 |
A mi parcours et juste après avoir passé largement en tête la marque de Porquerolles, nous devions contourner l'île par l'Est ou l'Ouest en direction d'Ajaccio. Nous optons pour le passage Est entre Porquerolles et Port-Cros.
Doublant la pointe Est de Porquerolles, cap au 130, nous sommes contactés par le comité de course qui nous indique avoir reçu l'ordre de l'armée française de rester au dessus de la latitude 42N55,35min pendant au moins 1h30. Il nous précise que c'est valable pour tous les bateaux croisant dans le secteur, en course ou pas; que cela n'a rien à avoir avec la zone réglementée connue de tous et située au sud de l'île du Levant... Etonnant et contrariant.
Bien entendu, aucun AVURNAV n'a été communiqué ; ni aux capitaineries ni sur le canal 16 en VHF... opération militaire « secrète » nous dit-on. Bref, au moment où nous recevons cette information, nous sommes à moins d'un mille au nord de la limite indiquée. Nous obtempérons sagement.
Bien nous en a pris puisque c'est par trois fois que nous avons été survolés par un avion de la marine qui devait vérifier que nous ne pénétrions pas la « zone interdite »... 1h30 d'attente, cap Est-Nord-Est, à plus de 90 degrés de la route alors que nous avions l'intention de donner un peu d'Ouest à notre trajectoire vers Ajaccio... La descente vers la Corse débutait bien... et l'avance sur les poursuivants fondait dramatiquement.
Ce n'est donc qu'à 18h00, que, abordés par une vedette de la DGA, nous avons pu reprendre notre route. A ce moment, les marins en fonction sur la vedette nous donnent en effet « liberté de manoeuvre ».
Par la suite, le retard accumulé sur cette attente et la position trop à l'Est ont eu pour conséquence de nous positionner en plein sur la trajectoire d'un centre dépressionnaire qui nous a bloqué près de 4 heures sans vent pendant la nuit suivante... Assez râlant.
Comment se fait-il qu'aucun avis n'ait été diffusé afin d'avertir les voiliers croisant dans la zone ? Comment se fait-il que la zone au sud de l'île du Levant pourtant dédiée à l'Armée n'ait pas été utilisée ? Nous avons cru comprendre que, étant donné le caractère international de l'exercice en cours (France et Royaume Uni), les schémas classiques ne s'appliquaient pas. Nous nous sommes présentés au mauvais moment là où Français et Anglais s'exerçaient à des exercices de tirs par missiles air-air... La Grande Muette garde encore quelques secrets... et quelques surprises.
De retour à terre, une demande de réparation a été introduite auprès du jury... La notion de yacht lésé n'ayant plus cours dans les RCV, la demande a été rejetée... Doublement râlant. Bref, on savait devoir jouer avec les vents et les courants, il faudra désormais intégrer l'Armée... encore faut-il qu'elle nous précise les règles du jeu qui, pour l'instant, restent bien obscures à nos yeux.
David AUGEIX
Skipper d'EDF Energies Nouvelles
Nota : cet incident est survenu lundi 28 avril 2008 vers 16 heures, lors de la première étape de la Transmed.