Rafales : 12 nds
Température mer :
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Ca y est, plus que 500 petits milles d'ici à la Tête à L'Anglais qui amorce le tour de la Guadeloupe avant l'arrivée du Rhum! Tiens, ca fait à peu près un aller-retour entre chez nous et Ajaccio. Rigolo, c'est un parcours que j'ai déjà dû faire une bonne dizaine de fois... On a chacun des repères bien à soi. Moi, c'est la Corse. Et dire que pour y être allé tant de fois, je n'en connais pas une crique! Toujours en course, sans prendre 5 minutes seulement pour se baigner au large dans une bonne pétole ou aller jeter la pioche au pied de tel ou tel autre village!
Ca changerait finalement d'en profiter un peu, de faire comme la plupart d'entre vous et de penser à remplir le bar du bord avant de refaire mes épissures ou de changer le solent pour la dernière fibre hi-tech. Bon, je dis pas, une ou deux belles courses dans l'année, à ce propos, pour ceux qui en rêvent et qui n'ont jamais fait la Giraglia, lancez-vous, c'est top, c'est même top gun comme dirait un certain voilier de mes connaissances. Oui, ok pour continuer à courir, mais on va prendre le temps de lambiner un peu aussi hein?
Alors, tiens, je vais commencer des que possible. J'en ai encore pour quelques jours à mettre du charbon dans la machine, et je le fais avec bonheur sur ce bateau qui est fait pour ça (même si pour cause de rupture d'étai principal, je le fais avec retenue depuis 3 jours). Après, je me prends 2-3 semaines de repos, farniente et tout le reste entre Guadeloupe, Dominique et on verra pour la suite. Pour une fois, je prendrai le temps de lambiner et d'aller voir sous la coque ce qu'il y a, ou dans les rhumeries ce qu'on y trouve... Je ferai comme beaucoup d'entre vous, vous avez bien raison.
Un grand salut à tous ceux qui font le nautisme dans notre Commune, aux clubs que je connais (ENAC, SORAC) et les autres, à leurs adhérents, bouffez de l'écoute, bouffez de l'écoute et vous y serez peut être aussi un jour sur le Rhum, aux grutiers à qui je cause tant de soucis chaque fois que je demande une manutention (pas idée aussi d'avoir 3 mètres de tirant d'eau, de caler ce bazar sur des conformateurs parce que la coque ne supporte pas les patins classiques, d'avoir une telle perche en carbone qui ne supporte pas les chocs... etc!), aux professionnels qui m'ont accompagné et aidé depuis mes débuts en Mini, oui, il a fallu en réparer des fissures et refaire des profils de quille ou de safrans, aux amis ou aux connaissances qui tentent, comme moi l'aventure de la course au large... et à tous les mordus de la mer qui reste un des rares derniers espaces de liberté, de responsabilité et d'aventure.
Et bientôt, je trinquerai à votre santé avec autre chose que de l'eau ou du jus d'orange!
David Augeix
Il est peut-être temps que la course se termine, les marins sont fatigués et les bateaux aussi. Les nouvelles de David ce matin :
"Après un début de nuit agitée, ici les milles tombent les uns après les autres. Le vent a tourné progressivement en fin de journée dernière tout en diminuant. La question se posait donc de savoir si je ne passais pas sous grand spi. Au moment de prendre mon repas, l’emmagasineur du geenaker a décide pour moi : bang ! il a cassé ! Le geenak s’est retrouvé comme un vulgaire pavillon (grand ! le pavillon) et il a fallu à nouveau batailler pour le ramener lui aussi dans le bateau. Suite à ça et au rangement du geenak, j’ai alors établi le grand spi après avoir hésité pour le petit, compte tenu de la fragilité de mon gréement. Mais bon, le vent n’étant pas fort (12-13 noeuds) et devant adonner dans la nuit, j’ai opté pour le grand en abattant franchement ma route.
Voilà le grand spi en l’air, bien gonflé, avec ses 207m2 de toile et la GV haute... et voilà le vent qui monte, qui monte, qui monte... Bref, tout dessus, une vitesse régulièrement au dessus de 15 noeuds, un cap franchement abattu, vers la Guadeloupe, le bonheur quoi... Sauf que ce bonheur, je l’avais avec en même temps la peur au ventre pour le mât. 1 a 2 heures après, le vent est retombé, il a continué d’adonner, ma route et ma vitesse sont très correctes... et le mât reste debout !
Ceci dit j’avais été prévoyant, j’ai gardé le viel emmagasineur en rechange à bord du bateau, et une fois de plus, la voile est sauvée et indemne. Là encore, la rupture d’une pièce pareille est imprévisible. D’autant qu’elle n’est pas vieille, qu’elle n’a pas été martirisée et qu’elle a laché dans du vent tout ce qu’il a de plus praticable. Mais le plus remarquable dans l’histoire c’est que pas un moment je n’ai eu de colère ni de stress trop important. Je pense que j’encaisse plus "facilement" les coups. Disons que celui-ci, avec l’établissement rapide du grand spi, j’ai pu le rendre rapidement."
Et de 3 pour les avaries depuis le départ ! Il y a un proverbe qui dit "jamais 2 sans 3", il faut espérer que notre skipper soit désormais à l’abri jusqu’à l’arrivée.
Et un dernier petit mot qui montre que la détermination de notre marin est toujours intacte :"Depuis, tout semble aller assez bien. Le sort s’est acharné mais je tiens bon, il lâchera prise avant moi. Il m’a foutu un troisième coup, je le lui ai rendu, il n’a qu’à bien se tenir et aller voir ailleurs si j’y suis..."
On croise les doigts, on touche du bois, plus que 420 milles pour arriver à la tête à l’Anglais.
Nany
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| Photo prise ce matin au lever du soleil |
Enfin, une météo que notre skipper attendait avec impatience. Aujourd’hui, c’est dans de meilleures conditions que David s’approche de la Guadeloupe :
Ce matin : "Ici, la mer est assagie, le bateau glisse bien sous geenaker. J’ai essayé toute la nuit de naviguer en compromis sans le solent, avec le geenaker. Résultat, j’ai glissé un peu vers le sud car je ne tiens pas cette voile aussi près du vent que le solent. Les concurrents qui sont restés plus au nord ont eu plus de vent mais, pour moi, rester sous trinquette aurait été catastrophique. Mais je ne désespère pas, ça glisse, ça avance, je suis actuellement à 623 milles nautiques de l’îlot de la Tête a l’Anglais."
Les premiers des Class 40 sont attendus à partir de demain jeudi 18 novembre. L’arrivée du voilier EDF Energies Nouvelles/VESTAS ne devrait pas se faire avant dimanche ou lundi...
Nany
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Conversation avec moi-même dans les demi-sommeils. Depuis que j'ai perdu mon étais principal et que je prie pour que mon mât reste debout, je me suis surpris très attentif au bateau:
-C'est quoi ca ? De l'eau ? De l'eau dans le bateau ? Dans la cale moteur non ?
-Non, attends, c'est une lame qui passe sur le pont, tu l'avais oublié mais on est au près... et au près ça mouille !
-Et ça, et ça, ces craquements ? C'est du carbone ? C'est le mât?
-Rendors-toi, c'est ton panneau solaire volant qui flotte un peu au vent, il te charge les batteries.
-Bon mais ces couinements là, c'est bien les ridoirs sous le vent qui se dévissent non?-Non, là c'est simplement dans tes rêves !
Et oui, c'est qu'on l'écoute son bateau depuis que l'on navigue prudemment! Pourtant, tous ces bruits étaient déjà là avant, mais avant, je naviguais sans arrière pensée. Le pire c'est quand le bateau retombe après une vague abrupte dans le creux. C'est souvent violent, il parait que c'est fait pour... mais avec l'étai en moins ?
Astérix n'avait peur que d'une chose, c'est que le ciel ne lui tombe sur la tête.On doit être cousins parce que moi, je n'ai peur que d'une chose, c'est que le mât ne me tombe sur la tête. Ceci dit, cela ne l'a pas empêché de donner des baffes aux romains, alors ça ne devrait pas m'empêcher d'arriver à Pointe-à-Pitre.Donc de la psychose pas encore, mais de l'attention, certainement.Vivement de pouvoir ouvrir un peu les voiles et avancer un peu moins face à la mer!
En attendant, il faut que ça tienne... Aussi, inspection tous les soirs et tous les matins : tension des haubans, position du pied de mât, tension du bas-étai et de la drisse de spi en guise d'étai...Ca tiendra, ça tiendra, je croise les doigts, je touche du bois...
Dans 900 milles je suis à la Tête à l'Anglais. Je tiens le bon bout.
David AUGEIX (EDF Energies Nouvelles - VESTAS)
David s'accroche à la 18ème place malgré son bateau blessé, tiens bon la barre marin...
On entame la troisième semaine de la route du Rhum mais on attend toujours les alizés qui permettraient de meilleures conditions pour nos marins qui commencent sérieusement à être fatigués d’être "secoués"...et les bateaux aussi !
Des conditions qui n’améliorent pas les difficultés de David : "Il fait gris, on est au près, ça tape, ça cogne, ça secoue, il y a eu deux ou trois jolis grains à négocier avec de la pluie et des éclairs...Dans ce temps-là, on dirait que même les poissons volants font le gros dos, on ne les voit plus. Bref, du boulot, et avec tout cela le mât qui partait dangereusement vers l’arrière. Mais j’ai compris, les étais (le bas étai et la drisse de spi qui me sert d’étai principal) avaient rendu du mou... J’ai repris tout cela en choquant en grand la Grand Voile et c’est rentré dans l’ordre. Pour l’instant, je dis bien pour l’instant, il est 17h en France, le vent semble vouloir prendre une direction sympa... plutôt inattendu. J’en profite un peu pour faire une route plus directe que prévue, je ne sais pas si cela va durer...Repos de courte durée : tout juste 1/2 heure. Le vent reste très instable par rapport aux prévisions. C’est un temps à grains. Ca continue, du vent, pas de vent, de la pluie, des éclaircies, le vent tourne, retourne... et te fait tourner en bourrique. En effet, sans l’étai principal, je ne peux envoyer toute ma GV, je la garde à un ris. Tout à l’heure, dans du vent plus calme, j’ai essayé de la renvoyer toute : impossible ! J’ai vite compris que le mât n’aimait pas ça ! Aussi, tant pis, je reste prudent et j’ai repris mon ris..."
Notre skipper continue à avancer vers la Guadeloupe, son espoir est que le mât tienne la route jusqu’au bout (et le nôtre aussi), mais l’arrivée sera très certainement moins rapide que prévue...
Nany
David est actuellement 17 ème...
Après la surprise, l’abattement, la colère... la DETERMINATION ! voilà les mots de David plusieurs heures après l’accident survenu hier en début d’après midi.
Explications de notre skipper : "Si la perte de l’étai principal aurait pû faire tomber le mât, cela n’a pas eu lieu car je prends toujours la précaution, sur de longs bords comme celui-là, d’établir le bas étai. Dans l’immédiat, le plus handicapant est l’impossibilité d’établir le solent (on l’appelle aussi le génois). Pour l’instant, je ne m’en tire pas trop mal. Ce qu’il va falloir gérer aussi c’est la fragilité plus importante du mât. En effet, sans son étai principal, il est moins bien tenu. J’ai mis la drisse de spi en guise d’étai pour l’instant. Après, on verra. Il reste beaucoup de milles à parcourir, c’est dommage que cela arrive si tôt ! 1300 milles avant la pointe nord de la Guadeloupe... Il faudra que je sois prudent et que je veille à arriver avec le mât debout avant toute chose. Le classement va en pâtir mais l’essentiel est maintenant ailleurs : il faut que j’arrive en Guadeloupe, ce sera ma plus belle victoire."
Les conditions de mer de cette nuit ont été assez difficiles mais le bateau et la mât ont tenu le coup. Dans la journée, David a navigué sous le soleil et du vent modéré au près. Avec uniquement la trinquette, ce n’est pas le top au niveau vitesse.
Les nouvelles de cet après-midi : "En plus, le mât n’etant tenu que moyennement tout là haut, je redoute de renvoyer le premier ris dans la GV, de peur d’y tirer trop en arrière. Bref, j’ai une vitesse environ 10% inférieure à ce qu’elle devrait être. Mais j’avance et j’essaie de tirer les bons bords dans ce vent ahurissant. On ne le dira jamais assez : ici c’est du jamais vu en cette saison."
Malgré un moral qui passe par des hauts et des bas, il continue a progresser vers la Guadeloupe mais il avoue :"le challenge s’est transformé, il ne s’agit plus de courir pour le classement, mais de relever un nouveau défi : amener un bateau blessé au port."
Souhaitons que la situation météo s’améliore et que son voeu se réalise.
Nany
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L’annonce de David faite à 16h24 :
Bonjour, j’annonce une avarie qui aurait pu être lourde de conséquence : rupture de l’étai principal.
C’était il y a environ 2 heures, je prenais un peu de repos après avoir pris un ris dans la GV. GV 1 ris, solent à l’avant, j’avais la bonne combinaison pour attaquer et passer la vague au bon plein. Oui mais voilà, dans une vague un peu plus grosse que les autres, l’étai s’est rompu en tête de mât : sectionné net ! Quel bruit, comme une détonation ! Tout est parti à l’eau... heureusement que mon bas étai est toujours en position sur des longs bords comme ceux-là ! Bref, lève-toi, habille-toi, n’oublie pas ton harnais ni ta longe (tu as fais une promesse avant de partir) et va mettre de l’ordre là dedans... Remets le solent sur le pont, avec un bon petit 18 noeuds de vent et la mer qui va avec, sors les lattes du solent, déralingue-le de son étai sans le remettre à l’eau, bourre tout ça dans le cockpit, range provisoirement l’étai sur le pont, range le solent dans le bateau (je crois qu’il est indemne)... Entre temps et dès que possible, établi la trinquette dès que le pont est clair et reprends une route et une vitesse au moins correctes, on n’est pas là pour lambiner ! Bref, tout est à peu près en ordre maintenant. Le plus ralant est que cette avarie était imprévisible, invérifiable. A mieux y regarder, la section en acier qui a rompu présentait une petite concentration de contrainte... mais invisible dans le cadre d’un entretien courant... tant que ça n’a pas bassement et traitreusement lâché ! Satanée casse matérielle que tout le monde redoute...
Mais je m’en sors bien, le mât est debout, il me reste la trinquette et le geenaker, mes deux spis...
Je vous fais grâce de ma déception car même si le handicap va être lourd, ce n’est pas fini.
David AUGEIX - EDF Energies Nouvelles - VESTAS
Petite acalmie après les grains d’hier et une des premières nuits plus stable pour David qui, pour l’instant, fait route directe vers Pointe-à-Pître.
Ca avance, ca avance, mais notre skipper (comme beaucoup) se creuse la tête côté statégie car la météo reste complexe et difficile pour les prochains jours.
Son sentiment : "On se demande tous à quelle sauce on va être mangé dans les prochaines heures, les prochains jours...Pétole ? longtemps ? baston ? orages ? Il faudra être prudent et opportuniste pour prendre le meilleur chemin. Dans ma position, si tu es très prudent, tu files vers le sud et tu prends un gros risque de perdre quelques places. Si tu joues la gagne, tu laisses porter à bloc dans l’ouest pour attrapper le front rapidement... Mais risque de forte mer croisée derrière et donc de casse. Comme toujours, le meilleur compromis sera difficle à trouver : suffisamment vite mais sans casse ! La hantise de tout coureur. Et personne n’est à l’abri. Pour l’instant, j’ai réussi à préserver l’intégrité du bateau, du bonhomme et la totalité de mes moyens de navigation. Je compte bien poursuivre dans cette voie. Autrement dit, pour moi ce sera prudence avec ce qu’il faut d’opportunisme... et je pense que nous serons beaucoup comme cela.
Des conditions très fortes sont annoncées pour ceux qui se trouvent les plus à l’ouest avec mer fomée pour samedi et dimanche, une météo qui pourrait réserver encore bien des surprises...
Nany
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édition du vendredi 12 novembre 2010
Que ceux qui, ce matin, surprendront au bout du Môle une grue en train de rendre à son élément -la mer-, le chalutier de Pierre d'Acunto, ne s'y trompent pas. Car si l'armateur malheureux et ses matelots aimeraient assurément repartir en pêche, ce retour à flot du bateau qui avait été percuté le 14 septembre par une bétaillère, au large de Sète, n'a qu'un objectif: celui de pouvoir procéder à des essais moteur. Très largement endommagé, côté proue, le chalutier de bois qui sera plus tard livré aux soins de charpentiers de marine, pourrait aussi avoir souffert côté propulsion. Et quand on sait ce que coûte un moteur de chalutier (plusieurs dizaines de milliers d'euros), on comprend qu'une vérification est de mise afin d'établir quel sera l'investissement à réaliser sur le vénérable navire pour le rendre opérationnel.
Une remise à l'eau provisoire.
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| Contre jour dans le geenaker |
Hier a été la "journée des grains" pour notre marin avec des conditions de navigation fatigantes car sans arrêt sur le qui vive :
"Un coup sous le soleil, un coup dans un grain, de gros nuages gris pein de pluie, plein de vent, parfois sans vent du tout, seulement la direction qui change de 90 a 130 deg ! Un, deux et un troisième qui va me passer dessus. Impossible à éviter, ils sont trop nombreux et surtout de taille trop importante, je ne vais pas assez vite pour les contourner. Aussi, à l’occasion de mon premier grain je l’ai "salué" (c’est comme cela que l’on dit) en affalant le spi, j’ai progressé dedans sous génois dans un air faible et cahotique, sous la pluie, qui, finalement a bien rincé le bateau. Après quelques hésitations, j’ai affalé le spi et grand bien m’en a pris car je me suis rendu compte que la drisse de rechange que j’ai passée le deuxième jour de course était "mangée". Donc, comme un garcon "raisonnable et posé" que je suis, j’ai préféré le geenak. Et grand bien m’en a pris, 1/2h ou 1h après : regrain, il a fallu rouler le geenak et redérouler le génois... Et voilà, je jongle donc entre geenak et génois au gre des passages des grains... Le troisième que je vois et que j’attends (je ne veux surtout pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué) mais je caresse l’espoir de le prendre du bon côté et donc qu’il accélère ma route plutôt qu’il ne la ralentisse... on verra bien."
Dans la nuit, David naviguait de nouveau sous génois en attendant le près qui n’a pas tardé à arriver. Et depuis ce matin, c’est reparti !
Son message de 11H :"Je me compare parfois à un alpiniste en escalade ! Avec le près, je marche sur un plancher à 30° d’inclinaison, je m’agrippe partout, pour pouvoir sortir, pour manger, pour régler les voiles, pour examiner la météo... Bref, je m’agrippe ! assez bonne allure pour l’instant. Dans 3 jours, il devrait y avoir une bascule de vent à négocier. Dans 3 jours ? dans 2 jours ? Je ne sais pas encore exactement."
En attendant, cela va être du près, du près, du près... mais on sait que le voilier de David se comporte très bien dans ces conditions, et notre skipper va continuer à se "creuser" les méninges pour régler et être au taquet le mieux possible, on peut lui faire confiance !
Nany
David pointe actuellement à la 16 ème place de sa catégorie.
"Ca y est, malgré le ciel gris et les températures encore un peu justes, j’ai pris enfin ma première douche ! Un seau d’eau de mer, le savon-shampoing qui mousse dans l’eau salée et allez ! Rinçage encore à l’eau de mer et dernier rinçage a l’eau douce et voilà... je suis comme un sou neuf. Ca fait un bien fou !
Cette nuit, j’ai encore eu un vent instable en force comme en direction. J’ai tenu le grand spi tout le temps mais je n’ai cessé de régler et rerégler. Bref, pas de tout repos mais au moins j’ai avancé vers le but... et ca continue.
Cote Météo, il semblerait qu’une perturbation arrive par l’Ouest. Par contre, si, à court terme les sudistes vont en profiter, à long terme c’est peut-être moins évident. Il va falloir traverser la zone sans vent qui est en dessous.
L’analyse de David : Pour ceux qui seront entre moi et les plus au sud, ils prendront, à mon avis, la dépression comme moi. Ceci dit, la météo est complexe, J’essaie de faire le meilleur compromis qui soit selon moi, le plus vite possible, le plus au sud possible. C’est moins sud que les autres mais nous allons être nombreux à passer par cette dépression. Mais c’est vrai que j’avoue être attentif à ce qui va se passer dans les prochaines heures... En tout cas, ça cavale rapidement vers le but...
Les températures remontent, notre marin a même eu droit ce matin à 2H de soleil. C’est la première nuit où il a pû sommeiller dans le cockpit, à l’extérieur, ça remonte le moral et on commence à sentir les tropiques...
Nany
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| Et voilà le spi de nouveau en l’air : que du bonheur ! |
Ca glissait, ca glissait sous grand spi et David avait enfin renoué avec des vitesses dignes de ce nom. Tout allait bien hier en début d’après-midi.
Dans la fin de soirée (20H), des nouvelles de David : "Ici, je règle, j’essaie de dormir (d’un oeil)... pour, au moindre changement du bruit le long de la coque, sortir et re-régler. Le vent tient bon même s’il est très irrégulier en force comme en direction. A chaque évolution dans un sens ou l’autre tu te demandes si cela annonce un changement sur le long terme ou si c’est juste passager. Tu imagines que dans un cas tu traites l’évolution pour investir sur les heures ou jours suivants, dans l’autre tu profites juste du petit avantage que cela te procure ou tu limites le déficit mais sans remettre en cause ta stratégie moyen terme. On est donc en permanence à se poser des questions sur les caprices d’Eole...Le vent joue les filles de l’air... Sans rire, le vent est ultra capricieux ! Rien, ni personne ne peut rien y comprendre : ça tourne de tous les côtés, ça monte ça descend, tu empannes, il fallait pas, tu empannes pas pendant 1h... il aurait fallu... et m.... !"
Et à nouveau ce matin :"Pour l’instant (je dis bien pour l’instant car il ne faut jurer de rien), le vent est revenu. Et sutout, ça, c’est un acquis, je suis passé cette nuit malgré tout sous la barre de 2000 milles nautiques pour la bouée de Basse Terre en Guadeloupe. Ensuite, pour ce qui concerne la stabilité du vent, c’est un peu mieux qu’au milieu de la nuit. J’ai quand meme réussi à trouver des plages de repos et je ne me sens pas trop fatigué. Ici, je viens d’enchaîner peut-être mon dixième empannage depuis hier... ha je saurai les faire tiens ! Je n’en ai raté qu’un seul cette nuit quand j’ai fait un coquetier avec le spi. Mais un coup de chaussette vers le bas puis vers le haut et hop ! plus de coquetier ! Quand c’est pris à temps, ce n’est rien !"
Dur, dur pour les nerfs, d’autant plus que la météo reste complexe pour la suite.
Nany
David est actuellement 16 ème, des voiliers ayant choisi une route plus sud sont passés devant...à suivre...
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| Alessandro Di Benedetto |
Vous pouvez découvrir les photos du salon nautiques 2010 , la galerie vient d'être complétée par des photos réalisées par notre correspondante locale Béatrix Kucera.
Venez vite les découvrir...
Le diaporama de l'exercice SNSM au salon
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A 11H15 ce matin, la bonne nouvelle que l’on attendait avec impatience : "Ca y est, après pas mal de boulot, quelques incertitudes... Le grand spi a repris du service et sans un accroc !" Pour la plus grande joie de notre skipper !
Enfin, car hier encore, David qui profitait d’une accalmie, avait réussi à le démêler après 5H de travail méthodique et fatiguant (on imagine) mais il n’était pas sûr de son état. En attendant, dans la nuit il avait dû se contenter d’envoyer le petit spi (photo).
Des infos de la nuit dernière : "La nuit a été difficile... Même si c’est la première fois que j’arrive à me passer de ciré pour dormir. Ca, c’est plutot sympa...Je vais enfin pouvoir enlever quelques couches de vêtements et peut- être faire une vraie toilette avec du shampoing ? Je pense que généralement, le vent molli dans la zone où je me trouve. J’ai donc bataillé sur les réglages et repris un peu de vitesse. Toutefois, le vent n’a pas faibli pour tous de la même facon. C’est en train de revenir par l’Est et le Sud. Globalement, les tenants de l’option du Sud dès le début (Nicolas Troussel, Damien Seguin...) devraient revenir sérieusement dans le match. Mais la route est encore longue et beaucoup de choses vont se passer aujourd’hui et demain au classement."
Et beaucoup d’autres choses peuvent encore se passer d’ici la Guadeloupe avec des Alizés bien organisés au début mais assez perturbés vers l’arrivée par une dépression leur mettant un peu la panique ainsi que l’affaissement de l’anticyclone des Acores par l’ouest... Bref, le jeu reste trés ouvert et rien n ’est joué pour personne.
Nany
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Presque 7 jours et David est plus que jamais dans le coup, glissant à 10nds dans le Nord des Açores. La flotte semble enfin s’écarter un peu au grès des rotations de vents et des phases de transition. Le vent de Nord-Est à Est va encore les accompagner quelques jours puis sûrement une phase plus compliquée à gérer avec sans doute un empannage et peut- être du gennaker comme voile d’avant. Puis dans le milieu de la semaine, une grosse dépression vient semer le désordre et probablement priver la flotte de vents portants.
Cette Route du Rhum est loin d’être simple sur le plan météorologique et notre marin favori doit faire fumer ses méninges pour trouver la solution idéale entre 2 manoeuvres ou 2 siestes. Reste la flotte des sudistes à surveiller avec Nicolas Troussel en tête qui avance très vite dans un alizé régulier mais très loin de l’orthodromie ( route la plus courte). David a maintenant avalé le premier tiers de la route, sans doute le plus compliqué, le deuxième tiers devrait lui, être synonyme de "Printemps" ; en prenant enfin du Sud les concurrents devraient pouvoir commencer à enlever quelques couches de vêtements et les faire sécher. David dispose des positions de ses concurrents et sait qu’il doit continuer à se battre contre les autres, le vent et lui même !
Fred