée de la jussie (plante aquatique) vers le secteur intermédiaire de la réserve, une situation préoccupante qui mobilisera la gestionnaire et la Ville d'Agde en 2011. Autres points à régler : le manque d'animateurs nature pour répondre aux multiples demandes émanant des scolaires, mais aussi du grand public et certains calages administratifs avec les collectivités pour optimiser la gestion avec une convention adaptée.
Qualifié de « joyau de nature qui mérite toute notre attention », par le député maire d'Agde et le sous-préfet, les objectifs, actions et budgets 2011 pour le Bagnas ont tous été adoptés à l'unanimité des membres du comité.
Des objectifs ont notamment été affichés pour 2011 : renforcer l'équipe de gestion avec le recrutement d'une animatrice, notamment poursuivre les travaux nécessaires au fonctionnement de la réserve dans les normes compléter les études scientifiques poursuivre la gestion agropastorale réaliser le nouveau plan de gestion 2011-2015.
Autre gros dossier, le plan de gestion de la réserve pour les 5 ans à venir qui devrait être bouclé pour l'été 2011.
Les nombreuses actions envisagées nécessitent des financements estimés globalement à 400 000 en 2011, mobiliseront toutes les énergies de tous les partenaires locaux, départementaux, régionaux et nationaux
Publié le : Mardi 8 mars 2011 à 07:54
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édition du lundi 7 mars 2011
à Agde, l'association affiliée à la fédération EPMM sports Pour Tous qui valorise entre autre les activités de pleine nature a organisé dernièrement, une marche longe côte : les 55 adhérents de la marche nordique (nordic walking) quelques nageurs se sont lancés pour cette aventure, encouragés par leurs amis de l'association.
Dernier né des sports aquatiques, la marche dans l'eau, à hauteur de poitrine pour ne pas fatiguer les lombaires, nécessite peu de matériel. Une combinaison (les balades durent une heure).
C'est un exercice garanti sans courbatures, l'objectif étant de « mettre tout le monde à la mer ». Pour cette première sortie, matinale, une douzaine de marcheurs, de 25 à 68 ans, s'essayaient à cette randonnée pédestre aquatique. Ambiance café et gâteau chocolat avant le barbotage, et vin chaud après l'effort.
Doux, mais tonique, le longe côte permet de « travailler la respiration, l'endurance et tous les muscles du corps », explique Marie jo, animatrice de l'association, venue accompagner le groupe. Depuis septembre, la météo n'a fait peur à personne, aucune séance annulée, à raison de 2 séances de 1 h 30 par semaine la marche nordique fait partie des sports d'endurance et donc engendre une forte consommation de calories tout en ne diminuant que modérément la pression sanguine.
Association Santé et sports pour tous (06 80 84 58 11 ou 04 67 37 77 26)
Publié le : Lundi 7 mars 2011 à 08:34
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édition du lundi 7 mars 2011
Le scientifique pense qu’il est possible de sauver l’huître gigas. Via le respect des périodes d’ensemencement, des quantités prônées...
Un virus tel l’Ostreid herpès, auquel sont dues les fortes mortalités d’huîtres sur l’étang, ça débarque comment ?
Il faut demander à Dieu, s’il existe. Ce que l’on sait, c’est que l’herpès est un virus opportuniste, il se manifeste chez les vertébrés comme les invertébrés, profite d’une situation de fatigue, de stress, comme l’herpès que vous pouvez voir apparaître sur votre lèvre. Ça peut être un stress d’ordre psychologique, thermique...
Quand s’est-on aperçu de sa présence ?
Sur l’étang, on en parle vraiment depuis 2007-2008, avec la quasi généralisation
des mortalités. Mais dès les années 1990 avaient été constatées des mortalités anormales, par taches. Et l’herpès virus fut décrit en 1992. Nous l’avions identifié au laboratoire de La Tremblade.
Quand on cherche à expliquer les ravages de ce virus, on désigne l’huître triploïde (*), les écloseries. Qu’en est-il réellement ?
Ce sont des contre vérités. L’herpès virus existait avant l’huître triploïde. Et une guerre contre les écloseries est inutile, même si on ne peut nier que des lots contaminés ont été commercialisés.
Quelle analyse faire, alors ?
Ce que l’on sait, c’est qu’entre 2000 et le gros clash de 2007, dans tous les bassins, quatre facteurs ont changé qui, à mon avis, jouent un rôle. D’abord, une multiplication des tranferts inter bassins. Ils ont été nombreux et surtout en toutes saisons. Ensuite une forte augmentation des biomasses avec, aussi, la dynamique de la triploïde. Le marché des consommateurs estivals était là, il fallait y répondre. Par ailleurs, on a noté une augmentation de la production des écloseries, fournissant 25 % des naissains mis en production contre 15 % par le passé. Enfin, la demande ayant été très forte et les écloseurs ne parvenant plus à fournir sur une période déterminée, on s’est mis à ensemencer toute l’année.
Parce que ce n’était pas la règle ?
Non. Il faut se souvenir que, lorsque l’on a commencé à travailler avec les “gigas” (la japonaise), on ensemençait uniquement de fin janvier à fin avril. Et encore, les huîtres que l’on immergeait faisaient déjà 1 cm, pas quelques millimètres comme on le voit parfois aujourd’hui.
Recueilli par PATRICE CASTAN
* Issue des recherches d’Ifremer, l’huître triploïde, stérile, pousse plus rapidement. Elle est en outre dépourvue de laitance, le tout lui donnant un profil idéal pour séduire le consommateur estival.
Publié le : Lundi 7 mars 2011 à 08:30
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édition du samedi 5 mars 2011
« Il y a des péniches de 100 m qui sont tellement silencieuses qu'on ne les entend même pas passer ». Nul besoin de convaincre François-Xavier Fabre des bienfaits du transport fluvial. Il n'est pas pour rien le chef de la subdivision de Frontignan de VNF (Voies navigables de France). Elle est basée sur la pointe Caramus, à un endroit où le canal de Rhône à Sète fait office de poste d'attente pour les bateaux. Car c'est chacun son tour sur le canal : la circulation est toujours à sens unique sur les 65 km séparant le port de Sète de l'écluse de Saint-Gilles (Gard) via les portes du Vidourle (limite de la compétence de la subdivision). Caramus est aussi un poste d'observation privilégié des enjeux, et non des moindres, que la Région, l'Etat et VNF doivent relever.
4 000 t = 220 semi-remorques
A l'heure du développement durable, le transport par voie d'eau offre de nombreux atouts : il est plus économe, plus respectueux de l'environnement, plus fiable et plus compétitif à grande échelle. Le transport fluvial de 4 000 tonnes équivaut à celui de 220 semi-remorques.
La Région ayant décidé d'injecter 200 M dans le port de Sète, le canal du Rhône revêt donc une importance stratégique pour son développement. « Chaque année, environ 400 000 tonnes de marchandises sont transportées sur le canal, expose François-Xavier Fabre. 80 % sont destinées au port ou en proviennent, 20 % concernent les Eaux blanches, Palavas, les Salins du Midi... ».Toutes ces marchandises (céréales, charbon, sel, sables, graviers...) sont du vrac. Et c'est justement pour que le canal puisse accueillir des porte-conteneurs de 2 500 tonnes (maximum 120 m de long et 11,40 m de large) qu'un programme de travaux a été lancé jusqu'en 2013. Il consiste à élargir le canal sur la ligne droite de Carnon (le point noir), à verticaliser les berges, à créer de nouvelles zones de croisement dont l'une aux Aresquiers où la courbe sera également rescindée... A moyen terme, le doublement du trafic représenterait le passage, par jour, d'une dizaine de bateaux. Pas plus. Soit des centaines de poids-lourds en moins sur l'A 9...
Publié le : Samedi 5 mars 2011 à 20:58
édition du jeudi 3 mars 2011
La vidéo exclusive Midi Libre qui accuse. La méthode que l'on appellera "bain coréen", révélée par un grossiste, est utilisée pour transformer le thon commun en thon rouge. Une variété prisée par les amateurs.
Pour le représentant des pêcheurs, les grandes surfaces ne pouvaient pas ne pas connaître la pratique. Il ne s’interdit pas d’aller en justice. « Tout le monde savait. » Le trafic de thon frelaté met Raphaël Scannapieco « très en colère ». Le prud’homme major, qui représente le monde de la pêche et des thoniers, précise : « Des thons venant de Corée, du sultanat d’Oman, d’Indonésie, du Yémen, etc., étaient maquillés en Espagne et dans d’autres pays et vendus par des Français jusqu’à Marseille et Rungis. » Pour garnir les étals de grandes surfaces.
Un trafic que le représentant des pêcheurs estime à 40 tonnes par mois, et qui remonterait à 2007. En pleine tourmente des quotas de pêche imposés aux thoniers. Et alors qu’une usine à sushis avait failli voir le jour à Sète. « Au départ, un mareyeur s’est enrichi avec cette combine. Puis d’autres s’y sont mis... » Il précise : « Même si elles se retranchent derrière les factures de leurs fournisseurs, les grandes surfaces ne pouvaient pas ne pas être au courant vu les prix imbattables pratiqués. On est tellement réglementés que notre profession est ruinée - sans parler de 80 petits métiers - et une autre s’est engraissée. Ce sont les mêmes grandes surfaces qui s’étaient acheté une virginité en déclarant à l’époque qu’elles ne vendraient plus de thon rouge pour protéger l’espèce. » Ce trafic fait du tort aux consommateurs qui auraient bien du mal à s’y retrouver.
« Il faut être spécialiste pour débusquer le vrai du faux thon. C’est impossible pour la ménagère. » Mais une fois dans l’assiette, « ce thon-là, il a le goût de rien, un goût de paille ! » La fraude fait aussi du tort à toute la filière, dont certains acteurs tentent une reconversion. Raphaël Scannapieco évoque la situation d’un « Espagnol qui, lui, s’est convenablement équipé d’un gros bateau pouvant congeler les thons à moins 60 ° et qui ne trouve pas preneur pour ses 300 tonnes de thon de qualité ». Trop cher.
« Ce thon-là, il a le goût de rien, un goût de paille » Raphaël Scannapieco, prud’homme major
S’inquiétant des risques sanitaires pour le consommateur, Raphaël Scannapieco demande « aux pouvoirs publics d’intervenir. S’il le faut, la profession saisira la justice », affirme-t-il. La carambouille consiste à gonfler de chimie un poisson bas de gamme pour le faire passer pour un poisson de catégorie supérieure. Sa chair marron vire alors illico à un rouge vif appétissant. Avec de confortables bénéfices à la clef tout en restant en deçà du prix du marché du vrai thon rouge. Le marché du thon a évolué à partir de 2003-2004. « à l’époque, pendant qu’on était en campagne aux Baléares, se vendait déjà sur le marché des soi-disant thons rouges frais tunisiens qui étaient en fait nos propres poissons décongelés qu’on nous avait achetés en début de saison à 2 € et revendus 8 € ! »
OLIVIER SCHLAMA
Publié le : Vendredi 4 mars 2011 à 08:10
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édition du mercredi 2 mars 2011
Une quadragénaire retrouvée à distance de son bateau.
La dame vivait de temps en temps sur son voilier, amarré au quai de Port-Gruissan, dans ce bassin qui s’étire devant la gendarmerie maritime. Son corps a été retrouvé hier, à 14 h, coincé entre deux autres bateaux, le long du quai opposé, par un militaire de passage.
Le vent glacial ne prêtant guère à la promenade en ce lieu, on ignore depuis quand il flottait là, entre deux eaux, sur le ventre. Les gendarmes ont pourtant d’emblée été orientés sur la piste de cette quadragénaire (née en 1964) du fait d’une alerte lancée le matin même par des personnes qui s’inquiétaient du manège de chiens qui avaient l’habitude de monter sur son bateau.
Les gendarmes de Narbonne, Coursan et Gruissan ont été secondés par des plongeurs de Leucate et Agde, et notamment un technicien en investigation subaquatique, chargé de vérifier la présence d’éventuels indices autour du cadavre. Pour l’heure, rien n’indique que le décès soit imputable à une cause criminelle davantage qu’accidentelle. On en saura davantage après l’autopsie prévue à la fin de la semaine.
Publié le : Jeudi 3 mars 2011 à 08:55
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édition du mercredi 2 mars 2011
Le prud’homme major, Raphaël Scannapiéco confirme le trafic.
Au lendemain de notre enquête sur le thon commun transformé artificiellement en thon rouge (notre édition d’hier), les réactions sont nombreuses. Des restaurateurs sétois se disent « écœurés » par cette pratique qui utiliserait un cocktail chimique à base de nitrates, nitrites et de Bétadine pour “rougir” un poisson bas de gamme, le faire passer pour un poisson de catégorie supérieure et le vendre plus cher. Mais en deçà du prix du marché.
Des mareyeurs s’élèvent contre ces pratiques « C’est peut-être un mal pour un bien », se demande le patron d’un restaurant. « On peut espérer que les amateurs mangeront de la qualité, une fois le ménage fait. Les professionnels en pêcheront moins mais le vendront plus cher. Tout le monde y trouvera son compte. »
« Le trafic se porte plutôt sur des longes de thon albacore transformé en faux thon rouge », confirme le prud’homme Raphaël Scannapiéco. Il ajoute : « Un thon rouge, il n’y en a qu’une espèce, un thon albacore et yellow-fin (jaune) aussi. » Précisant qu’il ne faut pas s’arrêter à l’origine géographique des prises, mise en avant par certains revendeurs.
Plusieurs mareyeurs s’étaient élevés contre ces pratiques « frauduleuses sur le marché européen et français ». à l’image d’Henri Barba, mareyeur à Frontignan (Hérault), qui a écrit à ses clients : « Ces produits chimiques dangereux sont importés en France à des prix incohérents avec la vérité du marché et peuvent entraîner des risques sanitaires. »
Chargée de l’enquête, la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à Paris n’a pas répondu à nos sollicitations.
OLIVIER SCHLAMA
Publié le : Jeudi 3 mars 2011 à 08:52
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| Photo C. FORTIN |
édition du mercredi 2 mars 2011
Le commandant hollandais et l'équipage anglais du Devil's Advocate n'en finissaient plus de remercier leur sauveteurs. Ce qui est assez rare pour être remarqué, confiait un des bénévoles du canot sétois de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer).
Il faut dire que c'est en pleine nuit (hier vers 3 h du matin) que les 'bip' ont retenti. Un quart d'heure après, les hommes du Patron Marius-Oliveri mettaient le cap sur le large et atteignaient rapidement, à 5 milles des côtes, le navire en détresse. Un yacht de 23 m victime d'une avarie moteur, ou plus précisément d'une panne du système de refroississement de l'échappement ayant généré un important dégagement de fumée.
Pris immédiatement en charge par l'équipe de la SNSM, le navire a été remorqué jusqu'au port de Sète (où son équipage a pu, au passage, assister au départ des chalutiers) avant d'être 'plaqué' contre le quai d'Alger. Une opération facturée par la SNSM, à la différence des sauvetages dans lesquels des vies humaines sont en jeu. Avant que ne survienne la panne, le Devil's Advocate , en provenance de Canet-en-Roussillon, faisait route vers Toulon pour y être caréné.
Publié le : Mercredi 2 mars 2011 à 20:37
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édition du mardi 1 mars 2011
Des sociétés espagnoles transforment artificiellement du thon commun en thon rouge. Une enquête est ouverte.
Même un thon peut être maquillé. Plusieurs mareyeurs s’alarment de « pratiques frauduleuses sur le marché européen et français dans les longes de thon de mauvaise qualité ». Des transformateurs peu scrupuleux, notamment espagnols, fixent artificiellement la couleur du poisson avec des produits chimiques interdits.
Un rouge puissant, appétent, attirant le chaland. Forcément. Le poisson subit des injections de nitrates, des nitrites et de la bétadine. « Le procédé est très difficile à détecter. C’est un peu comme si on vendait un vin de table en AOC, ose un fin connaisseur du dossier. Le thon ainsi traité garde sa couleur vive intacte plus d’un mois ! De la magie. »
Un mareyeur produit des attestations « 100 % naturel »
Le but ? Vendre du thon bas de gamme, de conserve, en le faisant passer pour une espèce de qualité. Ce thon-là est revendu depuis au moins dix-huit mois en steak sur certains étals à un prix défiant toute concurrence (moins 30 %). L’astucieuse fraude permet ainsi de rafler des marchés tout en se faisant de confortables bénéfices.
La répression des fraudes s’est saisie du dossier. Son homologue espagnole aussi : deux entreprises de Catalogne sont suspectées. Un échantillon de thons suspects serait en cours d’analyses à Marseille. « Ces produits chimiques dangereux sont importés et commercialisés en France à des prix incohérents avec la vérité du marché et peuvent entraîner des risques sanitaires pour la population », témoigne Henri Barba, mareyeur à Frontignan (Hérault).
Sans parler d’une « concurrence déloyale », comme le précise le chef d’entreprise qui ne veut pas être éclaboussé par cette affaire. Dans un échange avec ses clients, notamment des acheteurs de grandes surfaces, Henri Barba contre-attaque en mettant la dernière main à des cahiers des charges garantissant des « bonnes pratiques commerciales ». Inquiet que le consommateur se détourne du produit, il brandit même des attestations affirmant que ses « thonidés sont 100 % naturels, sans additifs ni OGM ».
Ce n’est pas tout. Les longes de thon sont le plus souvent congelées. Plus la température est basse (l’hypercongélation à -60° C est conseillée), plus le thon est cher car il garde sa couleur en décongelant. Or, ce fameux thon gonflé de chimie est aussi souvent congelé à des températures insuffisamment basses. Sa couleur est alors maussade et le recours à une teinture est indispensable pour la masquer. Ces manipulations peuvent avoir un effet sur la production d’histamine par le thon, stressé, faisant craindre des chocs allergiques sévères chez l’homme. La mode des sushis n’arrange rien.
OLIVIER SCHLAMA
Publié le : Mercredi 2 mars 2011 à 20:32