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​Revue Presse Le thon, ce n´est pas le panda, il ne peut disparaître

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édition du vendredi 5 mars 2010

Jean-Marc Fromentin est l’un des experts mondiaux du thon rouge. Délégué de l’Union européenne au comité scientifique de la Commission pour la conservation des thonidés (Cicta), il a toujours préconisé un renforcement des restrictions de pêche, au grand dam des thoniers qui en ont fait leur bête noire.

L’homme s’exprime rarement mais à quelques jours de l’assemblée générale au Qatar de la Cites (l’organisation de l’ONU pour la protection des espèces en danger) qui pourrait interdire la commercialisation du thon, ce chercheur de l’Ifremer-Sète, parle. Entre jusqu’au-boutisme des ONG écologistes et activisme du lobby de la pêche, son propos remet les pendules à l’heure.

L’interdiction du commerce du thon rouge est-elle justifiée ?

Nous avons été consultés pour savoir si le thon entrait dans les critères d’une interdiction et les résultats ne sont pas probants. La Cites retient trois critères pour justifier cette interdiction : il faut que l’espèce ait un petit nombre d’individus, ce qui n’est pas le cas du thon (il y en a plus de 5 millions) ; il faut que l’habitat soit restreint ou morcelé, ce qui n’est toujours pas le cas du thon. Il faut enfin qu’il y ait un fort déclin. Seul ce dernier critère pouvait être éligible.

Comment l’avez-vous évalué ?

Nous avons d’abord établi que la population actuelle ne devait pas être inférieure à 15 % des plus hautes estimations du stock. A deux reprises, en 1958 et en 1974, la population des géniteurs a atteint 310 000 tonnes. Aujourd’hui on serait à 100 000 tonnes. La chute est considérable mais on n’est pas en dessous des 15 %. L’interdiction ne s’impose pas.

Vous êtes-vous arrêtés là ?

Non. Nous avons également analysé la biomasse vierge. Il s’agit d’un concept plus théorique. On l’évalue grâce à des modèles statistiques qui tentent de déterminer comment évoluerait le stock sans la pêche. Cette estimation est très difficile à faire car on connaît mal la dynamique des populations. Or si on retient cette biomasse vierge, le seuil des 15 % est largement dépassé : l’interdiction s’impose.

Vous n’avez donc rien conseillé à la Cites…

Nous n’avions donc pas de base solide pour le faire et il n’appartient pas aux scientifiques de trancher. Je pense personnellement que la référence à la biomasse observée est bien plus fiable. Pour moi, les critères de l’interdiction ne sont pas remplis.

On peut donc continuer de pêcher ?

Notre comité va se réunir en septembre pour procéder à de nouvelles évaluations. Nous vérifierons si les mesures d’encadrement des pêcheurs commencent à porter leurs fruits et nous dirons si le renforcement de ce dispositif, décidé cet automne par la Cicta, est suffisant pour reconstituer le stock d’ici 2023.

Avez-vous déjà une opinion ?

Non. Il faut attendre d’avoir les informations de toutes les pêcheries mais nous n’aurons pas une révolution. Pour le thon rouge, les évolutions sont lentes. Un stock de reproducteurs ne se reconstitue qu’en 10 ou 15 ans.

Des observations aériennes montrent une recrudescence du thon dans le golfe du Lion.

C’est un signe encourageant et c’est probablement un effet des réglementations, notamment de la limitation de la taille de pêche à 30 kg.

Cette étude est à l’origine d’une polémique entre scientifiques qui contestent vos modèles…

Le débat est devenu trop manichéen. Il y a ceux qui affirment qu’il y a plein de thons et ceux qui affirment qu’il n’y en a plus. La réalité est entre les deux. Les scientifiques qui contestent nos modèles sont très minoritaires.

Mais n’avez-vous pas crié au loup trop fort au risque d’être récupérés par les écolos ?

Non, certainement pas. Depuis 1996 nous répétons qu’il y a surpêche. Il a fallu attendre 2008 pour qu’on se donne les moyens d’un contrôle effectif. Douze ans ont été perdus.

Le temps mis par les politiques à se décider, ne vous a-t-il pas incité à radicaliser votre discours ?

Le discours des experts n’a jamais varié. Un niveau de 50 000 tonnes de captures par an comme on l’a eu de 1994 à 2007, ne s’était jamais vu dans l’histoire. A l’époque où le stock se maintenait, les captures étaient de l’ordre de 25 000 tonnes. Les scientifiques ont simplement dit que si on continuait comme ça, on risquait l’effondrement.

Les écologistes parlent, eux, de disparition du thon. Est-ce réaliste ?

Le thon ne va pas disparaître. Ce n’est ni un éléphant, ni un panda, ni un requin…

Quelle différence faites-vous entre la disparition et l’effondrement ?

La disparition, c’est l’histoire du Loup de Tasmanie : il n’y en a plus et il n’y en aura jamais plus. Dans le cas d’un effondrement, l’espèce est toujours là, elle se perpétue mais à un niveau très bas. C’est le cas de la morue à Terre Neuve. La pêche n’est plus rentable et la poursuivre mettrait en péril la diversité génétique. En halieutique, nous parlons d’érosion génétique.

Une grande partie de la flotte de pêche est menacée de disparition…

Si on nous avait suivis dès 1998 quand nous préconisions de limiter les prélèvements à 25 000 tonnes, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui. La pêcherie aurait été préservée.

Textes : Jean-Pierre LACAN


Publié le : Samedi 6 mars 2010 à 08:15

​Revue Presse Sète : Les rochers immergés ne le seront plus

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édition du vendredi 5 mars 2010

RAPPEL : Les blessures des baigneurs ne sont malheureusement pas rares sur le littoral

Pièges particulièrement dangereux pour les baigneurs, les rochers immergés dans l'onde bleutée et argentée de la douce Méditerranée n'ont qu'à bien se tenir.

La Ville de Sète vient de passer un contrat avec deux entreprises pour l'entretien des plages : l'une (la Screg) sera chargée du ramassage des pierres sur la plage, l'autre (Buesa) de l'enlèvement de ces dangers sous-marins.

Ces deux sociétés se consacreront essentiellement aux zones de baignades. A terme, on espère que ces opérations de ramassage et nettoyage rendront à la plage de Sète son lustre d'antan.


Publié le : Vendredi 5 mars 2010 à 16:05

​Revue Presse L'aventure du MV Louis Majesty

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Le paquebot MV Louis Majesty, victime d'une vague géante
au large de la Catalogne © AFP / L. Gene

Par TF1 News (D'après agence), le 04 mars 2010 à 07h09, mis à jour le 04 mars 2010

Deux personnes ont été tuées et quatorze blessées mercredi à bord d'un navire de croisière frappé par une grande vague au large de la Catalogne.

La scène a tout du film catastrophe : une vague géante qui vient percuter un navire de croisière, faisant exploser les vitres du salon ; l'eau qui s'engouffre à l'intérieur... Mais les passagers du MV Louis Majesty, un imposant paquebot de 200 mètres de long et qui compte 732 cabines, l'ont réellement vécue, mercredi au large de la Catalogne ; deux d'entre eux en sont morts, et quatorze autres ont été blessés. Selon des sources médicales citées par l'agence espagnole Europa Press, une femme de 62 ans a notamment eu les deux jambes fracturées dans l'accident.

Le MV Louis Majesty était parti du port de Carthagène pour une croisière de douze jours en Méditerranée. Le navire avait alors à son bord 1350 passagers et 580 membres d'équipage. Le drame s'est produit au large du cap de Bagur, sur la Costa Brava : sur une mer formée, le navire a été frappé de plein fouet par une vague de plusieurs mètres (huit mètres, assurent des témoignages), avant que d'autres grandes vagues ne viennent s'engouffrer par les ouvertures des baies brisées au niveau de la zone du salon.

Le MV Louis Majesty, qui faisait route vers le port italien de Gênes, s'est dérouté vers Barcelone, où il est arrivé tard mercredi soir. Les corps des deux personnes décédées devaient y être débarqués et les blessés nécessitant des soins évacués vers des hôpitaux de la ville. Selon un porte-parole du port de Barcelone, le navire devait ensuite reprendre sa route vers Gênes.


Publié le : Jeudi 4 mars 2010 à 09:34

​Revue Presse Régate de la SNSM

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édition du vendredi 26 février 2010

Résultats Agde : régate de la SNSM Météo hivernale ce dimanche 21 février pour la régate de la SNSM dont Raymond Bresson, le président, a reçu, à la remise des résultats, un chèque de la part de la SORAC.

Une matinée avec mer peu formée et vent de secteur nord à nord-est, pour virer ensuite à l'est puis au sud, montant jusqu'à force 5-6, en creusant fortement la mer dès le début d'après-midi, mais nous gratifiant du soleil... 23 équipages au départ, pour un parcours de 16 milles, effectué sans réduction de parcours, les bateaux les plus légers ayant rapidement abandonné devant la montée en puissance des éléments. Ces conditions "musclées" ont permis à la flotte de naviguer à une moyenne supérieure à 8 noeuds pour les plus rapides.

Classement général : 1 er Windward, à M. Michat (l'un des plus petits bateaux), 2 e Lou Poul à M. Cauquil, 3 e Globule, à M. Rouhaud (un autre des plus "petits").

Le prochain rendez-vous de la SORAC se tiendra le dimanche 7 mars pour la "Coupe SODEAL", l'une des épreuves les plus importantes pour l'association.

L'ASBB voile était à Monaco Robert Marty de l'ASBB a mené un équipage à la "Primo Cup, Européen Surprise", du 10 au 14 février à Monaco avec Hégoa, champion de l'Etang 2008/2009. A la barre : Mathieu Faure ; n° 1 : Didier Vernhet ; à l'embraque : Robert Marty et Maxime Faure ; au piano : Jean-François Tudesq. Après que la course du jeudi ait été annulée pour cause de neige, fait marquant à Monaco, le vendredi départ sur l'eau avec 25 noeuds de vent mollissant. Le premier départ sera annulé, puis 2 manches à suivre dans un vent variable. Hegoa se classe 15 et 30 sur 41 "Surprise" en course. Il y a 95 bateaux sur l'eau et 480 équipiers pour cette 26 e Primo Cup. Les séries de ce week-end sont les Longtze premier, les platu 25, les Farr 30, les J24, les Melges 32.

Le samedi, 4 manches sont courues pour toutes les séries avec des bascules de vent de 30 à 40 degrés en permanence, et un clapot infernal... Hegoa défend les couleurs de l'ASBB Voile avec des places honorables : 22, 12,12 16 et se place 21 au général après 6 courses, malgré une disqualification sur la première manche de vendredi pour un contact avec la bouée de départ. Dimanche 14 février, 2 manches, encore dans un vent variable faible et de la houle croisée. Hegoa se classe 18 e et 19 e et au classement général final 21 e sur 41. Fédération de voile Assemblée générale de la Ligue de voile du Languedoc-Roussillon L'assemblée générale de la Ligue de voile aura lieu aujourd'hui, à 19 h, salle "A l'Ecoute", Port Canet-en-Roussillon.

On attend les rapports du président et du secrétaire général, le compte-rendu financier, la présentation du budget prévisionnel 2010, le compte-rendu des commissions, la présentation de l'action Jeunes Arbitres, la remise des médailles FFVoile et la remise du Trophée au club Champion de Ligue Habitable.

Renseignements Ligue de Voile du Languedoc Roussillon – Espace Voile Bat C – Le Patio Santa Monica – 1815 Avenue Marcel Pagnol – 34470 PEROLS ligue.voile.lr@wanadoo.fr A venir Sète : s'initier aux règles de la régate avec les " RIR " La SNS organise un challenge organisé avec les "RIR" pour inciter ses membres à renouer avec la régate comme au bon vieux temps. Les RIR, "Règles d'introduction à la régate", sont une version simplifiée et pédagogique des règles de course à la voile. Elles permettent de débuter (ou de se rafraîchir la mémoire) et l'arbitre est présent et applique les règles en direct avec les équipages et beaucoup d'explications ! Le samedi 6 mars la "Régate de printemps" ouvrira la saison. Rendez-vous Base Tabarly à partir de 10 h. Le soir, repas en commun pour les participants.


Publié le : Mercredi 3 mars 2010 à 12:08

​Revue Presse Le plus grand bateau solaire du monde inauguré en Allemagne

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Philipp Guelland DDP/AFP

Le plus grand bateau solaire du monde, selon ses constructeurs, a été inauguré jeudi à Kiel, dans le nord de l'Allemagne avant une tournée européenne cette année et un tour du monde en 2011.

"C'est un sentiment unique de voir aujourd'hui un bateau dont j'ai tant rêvé", a affirmé Raphael Domjan, l'initiateur du projet et futur capitaine de ce catamaran.

Long de 30 mètres et large de 16 mètres, le navire est équipé de plus de 500 m2 de panneaux solaires photovoltaïques et sera "propre et silencieux", selon PlanetSolar, nom à la fois de la compagnie et du bateau.

Le multicoque pourra atteindre une vitesse maximale de 15 noeuds (25 km/heure) et pourra accueillir jusqu'à 50 personnes.

Le PlanetSolar sera mis à l’eau à la fin mars pour effectuer ses premiers tests avant d'être la vedette lors des cérémonies en mai du 821e anniversaire du port de Hambourg, second port d'Europe après Rotterdam (Pays-Bas).

Pour le tour du monde, les deux membres de l'équipage comptent rester le plus près possible de l'Equateur pour bénéficier d'un ensoleillement maximal.

Le voyage de quelque 40.000 kilomètres est prévu pour durer environ 140 jours, en partant du principe que le bateau puisse maintenir une vitesse moyenne de 8 noeuds, "une vitesse considérable pour un bateau fonctionnant à l'énergie solaire", selon PlanetSolar.

Le multicoque traversera l'Océan Atlantique, le Canal de Panama, l'Océan Pacifique, et l'Océan Indien avant de passer par le Canal de Suez pour rejoindre la Mer Méditerranée.


Publié le : Jeudi 25 février 2010 à 21:51

​Revue Presse Sète, le quai du Sud, terminus de la Méditerranée

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Illustrations collection Jacques VIé

édition du lundi 22 février 2010

Avant d'être baptisé Quai Aspirant-Herber, il s'appelait Quai du Sud. Et portait bien son nom. C'est là en effet que des navires d'assez fort tonnage, entre le yacht et le paquebot, venaient accoster. C'étaient les "courriers".

A l'image du Gouverneur Général Cambon (photo ci-contre), ils étaient souvent armés par des compagnies mixtes et faisaient à la fois du fret et du trafic passager, avec toute la Méditerranée et plus particulièrement l'Algérie.

Cette, qui fut longtemps une des principales destinations des vins d'Afrique du Nord, accueillait donc régulièrement ces vapeurs, qui voisinaient quai du sud avec des bateaux chargés de fûts, immédiatement pris en charge par les dockers cettois. Des muids et demi-muids de vins qui allaient rejoindre les établissements de divers transitaires négociants, tels les établissements Boggiano et fils, devenus Boggiano et Brouillonet en 1919.

Ci-contre, on observe, outre les négociants, des employés de la société en train de pomper le contenu des fûts pour procéder à des coupages avec des vins locaux, mais aussi élaborer des apéritifs. Prise dans la cour de chez Boggiano quai du Sud, cette photo immortalise également une pompe dont la force motrice est assurée par un moteur Chaise, mécaniques jadis utilisées dans les mines qui rendront aussi de grands services sur les grosses "barquasses" de l'étang. Du type increvable ...
Pa.Castan 


Publié le : Lundi 22 février 2010 à 09:35

​Revue Presse Le pêcheur doit être accompagné

édition du vendredi 12 février 2010

« Quand le gazole était au plus haut, nous réfléchissions à la meilleure façon de consommer moins. Aujourd'hui, il nous faut prouver à l'Union européenne que nous pouvons aussi nous engager dans une exploitation toujours plus responsable de la ressource. Car la volonté, on l'a ... »

Le président de l'Amop et de la SaThoAn, Pierre d'Acunto, est bien sûr conscient de la nécessité de soigner l'image de la pêche, et plus encore du chalutage, régulièrement accusé de compter parmi les types de pêche ayant la plus néfaste influence sur les fonds marins. Un jugement qui n'est bien sûr pas unanimement partagé, d'autant moins depuis que les chalutiers ont accepté mais avaient-ils bien le choix ? des élargissements successifs des mailles employées dans les "culs de filets".

Des mailles plus larges « qui réduisent d'autant le volume de poisson impropre à la consommation (sous-taille, Ndlr) ramené à bord ». Pas assez, pour certains, mais c'est déjà ça. Car comme le rappelle Pierre d'Acunto, « le pêcheur est prêt beaucoup de concessions dans la limite de la rentabilité de son entreprise. C'est pour cela qu'il nous faut être accompagnés, qu'en échange de nos efforts, il faudra qu'on nous donne un coup de pouce. Car si ce n'est pas le cas, les pêcheurs se remettront à faire ce qu'ils veulent. Et puis la pêche chalutière, on en dit ce qu'on veut, mais en tout cas, elle ne cache rien, on peut comptabiliser 100 % des prises. Et pour cause : tout passe en criée... »


Publié le : Vendredi 12 février 2010 à 08:49

​Revue Presse Raphaël Scanapiecco « Il y a eu des abus.... »

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Photo Christophe FORTIN

édition du lundi 8 février 2010

VOS PAPIERS :

Nom : Scanapiecco Prénom : Raphaël Age : 50 ans Profession : patron thonier Signe particulier : a été élu en 2009 prudhomme major de Sète face à Pierre D'Acunto. Il représente à ce titre l'ensemble de la profession, thoniers, chalutiers et petits-métiers. Il arbitre également les conflits qui peuvent naître entre pêcheurs.

Avec un peu de recul, comment analysez-vous la position française sur la pêche au thon rouge ?

C'est une décision politicienne qui ne satisfait personne. On flatte les sensibilités. En plus, c'est une usine à gaz. On n'a pas aujourd'hui les décrets d'application mais on sait déjà que cette décision sera inapplicable. Quel sort pour les bateaux ? Quelles mesures d'accompagnement ? Quelles dérogations pour les petits-métiers ? Et comment cette décision sera-t-elle accueillie à Doha (1) ? On ne sait vraiment pas où ils veulent aller.

Mais la pêche au thon rouge est-elle viable, selon vous ? Ne fallait-il pas agir ?

Joe Borg, le commissaire européen chargé des affaires maritimes, le dit lui même. Cette décision, c'est l'échec de la politique communautaire sur le thon rouge. Les questions liées à cette pêche ont été anticipées. Il y a six mois, l'Iccat (commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique nord) s'était prononcée pour une nouvelle réduction des volumes de 20 à 30 %. Nous avons fait des efforts depuis quatre ans. Nous sommes des professionnels responsables.
Il y a eu des abus, certes mais ce temps est révolu. Nous avons tenu compte des avis scientifiques. Mais le gouvernement, lui, n'en tient pas compte.

La pêche est-elle rentable avec un quota de 50 t, qui sera celui attribué à chaque bateau en 2010 ?

Absolument pas. Avec 100 tonnes, on peut à peine équilibrer les comptes. Les armements qui disposent de plusieurs bateaux laisseront un bateau à quai et reporteront leur quota sur un seul équipage. Les autres seront en grandes difficultés, notamment ceux qui possèdent des bateaux récents qu'ils n'ont pas encore fini de payer.

Quelles solutions s'offrent à eux ?

La principale solution, c'est la sortie de flotte. Une aide de 1,5 M€ est octroyée. Mais il faut rembourser au prorata-temporis les aides versées lors de l'acquisition. Pour certains, cette solution coûtera donc de l'argent !

Les bateaux ne peuvent-ils pas s'orienter vers d'autres pêches ?

On pourrait, avec des équipages, réduits partir pêcher à l'hameçon. Mais c'est illusoire. Le problème, c'est que douze des treize bateaux sétois font plus de 25 m. La législation ne permet pas de les recycler. Si des dérogations sont accordées, ces bateaux pourront par exemple pêcher le poisson bleu à la senne sur des époques bien définies. Mais on n'en est pas là.

Si c'était le cas, les chalutiers auraient certainement du mal à l'accepter ?

Evidemment. L'équilibre de la Méditerranée tient dans la polyvalence et la diversité des métiers. Si on supprime un métier, on remet en cause cet équilibre et on crée des problèmes de cohabitation. Il y a un exemple frappant. Depuis cinq ans, on ne pêche plus le thon rouge dans le Golfe du Lion. Que se passe-t-il aujourd'hui ? Il y a une pénurie de sardines et d'anchois. Et les scientifiques commencent à reconnaître que ces espèces sont victimes d'un prédateur : le thon rouge.

Les professionnels de la pêche au thon rouge réclament un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. Que demandez-vous ?

D'abord des explications pour comprendre cette décision. Mais au-delà, nous demandons une véritable étude scientifique. Non seulement pour savoir où en est le stock mais aussi pour connaître les zones de pêche, comme le Golfe du Lion, sur lesquelles on pourrait exercer une activité maîtrisée et complémentaire.

Ne payez-vous pas les abus et les fraudes des belles années ?

Il y a eu des erreurs, il y a eu des fraudes, notamment avec la vente de quotas par des bateaux qui restaient à quai. Mais aujourd'hui, nous sommes sévèrement contrôlés. Nous avons fait notre mea culpa et nous nous sommes engagés dans une pêche durable et responsable.

Recueilli par F.D.

Conférence du 17 au 25 mars au cours de laquelle 175 pays doivent se prononcer sur l'inscription du thon rouge à l'annexe 1 de la Cites (inventaire des espèces menacées).


Publié le : Lundi 8 février 2010 à 14:01

​Revue Presse Pêche « Avec des moyens, on peut gérer dans la durée »

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édition du samedi 6 février 2010

ENTRETIEN : éric Bellone est pêcheur à Frontignan

Quelles suites ont été données à votre montée au créneau concernant le chalutage dans la bande des 3 milles marins ?

Les autorités, après un entretien avec le procureur de la République, ont rencontré les patrons de chalutiers puis nous ont convoqués. Il y avait là une quinzaine de petits-métiers, des prud'hommes de la région, les représentants des Affaires maritimes et le président du comité régional des pêches Henri Gronzio.

Qu'en est-il ressorti ?

On a beaucoup parlé mais on n'en a pas retenu grand-chose si ce n'est qu'ils devraient en principe multiplier les plans de vols pour une meilleure surveillance des trois milles. Ceci sous réserve de matériel disponible. Or, ils ont apparemment peu de disponibilités.

Mais vous avez tout de même parlé sanctions...

Apparemment, un chalutier pris dans les trois milles sera dérouté vers le port le plus proche. Il sera ensuite soumis à une visite complète : sécurité, engin de pêche... Le bateau ne devrait pouvoir être récupéré qu'après versement d'une caution.

De quel montant ?

On n'a pu avoir aucune information sur le montant de la caution, qui conditionne tout.

On parle de sanctions pouvant aller de 1 500 à 22 500 € en fonction de l'infraction...

Je n'ai pas eu ces informations-là.

Vous ne voyez donc rien de positif ?

Si. Positive est par exemple l'initiative de Raphaël Scanapiecco de faire enfin se rencontrer petits-métiers et patrons de chalutiers. On a pu recadrer deux ou trois trucs. On a même parlé d'immersion de récifs artificiels, y compris au large. Dommage qu'il ait fallu que l'Europe lâche les thoniers et reparle pêche artisanale pour que l'on se penche sur le sujet.

Et les thoniers, justement ?

La question du thon éclabousse tout. On ne parle plus que de pêcheur-destructeur alors qu'en mettant les moyens, on peut gérer une pêcherie dans la durée : regardez les Australiens avec les langoustes et les ormeaux.

Recueilli par Patrice CASTAN


Publié le : Samedi 6 février 2010 à 11:25

​Revue Presse Escale de 25 missionnaires sur le "Love boat"

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Photo C. FORTIN

édition du vendredi 5 février 2010

CONTEXTE : Ces jeunes Pentecôtistes veulent rendre service et parler de leur foi

Next Wave, le coquet deux- mâts est amarré sur le quai d'Alger jusqu'au 17 février. Mais le surnom que l'on pourrait lui donner serait plutôt The Love boat. Les vingt-cinq passagers et membres d'équipage sont en effet des fans de l'amour, de l'amour de Dieu. Tous adhérents à l'association internationale Youth with a mission (Jeunesse en mission, en sétois), ces jeunes hommes et femmes suivent un processus de formation impulsé par l'église de Pentecôte. Après une formation théorique, ces missionnaires partent de part le monde et viennent rendre service.

Pour la première fois ils ont largué les amarres à Sète. Depuis leur arrivée, ils ont rencontré les églises locales et se sont portés volontaires auprès de la Croix-Rouge. Les missionnaires, originaires de 12 pays différents, ont aussi sillonné la région pour rencontrer des religieux et rendre divers services tout en parlant de leur foi.

Ces jeunes évangélistes, de retour dans leurs pays respectifs, ont la vocation de s'impliquer dans la vie de leur communauté. En attendant ils seront à Sète jusqu'à mi-février. Prochaine étape : Ibiza. Y'a plus moche comme destination pour évangéliser les foules.

Philippe MALRIC


Publié le : Vendredi 5 février 2010 à 19:37

​Revue Presse Le thonier remisé prend feu durant son découpage

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édition du samedi 30 janvier 2010

LES FAITS : Les étincelles dégagées par une disqueuse ont enflammé des éléments

Bien que construit en 1995 à Port-Vendres, le Golfe du Lion V est bien sétois : il est mort deux fois. L'ancien thonier senneur de Jean-Louis Jalabert, racheté en 2008 par Jean-Marie Avallone, a fait l'objet d'une sortie de flotte. Première mort. Et hier, vers 16 h, lors du chantier de déchirage (découpage en terme marin) il a pris feu. Deuxième mort.

Alors qu'un tiers du bateau est déjà coupé en morceaux - façon puzzle - sur le sol, des ouvriers continuaient leur oeuvre hier en découpant le pont à coup de disqueuse. « Tout d'un coup, cela s'est enflammé en dessous, raconte l'un des leurs, on a déguerpi vite fait. Les pompiers sont arrivés super rapidement, cinq minutes plus tard. » Les étincelles dégagées avaient enflammé notamment le polystyrène encore présent à l'intérieur de la coque. La présence de ce matériau a obligé la dizaine de pompiers présents à remplir l'intérieur de la carcasse décharnée avec de la mousse carbonique. Puis, pour refroidir le tout, une lance a copieusement arrosé le pont. Enfin, sous l'oeil de touristes amassés contre le parapet du Môle, un ouvrier a percé la coque avec un chalumeau pour que la mousse puisse s'évacuer.

La semaine prochaine, le chantier de déchirage du Golfe du Lion V pourra reprendre comme si de rien n'était.

Philippe MALRIC


Publié le : Samedi 30 janvier 2010 à 10:26

​Revue Presse Pêche à la ligne : « Une taxe va arriver... »

édition du samedi 23 janvier 2010

RAPPEL : La fédération nationale des pêcheurs plaisanciers et sportifs préfère, elle, favoriser l'information...

Décidément, les pêcheurs récréatifs apprécient moyennement de se voir reprocher, fut-ce pour l'heure à demi-mots, de mettre en danger la ressource. Suite à l'article consacré à ce sujet, hier dans nos colonnes, plusieurs lecteurs réagissent.

Le premier rapproche « les quantités de poissons pêchés à la ligne à Sète et ses alentours » d'un coup de filet dont tout le monde parle ces jours-ci : « Un bateau pêchant au lamparo (longue senne coulissante) a débarqué à Marseille près de vingt tonnes de loup pêchées à deux pas d'une réserve », assure ce lecteur. « Et vous savez pourquoi ? Parce que le poisson se regroupe actuellement près des côtes pour frayer.

Difficile dans ce cas de donner des leçons de respect aux pêcheurs à la ligne... »

Dans la même veine, un lecteur mézois nous écrit : « Si, effectivement, certains pêcheurs amateurs oublient de remettre à l'eau des poissons qui ne font pas la maille, que penser de ces poissonniers qui à Sète exposent sur leur étal et vendent des loups de 20 ou 22 cm (la maille est à 25)... »

Autres réactions, mais d'internautes, celles-là : « Je ne suis pas pêcheur, mais je pense qu'une taxe quelconque va arriver(horodateur, permis de pêche etc.). » Ou encore, concernant cette fois la spécificité des canaux sétois, particulièrement attractifs pour les pêcheurs à la ligne : « Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'usine à pêche, entassés les uns sur les autres, où est le plaisir ? » Mais ce lecteur pense certainement au temps fort de la sortie des dorades vers la mer à l'automne ...

Pa.C


Publié le : Samedi 23 janvier 2010 à 09:05

​Revue Presse La pêche récréative victime de son succès ?

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Photo Vincent ANDORRA

édition du vendredi 22 janvier 2010

RAPPEL : De l'époque de la dorade à celle du loup, des centaines de pêcheurs à la ligne peuplent Sète, ses côtes et ses canaux...

« Hier soir, je suis allé au loup avec un copain. On s'est gelés une demi-heure, y avait rien. Pas grave, on a discuté et on est rentrés... » Cet habitué des quais n'en veut pas aux canaux sétois de ne lui avoir pas versé son tribut... Il ressort du magasin avec l'anneau qui faisait défaut à sa canne, et quelques appâts, pour la soirée. Il fait partie, comme plusieurs centaines de Sétois, rejoint par au moins autant "d'estrangers", de ces pêcheurs à la ligne qui, été comme hiver ou automne, d'ailleurs fixent leur sillon, ou leur bouchon un peu partout en ville mais aussi sur l'étang et même en mer. Jamais bien loin en tout cas. Paisibles sauf à la Pointe, parfois.

Sauf que voilà. Depuis quelques années, et avec plus d'insistance depuis quelques mois, on entend çà et là monter les griefs à l'égard de ces pêcheurs-là. Et pas uniquement au regard des boîtes d'appâts que certains abandonnent un peu trop facilement sur les quais. Non, certains leur reprochent de "dépeupler la mer", de puiser dans la ressource à un point que la pêche professionnelle pourrait en être affectée ! Dans la même veine, encore plus nombreux sont ceux y compris parmi les pêcheurs récréatifs qui déplorent que les mailles des poissons (car il en existe) soient rarement respectées.

Pour y voir plus clair, rien de tel que de remonter à la source. C'est donc du côté des professionnels de la vente de matériel et d'appâts, et de leurs clients, que nous sommes allés pêcher quelques informations... Installé quai de Bosc, à deux cents mètres d'« un coin de pêche à la dorade mythique » , Bernard Rolouis n'est pas surpris par de telles "accusations", même si, selon lui, elles relèvent d'une minorité, comme les excès de certains de ses clients d'ailleurs.

Ainsi, celui-ci compte parmi ses habitués « d'anciens patrons pêcheurs à la retraite. Et je peux vous dire que pour se retrouver aujourd'hui dans la peau d'un pêcheur plaisancier, ils savent bien que le seau du pêcheur à la ligne est plus souvent vide que plein. » Même si « certains voudront toujours en tirer profit », Bernard Rolouis assure qu'en moyenne, le kilo de poisson revient plutôt très cher aux amateurs de pêche à la ligne (lire ci-contre). Par ailleurs, la passion qui conduit des centaines d'amateurs à se geler des nuits entières pour traquer le loup, ou à jouer des coudes pour remplir leur seau de dorades, irrigue toute une économie : « Un pêcheur régulier , confie le détaillant, investit 500 à 600 € par an entre plombs, fils, cannes, moulinets et surtout appâts. » Pour exemple, 12 crevettes vivantes se vendent 2,80 €, « et il faut en prévoir le double pour la soirée, sans être sûr de pêcher, d'ailleurs ». Quant au "bibi de Sète", un gros ver dont les dorades raffolent, « c'est 1,40 € le moyen, 2 € le gros. Et puis il y a le plomb, qui est de l'or. Alors moi, je vais vous dire : quand on me dit que les pêcheurs à la ligne pêchent pour en vivre, ça me fait rire. Surtout quand la dorade se vend 2 € en criée. C'est moins cher que le bibi ! »

Patrice CASTAN


Publié le : Vendredi 22 janvier 2010 à 08:52

​Revue Presse La grande colère des petits-métiers côtiers

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Photo Vincent ANDORRA

édition du dimanche 17 janvier 2010

Ces pêcheurs dénoncent les incursions incessantes des chalutiers dans la zone qui leur est réservée. Réunion de crise ce matin à Sète. Ils devraient converger ce matin de tous les ports de la région vers les Affaires maritimes de Sète (Hérault). Car qu’ils soient basés "aux Saintes", au Grau-du-Roi, à Agde, à Frontignan ou encore à Sète, justement, les petits-métiers côtiers de la pêche en ont ras-le-bol.

Assez « des intrusions de plus en plus fréquentes » des chalutiers dans une "bande des trois milles" - marins - où seuls les petits-métiers ont normalement le droit de pêcher. Alors certes, ces soucis de cohabitation ne datent pas d’hier et la réunion qui, ce matin à Sète, mettra côte à côte pêcheurs, Affaires maritimes, gendarmerie maritime, pru- d’homies et comité régional des pêches, n’est pas la première du genre.

Mais cette fois, c’est du sérieux, assurent les intéressés : plutôt individualistes, les petits-métiers auraient enfin décidé de parler d’une seule voix.

Pêcheur à Frontignan, éric Bellone assure en tout cas n’avoir jamais observé une telle mobilisation pour défendre cette zone des trois milles qui est leur garde-manger. Il faut dire, aussi, que « pas assez sanctionnés » quand ils dérapent, les chalutiers auraient, ces derniers jours, dépassé les bornes, notamment « après le gros coup de mer de jeudi. Le poisson était "en plage", dans les trois milles, des chalutiers l’ont suivi », au mépris d’une réglementation assez difficile à faire respecter. Résultat : certains bateaux auraient débarqué des tonnes de poisson "puisées" dans la zone réservée aux petits-métiers. « Nous savons qu’un chalutier a sorti quatre tonnes de dorades, confie ce pêcheur. Quatre tonnes de poisson qui auraient pu faire vivre deux bons bateaux de petits-métiers pendant un an… »

Patrice CASTAN


Publié le : Lundi 18 janvier 2010 à 07:55

​Revue Presse Pêche« Les chalutiers ont dépassé les bornes »

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Photo V. ANDORRA

édition du dimanche 17 janvier 2010

ENTRETIEN : Eric Bellone et ses collègues, petits-métiers, s'insurgent contre le chalutage illégal dans les 3 milles marins

Depuis le milieu de la semaine, la colère gronde parmi les petits-métiers. A quel sujet ?

Toujours pareil : l'intrusion des chalutiers dans la zone des trois milles, où ils n'ont pas le droit de travailler. En fait, ça a commencé mercredi. Nous avons été contactés par des collègues agathois qui avaient vu un chalutier débarquer 450 bacs de dorades et de gascons. Un bateau qui avait justement été aperçu vers 6 - 7 h du matin en train de chaluter en toute illégalité dans les trois milles, non loin des filières de Marseillan. Le bouche-à-oreille a vite fonctionné : dès la fin de la matinée, tous les petits-métiers de la région étaient au courant.

Ce qui n'a pas réglé le problème...

Au contraire. Les chalutiers ont ensuite dépassé les bornes : après le "gros coup de sud" de jeudi, ça a été l'anarchie.

Pourquoi ?

Chacun sait qu'après un coup de vent marin, au "tomber" de mer, les eaux se réchauffent et le poisson se rapproche des côtes. Et depuis toujours, des chalutiers viennent se servir dans les trois milles. Un tomber de mer, c'est toujours l'anarchie. Mais généralement, chacun gueule de son côté. Sauf que là, on s'est tous entendus pour exprimer notre ras-le-bol. C'est la première fois que je vois ça : ceux d'Agde ont appelé Frontignan, puis on a contacté le Grau-du-Roi, les Saintes-Maries, Sète... Il n'y a pas de meneur mais la colère monte car cet hiver a été très dur pour nous.

Auprès de qui vous êtes-vous plaints de la situation ?

Vendredi, nous sommes allés aux Affaires maritimes, où nous devrions être reçus demain, puis à la gendarmerie maritime, qui devrait se joindre à cette réunion.

Vendredi, ça a donc été le coup de chalut qui fait déborder le vase...

En quelque sorte. Tout est parti de nos collègues d'Agde, qui sont nombreux. Ils ont considéré que c'était une fois de trop. Et tout le monde a suivi, avec une grosse différence dans la démarche par rapport à nos coups de gueule du passé.

Jusque-là, on parlait surtout des dégâts occasionnés par les chalutiers, de nos filets qui sont emportés, etc. Cette fois, ce qui nous préoccupe, c'est la ressource.

A savoir...

Les poissons qui, cette semaine, ont été chalutés illégalement dans les trois milles, constituent des stocks qui restent ensuite près des côtes. C'est en puisant sur ces stocks-là que les petits-métiers vivent au printemps. Pour vous donner un ordre d'idée, les quatre tonnes de dorades que le chalutier, surpris mercredi dans les trois milles, a sorties de l'eau, ça aurait pu faire vivre deux bons bateaux de petits-métiers pendant un an. Et ce n'est pas le seul préjudice car autant de poisson débarqué d'un coup en criée, ça fait dégringoler les prix et ça ne fait les affaires de personne.

J'aimerais bien connaître les quantités qui ont été débarquées entre Sète, Agde et le Grau du Roi, vendredi. Je suis sûr que l'on a jeté du poisson...

Recueilli par Patrice CASTAN


Publié le : Dimanche 17 janvier 2010 à 09:30