L’affaire d’Ettore (1/3), un podcast original de Midi libre : La numérologue ou comment "la voyante a vu une faille chez le maire". Midi Libre - Philippe Dalgues
Midi Libre 21/03/2025
Le 21 mars 2024, le maire d’Agde était placé en détention provisoire après sa mise en examen. Dans "l’affaire d’Ettore", podcast en trois épisodes, Jean-Pierre Amarger, journaliste à Midi Libre, revient sur ce dossier tentaculaire impliquant une voyante, des promoteurs immobiliers et un total de 17 personnes mises en examen.
Quand, le 21 mars 2024, Gilles d’Ettore, le maire d’Agde, élu depuis 2001, est placé en détention provisoire dans le cadre d’une affaire de soupçons d’escroquerie en bande organisée, détournements de fonds par personne dépositaire de l’autorité publique, prises illégales d’intérêts, corruption passive, c’est une chape de plomb qui s’abat sur la cité balnéaire qu’il dirige depuis des années.
Apporter des regards différents sur l’affaire de Gilles d'Ettore, le maire d’Agde et de la voyante. C’est ce que tentent de faire des témoins qui ont croisé l’édile déchu. Dans ce premier épisode de l’affaire d’Ettore, podcast en trois épisodes, Julie Aubert, une numérologue, explique son comportement. "La voyante a vu une faille chez le maire", explique-t-elle à Jean-Pierre Amarger, journaliste à Midi Libre à Béziers qui a suivi de près l’affaire Gille d’Ettore.
Enquête du journaliste du Midi Libre Pierre Amarger auprès de Julie Aubert, numérologue
Publié le : Samedi 22 mars 2025
Midi Libre 21/03/2025
Apporter des regards différents sur l’affaire de Gilles d'Ettore, le maire d’Agde et de la voyante. C’est ce que tentent de faire quatre témoins qui ont croisé l’édile déchu. Ainsi, Julie Aubert, une numérologue, explique son comportement, Fabrice Mur, opposant politique historique de Gilles d'Ettore commente la situation locale et enfin un détenu et un surveillant de prison, du Gasquinoy, où Gilles d'Ettore a passé trois mois, rapportent le comportement de l’élu derrière les barreaux.
Il y a un an, éclatait une affaire rocambolesque qui a précipité Gilles d'Ettore, le maire d’Agde en détention provisoire. Depuis quatre ans, l’édile consultait une voyante a qui il a accordé des largesses grâce à des financements provenant de grandes entreprises locales. Lui et sa voyante, Sophia Martinez ont été incarcérés, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire, trois mois plus tard. Ils n’ont plus le droit de revenir dans l’Hérault depuis. La voyante aurait utilisé des subterfuges pour tromper l’élu. Il l’aurait découvert lors de sa garde à vue en découvrant les dons de ventriloquie de Sophia via une vidéo que lui ont présentée les policiers. Depuis la mise en examen de Gilles d'Ettore et de Sophia Martinez, 17 personnes ont été mises en examen, des dizaines d’autres ont été entendues. Et ce n’est pas terminé.
Julie Aubert est numérologue à Pézenas. Elle a fait parler les chiffres pour faire le portrait et retracer la vie de Gilles d’Ettore. Elle évoque aussi le travail des voyantes, de Sophia Martinez, et la différence avec la numérologie.
"Quand un consultant vient nous voir, il cherche des réponses à ses questions. Il veut se connaître, se comprendre. Nous, les numérologues, sommes là pour leur donner des indications en fonction des chiffres que nous tirons, de leur date de naissance et de leur nom. La numérologie est une science et nous allons alors travailler sur une trentaine de chiffres. Une voyante, elle, peut influencer, diriger, guider vers des chemins de traverse qui sont parfois tortueux. Nous, nous conseillons et nous analysons. Je peux le dire avec certitude, Gilles d’Ettore est un amoureux de la vie, de sa ville et des femmes. Ça n’est un secret pour personne, mais nous le retrouvons dans les chiffres et les cartes."
En se basant sur les chiffres et les cartes tirées, Julie Aubert l’assure : "La voyante a vu une faille chez le maire d’Agde et l’a exploitée. Mais il est encore temps pour une introspection, une analyse des faits pour revenir sur le droit chemin."
Surveillants de prison et détenus entendent rester discrets sur les trois mois qu’ils ont partagé avec l’ancien maire d’Agde, au Gasquinoy à Béziers. Patrick, un ex-détenu, l’assure : "Il n’avait pas la grosse tête. Il discutait avec tout le monde depuis la cour de promenade alors qu’il n’était en contact physique avec personne. Il a aidé du monde. Vraiment. Il a été généreux en partageant ce qu’il avait avec d’autres qui n’avaient rien. Il a vraiment fait jouer la solidarité comme on ne l’imagine pas. Je suis Agathois et j’espère vraiment qu’il redeviendra maire, il a fait pour nous, mais aussi pour notre ville et nous n’oublierons pas."
Un surveillant de détention va dans le même sens : "C’était une personnalité que nous devions protéger. Mais rapidement nous avons compris qu’il n’y aurait pas de problème. Il était fort face aux détenus qui lui parlaient depuis leur cellule. Il a accepté d’apporter de l’aide comme il le pouvait. C’est vraiment à souligner. C’était un détenu respectueux et à l’écoute. Je ne dirais pas que sa détention a été facile. Je n’étais pas dans sa tête, mais en tout cas, en public, il ne montrait rien. Une fois dans la solitude de sa cellule, ce devait être autre chose."
Fabrice Mur est l’opposant historique de Gilles d’Ettore en politique. Retiré des affaires, il garde toujours un œil avisé sur sa ville. Les événements d’il y a un an l’ont marqué et surpris, comme tous les Agathois : "Je n’imaginais pas qu’il puisse tomber pour une telle affaire. Une voyante, c’est rocambolesque. Nous avons imaginé tous les scénarios, mais pas celui-là. Mais je ne suis pas de ceux qui se réjouissent du malheur des autres. J’ai perdu devant Gilles d’Ettore car il n’est jamais aussi bon que dans une campagne politique. J’ai aimé combattre face à lui et je le respecte pour cela et même s’il n’a pas été tendre avec moi ou son opposition de l’époque."
Fabrice Mur se souvient de conseils municipaux difficiles, houleux. "Nous étions traités comme des moins que rien. D’Ettore, c’était un despote à sa façon. Il faisait passer ses idées comme le fait la majorité actuelle. Rien n’a changé depuis son départ. C’est son premier adjoint qui mène sa politique. Un premier adjoint qui a plus d’expérience que lui en politique puisqu’il était adjoint à la culture sous Régis Passérieux et qu’il est toujours là aujourd’hui. D’Ettore n’est plus là, mais son système perdure toujours."
Jean-Pierre Amarger
Publié le : Vendredi 21 mars 2025
Midi Libre 21/03/2025
Le 21 mars 2024, le maire d’Agde était placé en détention provisoire après sa mise en examen. Depuis, dans ce dossier tentaculaire impliquant une voyante, elle aussi placée sous écrou, des promoteurs immobiliers… 17 personnes ont été mises en examen, des dizaines ont été entendues. On fait le point.
Quand, le 21 mars 2024, Gilles d’Ettore, le maire d’Agde, élu depuis 2001, est placé en détention provisoire dans le cadre d’une affaire de soupçons d’escroquerie en bande organisée, détournements de fonds par personne dépositaire de l’autorité publique, prises illégales d’intérêts, corruption passive, c’est une chape de plomb qui s’abat sur la cité balnéaire qu’il dirige depuis des années.
Quand, dans la foulée, les médias dévoilent que le maire aurait été influencé dans ses choix par une voyante, Sophia Martinez, dans le but d’offrir à cette dernière de nombreuses largesses (financement d’une véranda, d’un mariage…) c’est pire que tout.
La ville d’Agde devient la risée. Partout, on ironise sur la chute du maire qui écoutait “La voix” supposée être celle de son père mais qui était en fait celle de la voyante douée en ventriloquie. Le maire n’aurait découvert qu’en garde à vue la supercherie… L’homme politique, tout comme la voyante, vont rester trois mois en détention provisoire avant de pouvoir sortir de prison et quitter l’Hérault sous contrôle judiciaire.
Depuis un an, la pression médiatique est retombée, mais le travail des enquêteurs et de deux magistrats instructeurs avance. Lentement, mais sûrement, le dossier s’épaissit. Au mois de janvier 2025, pas moins de 17 personnes avaient été mises en examen dans le cadre de ce dossier, selon le parquet de Béziers. Des dizaines d’autres ont été entendues par les magistrats et les enquêteurs.
Aujourd’hui, Sophia Martinez, qui avait été exilée à Strasbourg, a pu se rapprocher de sa famille et vit désormais dans l’Aveyron. Gilles d’Ettore, lui, est toujours dans le Périgord où il vit chez un ami. Dans l’attente d’une décision de justice qui allégerait son contrôle judiciaire et lui permettrait de revenir dans l’Hérault. Pour l’heure ses proches, tout comme ceux de Sophia Martinez, se refusent à toute prise de parole.
À Agde, si le début de l’affaire avait froissé les habitants, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Une grande majorité se moque de ce qui est arrivé. Beaucoup avancent même un retour probable de Gilles d’Ettore en politique, à un an des municipales. Les procédures, elles, devraient se poursuivre plusieurs mois encore.
Sébastien Frey, l’ancien premier adjoint, est devenu maire d’Agde le 7 juin 2024. À un an des prochaines élections municipales, il se retrouve chahuté, voire bousculé par son opposition. Dans la cité agathoise, les rumeurs vont bon train : on avance des théories selon lesquelles, l’ancien maire agirait, en sous-main, pour faire battre son dauphin.
Rumeur ou pas, certains, sous couvert l’anonymat, craignent que l’équipe municipale en place ne soit pas en capacité de freiner les ardeurs du Rassemblement national. Un élu de la majorité raconte : "Gilles savait faire. Il avait la force, le réseau pour éteindre toutes les velléités de l’extrême droite. C’était un combattant, un vrai politique. Je ne suis pas certains que nous y arriverons…"
Jean-Pierre Amarger
Publié le : Vendredi 21 mars 2025
Sébastien Frey n’a que très peu apprécié le comportement de certains élus d’opposition la semaine dernière
MIDI LIBRE - MICHEL DESNOS
Midi Libre 18/03/2025
Dans un communiqué de presse adressé à la rédaction de Midi Libre mardi 18 mars, le maire Sébastien Frey revient sur les dernières tensions politiques avec l’opposition et clôt la séquence d’un conseil municipal qui aura décidément beaucoup fait parler.
"Le déroulement du dernier conseil municipal est venu confirmer la volonté évidente de l’opposition de procéder à une forme de pourrissement de la vie politique locale", estime Sébastien Frey. "Diffusion de fausses informations, polémiques déconnectées de toutes réalités, accusations diffamatoires, attaques personnelles, manœuvres ayant pour but de ralentir les débats, mises en scène visant à se victimiser, l’opposition use de toutes les manipulations pour dégrader le débat public sans se préoccuper le moins du monde de l’intérêt des Agathois."
Dans son viseur, Thierry Nadal, candidat du groupe "100 % Agde" : "Monsieur Nadal, plus que tout autre, s’est fait l’incarnation de ce choix de la médiocrité, de la mauvaise foi et de la fausse bonne conscience. Son ego et la joie mauvaise qui l’anime depuis un an le poussent à tous les débordements, que ce soit en conseil municipal ou dans les médias. Mû par une avidité revancharde qui lui fait perdre tout sens de la mesure, son comportement “mélenchonesque” ternit notre démocratie locale."
Maire d’Agde depuis le mois de juin dernier, Sébastien Frey prévient : "je ne me laisserai pas entraîner dans cette dérive qui est aux antipodes de ma conception de la politique. L’équipe municipale, qui œuvre quotidiennement au service des Agathois, plus que jamais unie par cette même volonté d’agir, restera à distance de ce débordement qui déshonore leurs auteurs et contribue à salir notre cité. Tous les projets que nous mettons en œuvre sont conformes aux engagements que chacun des élus de la majorité a pris devant les Agathois en 2020 et qui ont été validés par le suffrage universel. Monsieur Nadal oublie qu’ils ont été, lui et son absence de projet, repoussés clairement par les électeurs. On ne fait pas de politique sans projet. On ne fait pas de politique sans conviction. On ne fait pas de politique sans générosité et sans humilité. J’ai lors du dernier conseil municipal laissé le débat se prolonger durant 4 heures et 30 minutes, répondant inlassablement aux mêmes questions, pour la plupart déconnectées des enjeux qui nous concernent tous. Je tiens à saluer l’administration qui à mes côtés œuvre avec abnégation et compétence pour assurer une bonne tenue des échanges et répondre elle aussi inlassablement aux questions faussement techniques dont elle est abreuvée. Non Monsieur Nadal, pour reprendre votre expression, le diable n’est pas dans les détails. Il est dans votre tête et dans votre incapacité à vous élever à la hauteur des aspirations de nos concitoyens"
Olivier raynaud
Publié le : Mardi 18 mars 2025
© MIDI LIBRE - MICHEL DESNOS
Midi Libre 17/03/2025
La séance du mercredi 12 mars a duré plus de 4 h 30, ce qui n’est pas fréquent à Agde. Deux élus d’opposition reviennent, dans des communiqués adressés à la presse, sur cette drôle de soirée.
Suite au conseil municipal du mercredi 12 mars, au cours duquel le budget 2025 a été adopté, le candidat du groupe “100 % Agde”, Thierry Nadal, a tenu à revenir sur cet épisode politique : "La presse locale a eu raison de parler d’un conseil municipal sans précédent", estime-t-il. "Sans précédent par sa longueur : 4 h 35 ! Sans précédent car à guichets fermés. Sans précédent parce qu’il suit une annulation des débats (le 26 février dernier, NDLR) lorsque la propre majorité du maire l’avait lâché trois heures avant le début des dernières délibérations. Alors certes, ce conseil municipal a été laborieux. D’abord parce qu’il concernait le vote du budget, une discussion technique dans laquelle le diable se cache souvent dans les détails de centaines de pages chiffrées. Et le diable était bien présent, relevé point par point par Thierry Nadal et son équipe, face à un maire en souffrance qui se défaussait lâchement sur ses directeurs administratifs. Il fallait en passer par là, car ce budget illustrait l’amoncellement de duperie, de fausseté, d’erreurs volontaires. Devinez qui va payer la facture ? Nous pensons que ce psychodrame du budget constitue un tournant politique, actant la faiblesse du maire en place. »
Le médecin agathois estime que lui et son équipe ont "le devoir de préparer l’avenir. Il est temps de se concentrer sur des projets concrets pour les familles : le bien-être, la sécurité, l’emploi, le logement, la voirie, l’éclairage, l’équipement de la police municipale ou des clubs de sports, et pas cette passerelle inutile sur l’Hérault ! Il est temps de mettre en place les actions concrètes, qui protégeront des aléas leurs proches et les biens des Agathois. Il est temps de gérer avec bon sens et en bon père de famille, plutôt qu’en héritier flambeur, une ville qui a tant d’atouts. Nous le devons aux Agathois qui nous suivent, de plus en plus nombreux, jusqu’aux marches de la mairie"
Conseillère municipale du Rassemblement national, Fabienne Varesano revient elle aussi sur ce conseil municipal, "qui a offert une parfaite illustration de théâtre démocratique où l’éloquence creuse a remplacé la substance", estime-t-elle. "Pourtant face à des interrogations techniques et documentées, l’opposition s’est heurtée à une stratégie d’évitement systématique, à des affirmations manifestement fausses, à des promesses de réponses futures masquant mal l’incompétence ou encore à des procédures entachées d’irrégularités juridiques flagrantes. Ces pitoyables esquives ne font illusion pour personne", assène-t-elle, avant d’ajouter : "concernant le budget, le spectacle fut consternant : ni le maire ni ses adjoints n’ont su répondre avec précision à la moindre question chiffrée. Ont-ils seulement lu le document qu’ils nous demandaient de voter ? "
Olivier Raynaud
Publié le : Mardi 18 mars 2025
La passerelle piétonne et cyclable reliera la Promenade au château Laurens. VISUEL AGENCE GUILLEMIN
Midi Libre 14/03/2025
Les élus agathois ont débattu du sujet lors du conseil municipal du mercredi 12 mars. Sans surprise, l’opposition se veut très critique sur ce projet défendu par le maire Sébastien Frey, convaincu que la revitalisation du centre historique passe par là.
Vous voulez un autre sujet qui divise les élus locaux ? Ce pourrait être le parking souterrain en construction sur le bas de la Promenade, projet dont on reparlera souvent dans les mois qui viennent, mais mercredi dernier en conseil municipal, c’est de la passerelle piétonne sur l’Hérault dont il a été question, à l’occasion du vote d’approbation des travaux.
Oui, un ouvrage qui se veut esthétique, "jeté sur l’Hérault", comme l’image le maire Sébastien Frey, qui permettra de cheminer du centre historique vers le parc de Belle Isle et le château Laurens, moyennant une enveloppe de 7,4 M€ TTC, financée par la Ville à hauteur de 60 %. De quoi envisager la cité sous un autre angle, mais pas forcément pour l’opposition, qui ne voit rien de bon dans cette affaire.
Patrick Dumont, pour le groupe “Agde juste, verte, sûre” de Thierry Nadal, pense que ces 7,4 M€ ne sont pas "le coût global de ce projet. Je ne vois ni les coûts de maîtrise d’œuvre déjà engagés pour un montant de 700 000 €, ni les coûts de l’encorbellement contournant le Moulin des Évêques. Ainsi, votre présentation me semble un peu singulière pour ne pas dire trompeuse, car nous sommes déjà à plus de plus de 8 M€."
Sébastien Frey l’assume, "la revitalisation de notre cœur de ville passe aussi par cette passerelle. Ce redressement engagé est possible en créant un lien fonctionnel et visible. Les projets de réhabilitation passent aussi par du beau." Une esthétique qui laisse froide l’élue du Rassemblement national Fabienne Varesano, pour qui "la réfection des voiries de la ville" et, plus étonnant, "la rénovation du quai de la Trirème, en piteux état" seraient des dépenses plus indiquées. "D’autant que les piétons peuvent très bien emprunter l’actuel pont des Maréchaux pour se rendre au château Laurens", estime-t-elle. "Cette passerelle, c’est un petit caprice, de la gabegie. Vos projets sont délirants."
Pour le coup, ce sont les Agathois et les touristes qui jugeront du bien-fondé de ce projet.
Olivier Raynaud
Publié le : Samedi 15 mars 2025
Malgré la volonté de rompre le contrat de DSP, une quarantaine de nouvelles habitations vont être installées cet été à la Clape. VISUEL COTTAGE PARKS
Midi Libre 15/03/2025
Le président de la société, François Cros, a déjà investi plusieurs millions d’euros à la Clape et à la Tamarissière et augmenté le chiffre d’affaires. Il regrette aujourd’hui un dialogue compliqué avec Sébastien Frey et ses équipes.
Depuis quatre ans maintenant et ce jusqu’en 2038, la société Cottage Parks s’est vue confier la gestion et la commercialisation des campings municipaux de la Clape et de la Tamarissière, dans le cadre d’une délégation de service public. Une DSP qui prévoyait à sa signature un plan d’investissement de 15 millions d’euros, ainsi que le versement d’un loyer à la commune qui se voulait progressif, dans une fourchette moyenne de 1,3 M€ par an. Moins élevé en début de contrat (670 000 € en 2023 par exemple), mais plus important dans les dernières années (2,2 M€ en 2038). Jusqu’ici, tout allait bien.
Mais dans le sillage de l’association citoyenne Agathé, des voix se sont élevées contre les aménagements effectués par l’opérateur sous les pins classés de la Tamarissière, notamment l’installation de quarante d’habitations légères de loisirs et la construction d’un lagon, le tout avec l’assentiment de l’ancien maire Gilles d’Ettore, proche de François Cros. Oui mais voilà, l’affaire dite de la voyante est passée par là il y a un an, entraînant la démission de Gilles d’Ettore de l’ensemble de ses mandats. "Cette affaire nous a mis en difficulté", souffle l’exploitant, qui n’a pas renié son amitié pour autant.
Reste que l’arrivée de Sébastien Frey dans le fauteuil de maire, en juin dernier, a changé la donne. Notamment dans le message adressé par la Ville à Cottage Parks, que l’on pourrait traduire par : “désormais, il faut faire les choses dans les règles.”
Pour s’être affranchi de quelques règles d’urbanisme justement, dans cette zone naturelle hautement contrainte, Cottage Parks pourrait perdre en appel le mois prochain devant le tribunal administratif et être obligée de démonter ses nouvelles habitations. Ce qui en pleine période de réouverture, serait effectivement un coup dur porté au camping de la Tamarissière, alors même que les chiffres de fréquentation et les résultats nets de ces derniers exercices sont bons. Une situation qui pousse l’homme d’affaires à aller plus loin, en demandant purement et simplement la résiliation de la délégation de service public.
"Nous avons beaucoup investi, comme cela était prévu et même un peu plus. À la fin de cette année, nous en serons à 25 millions d’euros d’investissements", explique celui qui va même créer cet été de nouvelles installations à la Clape, avec des habitations mobiles regroupées en mode Bali tout autour d’un lagon. "Il faut bien continuer d’avancer, car je ne sais pas de quoi demain sera fait", justifie François Cros, qui a visiblement du mal à renouer le contact avec la Ville. "J’ai l’impression que Sébastien Frey m’a pris un peu en grippe… On a discuté, j’ai rouvert le camping aux promeneurs cet hiver et quinze jours après, je recevais des mises en demeure de la mairie. J’en ai marre, je ne peux plus travailler comme ça."
Évidemment, si résiliation il y avait, et nous en sommes encore loin, il y aurait des discussions autour de la question des compensations financières que devrait payer la commune. François Cros n’a pas souhaité évoquer le sujet, mais le chiffre de 30 à 40 millions d’euros circule ! De quoi faire réfléchir tout ce petit monde, qui va de toute façon devoir discuter, trouver des solutions. Notamment sur le devenir de la pinède de la Tamarissière, en péril si l’on en croit le délégataire."Ce site patrimonial remarquable repose notamment sur sa forêt. Or, elle est attaquée par un insecte, le scolyte et se meurt peu à peu. Il y a 100 à 150 arbres à abattre et nous menons actuellement une évaluation avec les services de l’ONF, avant une étude paysagère. Ce serait aussi à la Ville de s’en occuper." Mais en l’état des relations, l’avenir du camping s’écrit aujourd’hui en pointillé.
Olivier Raynaud
Publié le : Samedi 15 mars 2025
© MIDI LIBRE - MICHEL DESNOS
Midi Libre le 13/03/2025
Les élus agathois ont offert un piètre spectacle, si l’on peut dire, mercredi 12 mars. À un an des élections municipales, cela n’augure rien de bon sur la bonne tenue des débats d’ici cette échéance électorale.
Depuis près d’une quinzaine d’années que nous observons la vie politique agathoise, jamais il ne nous a été donné de ressentir une telle atmosphère dans l’hémicycle municipal, faite de tension, de défiance et d’arrogance mêlées.
Le 30 janvier dernier, lors du rapport d’orientation budgétaire, c’est d’abord le conseiller municipal d’opposition André Figueras, le monsieur chiffres du groupe “Agde juste, verte, sûre”, qui quittait la salle, irrité que le maire Sébastien Frey ait mis un terme au débat un peu vite à son goût, entraînant de fait ses colistiers dont Thierry Nadal, un peu surpris quand même, dans son sillage.
Le 26 février, ces mêmes élus d’opposition (et ceux de la majorité par la même occasion), apprenaient au dernier moment que le conseil municipal au cours duquel le budget 2025 devait être voté, était finalement reporté au 12 mars sur décision du maire, qui n’avait officiellement pas anticipé la désaffection de ses élus en raison des vacances scolaires. Décision pour le moins étonnante, même si l’on peut penser que le mouvement de protestation des employés de la Sodéal la veille, eux qui doivent passer sous giron municipal et qui demandaient des garanties, n’y est évidemment pas étranger. Autant d’événements qui n’ont fait que décupler le ressentiment d’une opposition déjà très véhémente depuis la démission de l’ancien maire Gilles D’Ettore, en mai dernier.
C’est donc peu dire que le conseil municipal de mercredi sentait la poudre. D’ailleurs à 18 h, image rare, plus aucun siège n’était disponible dans la salle. Qu’on ne s’y trompe pas : les Agathois ne se sont pas soudainement pris de passion pour les questions budgétaires. Mais de la majorité à Thierry Nadal ou au Rassemblement national, on avait pris soin de mobiliser les siens, histoire de marquer les esprits et, sans doute, de se donner du courage. Ce soutien inhabituel a-t-il poussé certains élus à en faire trop ? On peut se poser légitimement la question.
Sur les chiffres maintenant. Clémence Raphanel, adjointe aux finances de la Ville, a annoncé que sur les 120 millions d’euros de budget, "86,2 M€ étaient con, sacrés au fonctionnement et 34,5 M€ aux investissements." Un budget 2025 "centré sur la suite des investissements engagés et la fin des grands travaux prévus lors de ce mandat" et qui confirme surtout une chose : Agde est une ville qui a beaucoup d’argent, ce qui autorise bien des projets.
Première à prendre la parole, Fabienne Varesano (RN), regrettait d’ailleurs "que ce budget soit dans la continuité de la mégalomanie de votre prédécesseur", lançait-elle à Sébastien Frey. "Il serait bon de retrouver le sens des réalités car vous dépensez de l’argent que vous n’avez pas. Vous continuez avec des délires (elle fait référence notamment à la passerelle piétonne sur l’Hérault, dont le prix avoisinera les 7 millions € HT, NDLR) qui coûtent beaucoup aux Agathois." Pour celui qui s’était promis "de rester cool" et qui a patiemment écouté les arguments des uns et des autres durant les presque 5 heures de conseil, la charge était rude. "Je ne suis pas devenu mégalo en six mois, je reste les pieds sur terre", rétorquait-il. "Vous vous trompez en disant que nous dépensons l’argent que nous n’avons pas. Car l’investissement est financé en grande partie par l’autofinancement dégagé, résultat de la bonne gestion de la section fonctionnement."
De son côté, André Figueras a cru bon d’ironiser, au risque de perdre l’attention de tous, sur des indicateurs qui, selon lui, "avaient doublé par rapport à l’an dernier : les dépenses de fonctionnement par habitant sont passées de 1 125 € en 2024 à 2 479 € en 2025. Pareil pour les recettes de fonctionnement par habitant qui doublent, passant de 1 321 € à 2 859 €." Ce que l’élu d’opposition savait évidemment trop gros pour être vrai, le DGS de la Ville Yannick Hivin, expliquant de longues minutes plus tard "que la nomenclature comptable avait en effet évolué cette année", ce qui explique ce différentiel important.
Un exemple parmi d’autres du chipotage, des inexactitudes, approximations et autres attaques ad hominem qui ont ponctué ce vote du budget, au nom évidemment de l’intérêt général et des Agathois. Qui, et c’est heureux, n’ont pour la quasi-totalité d’entre eux pas assisté à ce drôle de spectacle, qui n’a pas grandi la politique locale.
Olivier Raynaud
Publié le : Jeudi 13 mars 2025
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Midi Libre 26/02/2025
Le conseil municipal d’Agde, qui devait avoir lieu ce mercredi 26 février, vient d’être reporté à la dernière minute. Le maire Sébastien Frey explique qu’il n’avait pas anticipé la désaffection de ses élus en raison des vacances. L’opposition dénonce un "amateurisme".
À quelques heures du conseil municipal qui devait se tenir ce mercredi 26 février, à Agde, le maire Sébastien Frey a annoncé qu’il reportait la séance de deux semaines, soit au 12 mars. "Il y avait beaucoup d’élus absents. Or, je n’allais pas faire voter un budget de 120 millions d’euros avec un quorum juste atteint", a-t-il expliqué à Midi Libre. "Ce n’est pas l’image d’un conseil municipal qui doit adopter un budget. Et on avait un mois de marge pour le budget." "C’est ma faute", ajoute-t-il, en évoquant son manque d’anticipation.
Le 12 mars, l’ordre du jour sera identique. La remunicipalisation de la Sodéal, la Société d’économie mixte gestionnaires des ports de la ville, qui inquiète la soixantaine de salariés venus manifester devant la mairie ce mardi 25 février, veille du conseil initial, sera donc soumise aux élus.
Mais ce report "n’a rien à voir avec la Sodéal", certifie Sébastien Frey. "La décision de remunicipalisation a été annoncée dès septembre dernier. Elle est dans l’intérêt de la ville et je la mettrai en œuvre. La soixantaine d’agents n’a aucune raison objective de s’inquiéter, ils conserveront leur niveau de rémunération, ne perdront rien au niveau de leurs conditions de travail." Quant aux fonctions de direction actuellement occupées par David Masella elles seront remplies par un directeur désigné par le maire.
Consternation dans l’opposition Dans les rangs de l’opposition, Thierry Nadal indiquait en milieu d’après-midi, toujours ce mercredi : "Nous venons d’apprendre, à 15 h 30, l’annulation du conseil du jour." Et il estimait pour sa part : "Nous attribuons cela aux dissensions internes à la majorité et à la peur de ne pas atteindre le quorum. Cela trahit l’amateurisme de cette équipe."
De son côté, Fabienne Varesano, élue du Rassemblement national soulignait : "C’est avec consternation qu’en tant qu’élus nous avons reçu, seulement 2 heures 30 avant la séance prévue, l’annulation du conseil municipal par le maire. Le prétexte invoqué : "L’absence de nombreux élus en cette période de vacances." Une excuse qui sonne creux quand on sait que l’ordre du jour comportait des dossiers cruciaux." L’élue du RN ajoutait : "La vérité est claire, est-ce que M. Frey ne contrôle plus sa majorité, ou fuit-il simplement ses responsabilités quand la pression monte ?"
Melissa Alcoléa
Publié le : Jeudi 27 février 2025
© Midi Libre
Midi Libre 25/02/2025
Ils ont manifesté devant la mairie d’Agde, ce mardi 25 février, pour dire leurs inquiétudes quant à leur avenir, alors que la société d’économie mixte, gestionnaire des ports, doit être remunicipalisée.
Ce mardi 25 février, à la veille du conseil municipal, qui doit acter une étape clé de la remunicipalisation de la gestion des ports du Cap-d’Agde, les salariés de la Sodéal ont débrayé et, à 10 h 15, se sont rendus à la mairie.
Leur objectif : exprimer leurs inquiétudes quant à l’avenir de leurs emplois et de leurs conditions de travail face à ce projet annoncé en septembre dernier. Les salariés dénoncent "une absence de garanties" sur leur maintien en poste. Les représentants syndicaux pointent "un manque de communication et une absence de document officiel attestant du maintien des conditions de travail actuelles". Ils auraient souhaité avoir des réponses avant le conseil municipal prévu ce mercredi 26 février où ce sujet sera abordé dans le 9e dossier à l’ordre du jour, présenté par l’élue Clémence Raphanel. Cette remunicipalisation entre dans une coordination des infrastructures publiques, éléments majeurs de l’activité locale et estivale. "Le maire va vous recevoir"
Après avoir stationné une dizaine de véhicules devant l’hôtel de ville et être entrés dans le hall, c’est le directeur général des services, Yannick Hivin, qui, dans un premier temps, est venu à leur rencontre : "Le maire va vous recevoir, mais une délégation de 3 à 4 personnes seulement. Veuillez aussi enlever les véhicules qui bloquent l’entrée de la mairie." Refus des agents de la Sodéal. "C’est tous ou aucun, pas de huis clos." Les camions ont été déplacés. "Le but n’étant pas le blocage mais de montrer notre mécontentement", explique un agent de la Sodéal.
Après maintes rencontres et échanges avec le maire, Sébastien Frey, depuis plus de 6 mois, les agents souhaitent avoir des réponses écrites concernant la garantie de leur emploi et salaires lorsque la Sodéal passera en régie municipale, que la totalité des agents soient maintenus dans leurs fonctions. Ils sont aussi inquiets pour la situation de trois d’entre eux et ils souhaitent garder leur directeur, David Masella.
Au final, après avoir reçu la délégation conduite par le délégué syndical Sébastien Delhay, le maire, Sébastien Frey, est venu parler à l’ensemble des agents rassemblés sur le parvis de la mairie. "Nous avons bien compris vos inquiétudes. Je ne pouvais vous répondre avant car nous devions nous renseigner sur tous les aspects pratiques, juridiques, comptables avant de finaliser ce dossier. C’est maintenant chose faite. Vous aurez les réponses écrites cet après-midi, elles seront transmises directement au CSE." Les agents ont écouté, puis accepté, attendant le protocole écrit dans l’après-midi. Si ce n’était pas le cas, ils reprendront immédiatement leurs actions.
Publié le : Jeudi 27 février 2025
Midi Libre 01/02/2025
Par communiqués de presse interposés, les conseillers municipaux d'opposition réagissent à un conseil municipal pour le moins agité, dans la droite ligne des tensions constatées depuis la révélation de l'affaire Gilles d'Ettore.
Le débat d’orientations budgétaires qui s’est déroulé lors du conseil municipal du jeudi 30 janvier, a vu les conseillers municipaux du groupe “Agde juste, verte, sûre” quitter la salle. Dans un communiqué, ils reviennent sur cet épisode. " “Maintenant, c’est plus simple ! ” : voilà ce qu’a dit Sebastien Frey, après que l’ensemble du groupe d’opposition autour de Thierry Nadal a décidé de quitter le conseil en pleine séance, à la suite d’une passe d’armes entre André Figueras, Thierry Nadal et le maire.
Quelques minutes auparavant, mis en difficulté par les questions d’André Figuéras, il n’avait cessé de marteler : “le débat est clos”, refusant ainsi toute discussion. C’est vrai que quand il n’y a plus d’opposition, c’est beaucoup plus simple. Quand il n’y a personne pour interroger les chiffres et les calculs douteux qui engagent l’avenir de tous les Agathois, c’est plus simple […] C’est vrai que quand on monologue des heures en s’écoutant parler sans tenir compte des personnes présentes, c’est plus simple.
C’est vrai que quand on exclut du budget les coûts de la remunicipalisation de la Sodeal, en disant haut et fort que “cela ne coûtera rien”, alors que la mairie a déjà dépensé 65 000 € et que ce n’est pas fini, c’est plus simple. C’est vrai que quand on arrange les chiffres ou les dates pour masquer la réalité, c’est toujours plus simple. C’est vrai que dire qu’on “poursuit tout ce qui a été fait avant” sans jamais ne citer le nom de Gilles d’Ettore, et que ce dernier n’est pas là, c’est encore plus simple.
Mais voilà, les insultes d’un maire par intérim sont indignes d’un maire d’envergure. Se comporter en petit tyran en essayant d’endosser le costume d’un mini d’Ettore ne fait peur à personne. Sébastien Frey est coincé entre son seul modèle politique, Gilles d’Ettore, et l’obligation de s’en émanciper et ce n’est pas si simple."
Selon la conseillère municipale RN Fabienne Varesano, "dans un contexte de tensions croissantes au sein du conseil municipal, il est impératif d'alerter les citoyens sur la dégradation préoccupante du débat démocratique dans notre ville. Lors du dernier conseil municipal, sur la délibération consacrée au rapport d'orientations budgétaires 2025, les échanges ont confirmé des dysfonctionnements majeurs.
Il est important de souligner que même si les interventions de M. Nadal ne sont pas très claires et pas toujours faciles à suivre, cela n'enlève en rien l'obligation pour M. Frey de répondre aux questions de l'opposition. Son style de gouvernance despotique, qui se manifeste notamment lorsqu'il déclare unilatéralement le débat clos, révèle une conception personnelle et dictatoriale du pouvoir municipal.
Cette décision arbitraire a provoqué le départ anticipé de l'autre opposition, illustrant une gestion municipale manquant de transparence et de respect du dialogue contradictoire. Les méthodes tyranniques de M.Frey ne font qu'accentuer la fracture au sein du conseil municipal et la démocratie locale ne peut fonctionner sans transparence ni respect du débat contradictoire. Il serait souhaitable que M. Frey daigne enfin abandonner sa posture autoritaire et répondre sérieusement et concrètement aux questions, bien que parfois embarrassantes, qui lui sont posées.
Ces pratiques ne font qu'amplifier l'opacité d'une gestion municipale déjà particulièrement trouble. Les Agathois méritent des débats constructifs et une gouvernance exemplaire. Je réitère mon appel à une gestion municipale plus ouverte et respectueuse des principes démocratiques, en rupture avec l'exercice autoritaire du pouvoir que nous subissons actuellement. Pour ma part j'ai choisi de rester et de siéger, alors seule membre d'opposition.
Quitter la salle aurait été une abdication face à cette dérive totalitaire qui nécessite au contraire persévérance."
Olivier Raynaud
Publié le : Lundi 03 février 2025
Adhérents et élus ont rappelé les actions de l’année écoulée © DIDIER BOURIAU
116 des 126 adhérents du club étaient présents au Centre nautique pour participer à l’assemblée générale. Qui a confirmé la bonne santé de l’association.
L’association des Palangriers d’Agde et du Cap a tenu son assemblée générale au Centre nautique du Cap-d’Agde, en présence notamment du maire d’Agde, Sébastien Frey, du président de la Sodéal, Stéphane Hugonnet, et du directeur de la société, David Masella.
Sur les 126 adhérents que compte l’association, 116 ont participé à cette assemblée, prouvant ainsi leur attachement à leur association.
L’occasion pour le président Alain Lassierra de revenir sur les manifestations qui sont organisées tout au long de l’année et qui sont autant "de moments de convivialité : cortège pour la Fête de la mer en souvenir des marins disparus, les sardinades, concours de pêche et diverses soirées pendant la saison estivale. C’est important et cela permet d’assurer un lien fort entre nous tous", a-t-il rappelé.
Historiquement, l’association des Palangriers est le plus ancien club du Cap-d’Agde. Il fut créé en 1969 et, en 1973, les membres fondateurs se sont vus attribuer un bassin qui compte à ce jour 73 anneaux et qui, sans surprise, affiche complet. Une particularité toutefois : les palangriers ont en charge l’entretien du bassin, des quais, des pontons, mais aussi des réseaux d’eau, d’électricité…
Certes les bateaux sont un peu serrés et tous les équipements ne sont pas présents comme dans les autres bassins, mais il n’en demeure pas moins que ce qui fait la force de ce club, c’est la convivialité et surtout l’entraide. En 2024, par exemple, deux pontons ont été rénovés par les adhérents, pour un montant de 6 000 €.
Le maire a d’ailleurs insisté sur la convivialité de cette association, son dynamisme : "Vous contribuez, au quotidien, à l’entretien du bassin où sont amarrés vos bateaux. Merci de votre implication car vous participez aussi à l’animation du port et de ses festivités." Sébastien Frey qui concluait cette assemblée générale par un véritable appel aux adhérents : "Ne changez rien et diffusez votre bonne humeur !"
À cette occasion, l’équipage capagathois de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), qui veille toute l’année et à titre bénévole sur les plaisanciers, s’est vu remettre un chèque de 300 € après un rappel des nouvelles consignes de sécurité en vigueur dès cette année.
Correspondant Midi Libre : 06 80 28 29 54
Publié le : Jeudi 30 janvier 2025
Le vieillisement des plaisanciers, un constat dont il faut tenir compte, y compris au Cap d’Agde.
MIDI LIBRE - MICHEL DESNOS
Midi Libre 09/12/2024
Organisé par l’Union des villes portuaires d’Occitanie, un colloque consacré à la plaisance, au tourisme ainsi qu’aux stratégies de développement à mettre en place, s’est tenu à Narbonne (11).
C’est un colloque qui intéressait au premier chef le port du Cap d’Agde qui s’est déroulé récemment à Narbonne, dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie.
En effet à l’heure où la ville d’Agde s’apprête à reprendre la gestion des équipements portuaires en régie municipale et donc de mettre un terme à l’existence de la Sodéal, le président de l’Union des villes portuaires d’Occitanie, Serge Pallarès, organisme dont le maire d’Agde Sébastien Frey est aussi le vice-président, n’a pas caché son pessimisme actuel, ni ses ambitions pour doper cette filière touristique.
Pour illustrer son constat, il a témoigné de la situation sur la façade atlantique. Et rappeler qu’il y a encore peu, il fallait sept ans pour y obtenir un anneau d’amarrage. Aujourd’hui, le renouvellement de la clientèle ralentit tant que du bassin d’Oléron jusqu’au Nord, il y a des places non pourvues.
"En Méditerranée, nous ne pouvons et nous ne nous devons pas d’attendre d’être impactés à notre tour !
La population des plaisanciers vieillit, une soixantaine d’années en moyenne, les coûts augmentent et nous nous devons d’entendre les demandes des clients. D’en attirer de nouveaux. Il faut donner un sens à la pratique du bateau. Acheter un navire, quel qu’il soit, c’est assouvir une passion. Et du coup, s’épanouir", a souligné Serge Pallarès.
Des propos venant en écho à ceux tenus par Boris Riu, directeur de la société Marine Center, qui vend et loue des bateaux depuis Saint-Cyprien (66) et le Cap-d’Agde. "Les plaisanciers ne savent pas quoi faire avec leur bateau", a asséné le chef d’entreprise. Même discours du côté des “boatclubs”, structures qui permettent des locations tous services inclus sur le littoral mais dont les clients restent parfois sur leur faim.
Ce colloque est venu confirmer les pistes avancées par le cabinet Idea quant au contexte plaisance-tourisme : les usagers des ports veulent des services de qualité, souhaitent "donner du sens à leurs vacances", "avoir un lien avec le patrimoine et les traditions maritimes."
Des thématiques défendues par le blogueur Hervé Grauby, lequel défend aussi l’impérieuse nécessité d’améliorer l’accueil dans les ports, surtout en matière de sécurité. "Il est indispensable d’avoir une réponse radio quand on s’annonce à l’entrée d’un port, d’être accompagné", dit-il. Plaisancière, Angélique Bleuset confirme une demande globale des personnes interrogées : selon elle, une aide à l’amarrage, d’un maître d’équipage dans les ports, peut être un atout majeur pour la destination.
Pour ce qui est du tourisme fluvial, sur le canal du Midi, Laurent Cyrot, chargé de mission auprès de la préfecture de Région, préconise lui aussi des liens entre l’eau et la terre. "Longtemps, le canal du Midi a été sectionné avec seize intercommunalités", rappelle-t-il. "Désormais, ce bien unique, qui fait l’objet d’une marque institutionnelle et d’un classement patrimonial universel, est un véritable réseau, notamment vers les terres." Il constate que "les Français, le long du canal, sont aujourd’hui au bord de l’eau, les étrangers sur l’eau.
Les adeptes du “slow tourisme” (tourisme lent) sont vieillissants. Dans un contexte où il fait de plus en plus chaud, où les arbres disparaissent, il y a nécessité de développer les ailes de saison. Le canal du Midi coche toutes les cases du tourisme d’aujourd’hui et demain. Il n’y a aucune raison qu’il ne se maintienne et développe pas", pense-t-il. Un constat qui intéresse la ville d’Agde, dans le cadre notamment du projet de création d’un port fluvial sur le canal du Midi, au niveau de l’hôtel Riquet.
Publié le : Mardi 10 décembre 2024
© Michel Desnos
Midi Libre 20/11/2024
Jusqu’au début du mois de janvier, la société Colas reprend l’ensemble de la zone.
Cela fait plus de dix ans que les professionnels du nautisme attendaient ça !
Depuis le début de la semaine, la société de travaux publics Colas est à pied d’œuvre sur la zone technique du Cap d’Agde, où les différentes entreprises ont fait place nette après le Salon nautique, pour laisser les engins travailler. Les journées de mardi et ce mercredi ont été consacrées au décroûtage de l’enrobé existant, qui affiche une cinquantaine d’années au compteur. Enrobé "qui sera recyclé pour moitié", précise-t-on chez Colas.
Rénover des milliers de mètres carrés d’enrobé est l’une des raisons premières de ce chantier. "Il est très important que le sol soit parfait lors des opérations de grutage", précise David Masella, le directeur de la Sodéal, qui a investi 619 000 € hors taxes dans ces travaux. Qui comprennent également la réfection de l’ensemble des réseaux et des évacuations, un poste très important sur un site où les effluents divers et variés issus des carénages de bateaux notamment, passent par des débourbeurs, des décanteurs et ne sont évidemment pas rejetés dans le port. La reprise de la pente est également prévue, afin d’éviter l’accumulation d’eaux stagnantes au centre de la plateforme.
Cette première phase est programmée pour durer quatre semaines. La seconde concernera la partie la plus ancienne de la zone technique, avec toujours la réfection de l’enrobé et surtout la création de deux nouveaux équipements.
"Une aire spécifique pour le carénage, quasiment sur le modèle des cabines utilisées par les carrossiers, va être installée. Elle permettra de récupérer toutes les particules", poursuit David Masella. Qui annonce également la mise en place "d’une unité de déconstruction de bateaux", ce qui n’est pas le moindre des avancées. Car depuis plusieurs années maintenant, la Sodéal a engagé une politique de fond auprès des propriétaires de navires en mauvais, voire en très mauvais état et qui ne quittent plus leurs amarres, afin qu’ils procèdent à la déconstruction de leurs navires. Une idée qui fait son chemin, même si la seule unité ad hoc se trouve aujourd’hui dans les Pyrénées-Orientales. "Nous allons donc pouvoir déconstruire nos bateaux au Cap d’Agde et le tarifer aux ports voisins", annonce le directeur de la Sodéal.
Olivier Raynaud
Publié le : Jeudi 21 novembre 2024
Midi Libre 03/11/2024
La cérémonie s’est déroulée en marge du salon nautique. Après requalification, les lieux offrent de nouveaux avantages aux plaisanciers.
Le maire, Sébastien Frey, a inauguré, ce samedi 2 novembre, les quais de la Trinquette et de Beaupré, accompagné de Stéphane Hugonnet, président de la Sodeal, ainsi que quelques membres du conseil municipal, du conseiller régional René Moreno, représentant la présidente de Région, et de membres de la SNCM.
"J’ai l’occasion d’inaugurer les quais de la Trinquette et de Beaupré à l’occasion du 25e anniversaire du salon nautique et nous nous félicitons de la réussite de cette réussite collective menée par la Sodeal", a souligné Stéphane Hugonnet.
Ces travaux de requalifications des quais, en parfaite cohérence avec les enjeux actuels, accessibilité, développement durable, permettront la réduction de nombreuses consommations de flux et énergétiques avec l’arrivée de la fibre optique mais aussi des bornes connectées pour la consommation de l’eau et d’électricité.
Avant de couper le ruban, le maire a mis en avant les travaux réalisés. "Nous avons la chance d’avoir ce troisième port public de France et nous avons également la chance d’avoir ce port au cœur de notre ville. Nous travaillerons encore sur l’acheminement des autres quais avec pour ambition de connecter les différents quartiers de notre station du Cap-d’Agde. Il s’agit de refaire le cheminement le long de nos plages. Qu’elle plus belle promenade d’aller de la jetée du Grau d’Agde jusqu’au port Ambonne ?"
Correspondant Midi Libre : 06 80 28 29 54
Publié le : Lundi 04 novembre 2024
Alors que sa détention provisoire avait été prolongée jusqu'au mois de décembre 2024, les juges d'instruction ont finalement accordé une remise en liberté sous contrôle judiciaire, après paiement d'une caution, au maire du Barcarès Alain Ferrand.
Le parquet de Marseille confirme ce jeudi 31 octobre que le maire du Barcarès Alain Ferrand sera bientôt remis en liberté, sous contrôle judiciaire. Une caution dont le montant n'a pas été dévoilé va être payée.
Son avocat, Me Henri de Beauregard confirme également l'information. Alain Ferrand sera libéré dans les prochains jours du centre pénitentiaire d’Aix-en-Provence, où il était en détention provisoire depuis six mois. "Ce n'est qu'une question de jours, le temps de signer les derniers documents et que les fonds soient débloqués pour payer la caution après ce week-end férié"" a-t-il indiqué. Cette libération fait suite à une décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, dans le cadre d’une enquête pour favoritisme et corruption.
Alain Ferrand avait été interpellé le 28 avril sur le tarmac de l’aéroport de Montpellier à son retour du Congo-Brazzaville. Il était accusé d’avoir favorisé la société Nordika, basée à Bolquère, dans l'attribution de marchés pour l’installation des chalets du Village de Noël du Barcarès.
Il avait été mis en examen pour plusieurs chefs d'accusation, dont "corruption par un élu public", "favoritisme" et "prise illégale d’intérêt". De plus, il était poursuivi pour "blanchiment" et "transfert non déclaré de plus de 50 000 euros en liquide provenant de l’étranger", selon le parquet de Marseille.
Malgré le prolongement de sa détention jusqu’à fin décembre, la cour d’appel a finalement décidé d’annuler cette prolongation, permettant sa libération prochaine.
Les mesures précises de son contrôle judiciaire seront connues d'ici quelques jours, mais les juges ont initialement requis le paiement d'une caution libératoire, une interdiction de paraître sur la commune du Barcarès, et une obligation de venir pointer, selon son avocat.
Le maire du Barcarès devrait être libéré lundi 4 novembre. Il est prévu qu'à sa sortie du centre pénitentiaire d'Aix-en-Provence, Alain Ferrand réside chez sa fille, à Montpellier.
Source info France 3 31 octobre 2024
Publié le : Dimanche 03 novembre 2024
Midi Libre 30/09/2024
Le Salon nautique a ouvert officiellement ses portes mercredi 30 octobre, avec une bonne nouvelle pour les plaisanciers.
Une fois n’est pas coutume, il y a eu des annonces de faites à l’occasion de l’inauguration de la 25e édition du Salon nautique du Cap d’Agde, mercredi 30 octobre.
Le temps pour Liliana Constanza, commissaire du salon, de remercier les différents partenaires présents à la tribune et de dire sa fierté "de voir qu’aujourd’hui, le salon régional des débuts est la troisième référence française après Cannes et La Rochelle", depuis la mise en sommeil du Nautic de Paris notamment, le maire d’Agde Sébastien Frey, pour son premier salon dans ses nouvelles fonctions, revenait sur une actualité nautique locale assez agitée ces dernières semaines.
Lors d’un récent conseil municipal, décision a été prise de remunicipaliser la gestion des ports du Cap d’Agde et donc de dissoudre la Sodéal, qui en assure la gestion dans le cadre d’une délégation de service public. Décision évidemment assumée par le maire, qui évoque "le repositionnement du port public du Cap d’Agde au cœur d’un projet de développement touristique. J’ai la conviction que le port est un équipement majeur, au même titre que le palais des Congrès, le golf, le Centre international de tennis ou le château Laurens. Tous ces équipements doivent être mis en réseau pour former un seul et unique projet de développement touristique."
Si la Sodéal a récemment rénové les quais de la Trinquette et de Beaupré, avant d’offrir un coup de neuf à la zone technique après le Salon nautique, c’est donc la Ville, à l’avenir, qui devra réaliser les investissements nécessaires, nombreux à en croire le dernier rapport de la Chambre des comptes d’Occitanie. Avec "deux chantiers majeurs qui seront lancés dans les mois, les années qui viennent", enchaînait Sébastien Frey. "Tout d’abord la création en entrée de port d’un centre de formation aux secours nautiques, en partenariat avec le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Le deuxième dossier concerne la zone technique. Nous souhaitons repenser, en termes d’urbanisme, sa fonction au sein de la station. Je suis partisan de l’ouvrir sur le cours des Gentilhommes, emprunté par des milliers de personnes en été, de manière que nos professionnels soient connus et reconnus."
Sous les yeux du néo-candidat Thierry Nadal, signe que la campagne des élections municipales de 2026 est bel et bien lancée, Sébastien Frey a quelque peu surpris son monde en annonçant "une baisse du prix des abonnements dans les ports du Cap d’Agde", mesure évidemment applaudie par les plaisanciers présents, alors même qu’on ne connaît pas encore le montant de cette baisse, qui doit être avalisée par le conseil d’administration de la Sodéal puis par le conseil municipal, avant d’être présentée au conseil portuaire. L’an passé, en raison de l’inflation, une hausse de 12 % avait été décidée par la direction de la Sodéal.
Olivier Raynaud
Publié le : Jeudi 31 octobre 2024
La gestion des ports et des berges de l’Hérault sera remunicipalisée d’ici 6 à 12 mois.
Midi Libre 20/09/24
Les élus étaient invités jeudi soir à se prononcer sur la pertinence de cette décision.
Il fallait s’en douter : l’annonce dans nos colonnes de la volonté du nouveau maire Sébastien Frey de remunicipaliser la gestion des ports du Cap d’Agde, mission à nouveau confiée à la Sodéal il y a quatre ans à peine, allait alimenter le débat.
Ce qui n’a pas manqué d’arriver jeudi soir, à l’occasion du conseil municipal de rentrée, où les élus devaient se prononcer sur principe même de cette remunicipalisation des services, ainsi que la dissolution consécutive de la société dont la Ville est actionnaire à 75 %.
L’occasion pour l’élue du Rassemblement national Fabienne Varesano, très centrée sur les questions portuaires, de s’interroger sur le retrait annoncé de la gouvernance de la Sodéal de la Banque des Territoires "pour des raisons stratégiques", précisait le maire Sébastien Frey, et de demander si c’était là "l’unique raison de cette décision, comme cela a été exposé lors d’une réunion avec le personnel de la Sodéal le 6 septembre dernier, où est-ce également en relation avec le rapport de la Cour régionale des comptes ?" Rapport qui, rappelons-le, avait pointé, entre autres critiques, "un déficit de contrôle des actionnaires", des rapports d’activité "lacunaires", des "instances désertées" ou un "sous-investissement" constaté dans les infrastructures.
Sans doute un peu des deux, même si Sébastien Frey a justifié cette décision "totalement assumée" par une volonté "de continuer à améliorer la coordination des équipements publics comme le port donc, mais aussi le Centre international de tennis, la Centre aquatique, le golf ou le palais des Congrès, qui participent à l’attractivité du territoire." Le maire qui table sur un délai "de 6 à 12 mois", pour intégrer pleinement la gestion du port en régie municipale, avec notamment un budget annexe dédié, "pour identifier clairement les recettes et les dépenses."
Ce timing justement, André Figueras, élu d’opposition du groupe “Agde juste, verte, sûre”, le trouve un peu précipité."Nous ne sommes pas à quelques mois près", estime-t-il. "Prenez le temps de réaliser une étude d’impact par rapport à cette remunicipalisation avant de nous demander de nous prononcer. Là, on ne sait pas combien cela vous coûter au contribuable agathois, faites les choses dans l’ordre." "Si nous délibérons aujourd’hui (jeudi), c’est justement pour avoir le temps de travailler sur le sujet", rétorquait Sébastien Frey.
Qui pense que "le pire des scénarios serait que la gestion des ports échappe à la collectivité", allusion à peine voilée aux grands groupes qui, ces dernières années, ont fait main basse sur plusieurs ports de plaisance français à l’issue d’appels offres. Pourtant, André Figueras se souvient très bien qu’il y a quatre ans à peine, c’est une société privée, la Sodéal en l’occurrence, qui avait été reconduite pour un bail de 20 ans."Et là, vous étiez d’accord", persifle l’élu d’opposition.
Mais depuis, l’affaire de Gilles D’Ettore et de la voyante est passée par là, offrant à Sébastien Frey une occasion rêvée de rompre avec la politique de son prédécesseur.
Olivier Raynaud
Publié le : Vendredi 20 septembre 2024
Midi Libre 06/09/2024
L’idée était dans les tuyaux, notamment depuis la publication du rapport de la Cour régionale des comptes d’Occitanie, qui avait pointé du doigt des dysfonctionnements. Le nouveau maire Sébastien Frey vient d’officialiser sa décision ce vendredi 6 septembre.
Dans l'oeil du cyclone depuis plusieurs mois et la publication d’un rapport salé de la Chambre régionale des comptes, la Sodéal, société d’économie mixte qui gère les ports du Cap d’Agde et exploitait en parallèle les deux campings municipaux de la Clape et la Tamarissière jusqu’en 2021, avant l’arrivée de Cottage Parks, ne sera bientôt plus qu’un souvenir.
Le nouveau maire d’Agde Sébastien Frey vient de nous l’annoncer en exclusivité ce vendredi soir, au sortir d’un été où il aura pris le temps de la réflexion. "J’avais annoncé que je mettrai à profit ljuillet et août pour faire un point sur la situation et réfléchir. Ma décision est prise." Une réunion avec le personnel de la Sodéal s’est déroulée ce vendredi 6 septembre, durant laquelle le personnel a été informé, " en plein accord avec le président de la société, Stéphane Hugonnet", précise Sébastien Frey. "Ma décision a été parfaitement comprise par les salariés qui continueront à exploiter le port. Ce sont des personnes tout à fait compétentes et leur statut d’agent portuaire ne changera pas."
Fondée à la fin des années 90 par l’ancien maire socialiste Régis Passérieux, la Sodéal ne sera plus d’ici quelques mois. "La transition sera effective dans le courant de l’année 2025", précise Sébastien Frey, qui assure que sa décision n’est pas simplement budgétaire. "Le Cap d’Agde est le troisième port de plaisance public de France. Financièrement, cela ne changera pas grand-chose. Dans le fonctionnement en revanche, cette remunicipalisation permettra une efficacité renforcée entre les différents services et une mise en synergie des équipements que sont les ports donc (port principal, port Ambonne au village naturiste, les berges de l’Hérault et le Centre nautique), mais aussi le golf, le Centre international de tennis, le palais des Congrès et le Centre aquatique ; Cinq structures qui ont un potentiel d’attractivité touristique indéniable."
Le rapport publié par la Cour des comptes il y a un an avait véritablement ébranlé la société. Déjà, Gilles D'Ettore, encore maire, s’était posé la question de remunicipaliser les ports de plaisance. C’est donc son successeur qui aura franchi le pas. "Bien sûr que j’avais pris connaissance des observations des magistrats de la Cour des comptes", explique Sébastien Frey. "Je ne peux les ignorer et la décision que je prends va quelque part dans ce sens."
Olivier Raynaud
Publié le : Vendredi 06 septembre 2024
Midi Libre 31/05/2024
Incarcéré pour corruption le 21 mars, l’élu a annoncé sa démission par courrier auprès du préfet de l’Hérault qui a annoncé par communiqué qu’elle est bien effective.
Incarcéré pour corruption le 21 mars, après avoir été arrêté en compagnie de la voyante Sophia Martinez, Gilles d'Ettore a démissionné de ses fonctions de maire d’Agde et de président de l’agglomération Hérault Méditerranée ce vendredi 31 mai par courrier en écrivant à la préfecture de l’Hérault, qui annonce dans un communiqué que cette démission est bien effective.
Gilles d'Ettore était maire d’Agde depuis 2001, et avait dans les premiers temps de son incarcération semblé vouloir conserver ses fonctions électives, tandis que l’opposition municipale avait demandé qu’il se démette des responsabilités.
"Sa situation actuelle lui apparaît préjudiciable aux institutions qu’il gouverne"
"Gilles d'Ettore a consacré sa vie depuis 2001 à ses administrés agathois et ensuite à ceux de l’agglomération" précise par ailleurs à Midi Libre Me Jean-Marc Darrigade, son avocat qui l’assiste depuis son interpellation dans cette incroyable affaire qui mêle détournements de fonds, octroi d’avantages indus et ésotérisme.
"Il n’a eu de cesse, 24 h/24, 7 J/7 depuis plus de vingt ans d’agir dans l’unique objectif de servir leurs intérêts. Sa démission s’inscrit dans cette logique. Sa situation actuelle lui apparaît préjudiciable aux institutions qu’il gouverne. Il souffre d’avoir été abusé, il souffre d’être privé de sa liberté, mais il redit que jamais cette situation n’a généré des atteintes aux intérêts des citoyens."
L’enquête menée par la PJ de Montpellier et les policiers agathois a établi que le maire avait accordé des avantages matériels et financiers à des proches de la voyante Sophia Martinez, qu’il consultait très régulièrement et appelait une dizaine de fois par jour, en étant persuadé qu’elle était en contact dans l’au-delà avec le défunt père de l’élu. La voyante utilisait ses talents de ventriloque pour se faire passer pour une créature surnaturelle, appelée "La Voix", "Papa" ou "l’Archange Mickaël", pour demander à l’élu d’agir en sa faveur.
À l’heure actuelle, onze personnes sont mises en examen dans ce dossier à tiroir, dirigé par deux juges d’instruction de Béziers, qui semblent loin d’avoir été au bout de leurs investigations. Seuls Gilles d'Ettore, écroué à Béziers, et Sophia Martinez, incarcérée à Nîmes, sont derrière les barreaux, après la remise en liberté d’un directeur régional de la société Eiffage, après une dizaine de journées passées en détention.
François Barrère
Publié le : Vendredi 31 mai 2024
Midi Libre 22/05/2024
Le commissaire enquêteur chargé de mener durant un mois l’enquête publique relative au renouvellement de la concession des plages de l’État en direction de la commune d’Agde a rendu ce mardi 21 mai un avis favorable.
Avec deux mois de retard sur le calendrier habituel, les concessionnaires de plages privées vont enfin avoir le feu vert pour commencer le montage de leurs établissements. C’est Sébastien Frey, 1er adjoint de la ville d’Agde, qui en a fait l’annonce ce mardi soir lors du conseil municipal qu’il dirigeait, en l’absence de Gilles D'Ettore, incarcéré depuis deux mois maintenant.
"S’agissant de l’enquête publique relative au renouvellement de la concession des plages de l’État en direction de la commune d’Agde, le commissaire enquêteur a rendu aujourd’hui (mardi 21 mai) un avis favorable. Le Préfet m’a également indiqué par courrier qu’il signera l’arrêté qui permettra l’exploitation des plages lundi 27 mai. Montage qui sera donc autorisé à partir du mardi 28 mai."
Une course contre la montre s’engage donc pour les professionnels, qui sont dans une situation délicate, alors que la Ville a procédé au renouvellement des concessions pour une durée de dix ans. Certaines payent déjà du personnel qui ne travaille pas encore, comme les chefs par exemple, alors que d’autres postes de travail ont été désertés en l’absence de perspective claire. Selon nos informations, certains établissements auraient même toutes les peines du monde à trouver des sociétés susceptibles d’assurer leur montage, qui prend entre trois semaines et un mois la plupart du temps. Autant dire que pour siroter un rosé les pieds dans le sable, il fauda attendre au mieux la mi-juin.
Olivier Raynaud
Publié le : Mercredi 22 mai 2024
Source TF1
Extrait Émission du dimanche 21 avril 2024
Note de la Rédaction :
- Les archives d'infocapagde créé en 2001 démontrent si nécessaire que Monsieur D'Ettore s'autorise depuis longtemps des écarts vis à vis de la législation des ports.
- La Chambre Régionale des comptes a invité sans succès et à plusieurs reprises Monsieur le Maire à rectifier ses écarts de gestion.
- Les plaisanciers ont créé le Collectif des Plaisanciers du Cap d'Agde en 2013 pour lutter contre les irrégularités de gestion et l'absence de transparence des comptes. ( non conformités CLUPP et Conseil Portuaire )
- Une plainte au Tribunal administratif est en cours concernant une irrégulatité tarifaire en 2023 et une plainte pour détournement de fonds et suspicion d'escroquerie tarifaire est en préparation.
- Signalement de graves irrégularités dans la gestion de la Sodeal non pris en compte par le Maire au Procureur de la République d'un Conseiller Portuaire le 27 mars 2024.
Vous avez raison Monsieur le Maire, cela fait 22 ans que deux personnes vous écrivent pour vous inviter à appliquer la loi, vous ne répondez jamais.
Audio du Conseil municipal du 19 décembre 2023, il n'y a rien à ajouter.
Publié le : Lundi 22 avril 2024
Midi Libre 18/04/2024
Depuis lundi, la Ville d’Agde s’est constituée partie civile dans le cadre de l’affaire D’Ettore. Sébastien Frey a aussi, avec l’accord de la majorité demandé au maire de prendre ses responsabilités pour clarifier la situation face aux Agathois.
Sébastien Frey est grave, gêné d’évoquer cette situation. Il a pris une résolution qu’il n’aurait jamais imaginé prendre, en 23 années de collaboration avec Gilles D'Ettore. Mais la situation délicate que vivent les élus Agathois exige de la clarté, depuis que le maire d’Agde a été placé en détention provisoire, ainsi que la voyante, qu’il voyait depuis quatre ans.
Note de la Rédaction :Monsieur Frey sera-t-il le prochain interlocuteur des plaisanciers ?
Publié le : Vendredi 19 avril 2024
Source Journal Le Monde
Publié le 18/04/2024
En détention provisoire depuis un mois, Gilles d’Ettore, élu depuis deux décennies, a reconnu avoir été influencé par Sophia Martinez, une médium à la belle réputation locale, à qui il a accordé largesses et cadeaux via des entrepreneurs locaux.
Sophia et Cédric Martinez avaient prévu un séjour à Paris, du 12 au 14 avril. Deux places en première classe étaient réservées pour les jeunes mariés dans le TGV au départ d’Agde (Hérault), et une chambre les attendait au Novotel Paris Centre-Bercy. Un voyage intégralement pris en charge par la communauté d’agglomération Hérault-Méditerranée, présidée par le maire d’Agde, Gilles d’Ettore. L’élu avait imprimé les billets de train, retrouvés dans sa voiture par les enquêteurs du service régional de police judiciaire de Montpellier. Sans doute comptait-il les remettre en personne à Sophia Martinez, la voyante dont il ne cessait de vanter le talent et la bienveillance. Un cadeau de plus : en février, la mairie avait déjà payé la fête d’anniversaire de la médium dans un restaurant du bord de mer.
Publié le : Jeudi 18 avril 2024
Gilles d'Ettore, maire d'Agde, visé par plusieurs affaires judiciaires
PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP
Source Marianne
Publié le 12/04/2024
Mis en examen pour détournement de fonds publics notamment, le maire d’Agde Gilles D’Ettore (LR) est également visé par une vaste enquête sur le plus grand chantier d’Occitanie, mêlant un promoteur fantôme et une luxueuse villa.
Ancien lieutenant des Renseignements généraux et maire d’Agde depuis 2001, Gilles D’Ettore, 55 ans, dort en prison. En octobre dernier, celui qui est également président de l’agglo Hérault Méditerranée et ancien député sarkozyste, était placé sur écoutes après une plainte contre X déposée par son ex-femme, Géraldine D’Ettore-Sanchez. Selon Midi libre, « l’ex »*, par ailleurs conseillère régionale s’inquiétait de l’emprise sur l’édile d’une « médium et guérisseuse ». Son nom : Sophia Martinez, 44 ans, une mère de six enfants au look de star de téléréalité, qui prétend se « connecter avec les défunts ».
Après quatre mois d’enquête, la brigade de la criminalité financière de l’Hérault interpellait l’élu chez lui, le 19 mars. Au même moment, une perquisition était menée à la mairie d’Agde, au domicile du maire et chez la voyante, mise en examen pour escroqueries, recel de détournements de fonds, recel de corruption et travail dissimulé.
« Au cours de sa garde à vue, elle reconnaissait avoir utilisé un stratagème consistant à modifier sa voix auprès de nombreux interlocuteurs », a détaillé Raphaël Balland, procureur de Béziers, dans un communiqué. « Un être surnaturel provenant de l’au-delà » à la « voix rauque » incitait alors « à se soucier du bien-être de cette femme, y compris matériellement ». Selon ses déclarations, Gilles D’Ettore, « devenu l’un de ses plus proches amis », aurait cru échanger avec son père, mort en 1991, et longtemps adjoint à l’urbanisme d’Agde. Résultat : des largesses évaluées pour l’heure à 300 000 euros (pour un mariage somptueux, une véranda, une cuisine, etc.), et cinq de ses proches embauchés à la mairie.
À Agde comme aux quatre coins de la France, la stupeur se mêle à l’amusement. D’Ettore était-il victime d’une médium ventriloque ? C’est en tout cas sa ligne de défense : « Chacun d’entre nous a une faiblesse dans laquelle certains personnages malveillants arrivent à s’insinuer », plaide son avocat, Jean-Marc Darrigade, dont le client, présumé innocent, nie tout délit.
Reste que sa mise en examen pour corruption passive, détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt assortie de son maintien en détention provisoire – une décision rare, confirmée le 5 avril –, ainsi que l’audition de dizaines de personnes, montrent la gravité de cette affaire. Selon une source policière, l’enquête est « tentaculaire » et vise désormais « des chefs d’entreprise et le cabinet du maire, suspectés de corruption ».
En 2018, l’hôtel de ville agathois avait déjà été perquisitionné. L’enquête visait alors les marchés publics passés dans le cadre de la refonte de l’entrée du Cap d’Agde, flanquée d’un nouveau palais des congrès et d’un rutilant casino du groupe Barrière, tous deux financés par la ville, fière du plus gros chantier de la région.
Alors que le maire chiffrait « à la louche » l’investissement municipal pour cet ensemble à 33 millions d’euros, le budget grimpait à 49,5 millions, lâchés « sans étude d’impact économique », déplorait récemment la Chambre régionale des comptes. Voilà qui fait tache dans une ville dont la dette dépassait les 100 millions d’euros.
Classée sans suite en 2019 par le procureur de Béziers de l’époque, cette enquête sur ces marchés publics « a été reprise de A à Z », confient à Marianne des sources proches du dossier.
En 2018-2019, les investigations n’avaient pas approfondi certains éléments troublants, à commencer par l’atypique groupement de promoteurs qui avait remporté l’année précédente un appel à projet municipal visant à créer un ensemble immobilier « haut de gamme » sur 2 hectares de terrains. Ce duo de promoteurs était alors formé du prestigieux Kaufman & Broad, associé pour l’occasion à Thesis Groupe, obscur s’il en est mais fort bien introduit à Agde.
Plutôt qu’un « groupe », Thésis était en fait une petite société d’ingénierie héraultaise née en 2015, dont le chiffre d’affaires atteignait l’euro symbolique en 2016, bien loin des 207 millions engrangés la même année par Kaufman. Thésis se retrouvait cependant « co-promoteur » d’un imposant programme immobilier de 230 appartements baptisé « Iconic », qui nécessitait 90 millions d’euros d’investissement.
Déséquilibré, cet attelage allait se complexifier.
Pour commercialiser aux côtés de Kaufman les futurs appartements de luxe, Thésis Groupe s’appuyait sur sa filiale, Hélyxir Groupe, fondée en décembre 2015 et présentant, elle aussi, un bilan comptable famélique, avec une perte de 130 000 euros. Hélyxir en mettait néanmoins plein la vue grâce à un site internet (aujourd’hui désactivé) exposant six futurs programmes de « résidences de prestige », illustrés par de belles images en 3D. Pourtant, à l’exception d’Iconic (achevé à l’été 2023), aucun des projets que devait bâtir Hélyxir ne sortira jamais de terre. En bref, ce promoteur, qui se disait « spécialiste de l’immobilier d’exception », n’avait strictement rien construit. Un gigantesque bluff ?
À l’origine de Thésis comme de Hélyxir, on trouve un certain Luigi Pisano (qui n'a pas répondu à nos questions), ressortissant italien et ingénieur du bâtiment qui a fait une arrivée fracassante à Agde, en 2015. Cette année-là, il présentait au maire et à un public stupéfait un délirant projet de reconversion du Fort Brescou – le fort Boyard local – prévoyant d’implanter dans ce monument classé du XVIIe siècle un hôtel de luxe. Jamais concrétisée, cette étude, payée par la municipalité, n’était qu’un début.
Dans la foulée, Hélyxir, qui n’avait alors que trois mois d’existence, remportait en avril 2016 un appel à projets transformant un stade municipal en résidence sénior. Mais là encore, Pisano faisait intervenir un gros promoteur national et procédait à une vente dite « en l’état d’achèvement », incluant le terrain (qu’il avait payé 1,9 million d’euros), le permis de construire et le futur bâtiment. Montant de la transaction : plus de 22 millions d’euros.
Le bénéfice réalisé par Pisano reste, lui, inconnu, les comptes des sociétés liées à cette affaire n’ayant pas été déposés au greffe pour les années concernées. Il n’empêche, Hélyxir apparaît comme un intermédiaire tout à fait dispensable, surtout pour la ville d’Agde qui aurait gagné à traiter directement avec l’acheteur final. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Mystère.
Le constat est identique dans l’association Hélyxir/Kaufman décortiquée aujourd’hui par les enquêteurs, Hélyxir devant percevoir 10 % des bénéfices d’une opération que Kaufman aurait très bien pu mener en solo… Quel intérêt pouvait donc avoir Kaufman à travailler avec cette modeste entreprise ? Hélyxir, aujourd’hui en faillite, était-il une coquille vide ?
Jacques Rubio, Directeur général de Kaufman alors en charge de la région Sud-Ouest, dément avoir été en affaires avec cette entreprise : « Il y avait un protocole, mais fin 2017, la décision a été prise de ne pas s’associer. » Reste que les brochures commerciales d’Iconic mentionnaient bien une « co-promotion » et une « co-réalisation Hélyxir Groupe Kaufmann & Broad ». Pourquoi ce revirement ?
Ces questions se doublent d'un autre volet qui ramène au maire d'Agde : à l’été 2017, le Midi libre avait révélé l’embauche par Hélyxir de Justine C., 26 ans, sa nouvelle compagne. Ex-esthéticienne jusqu’alors fonctionnaire municipale, elle devenait « Assistante responsable de programme », c’est-à-dire agent immobilier, en charge de vendre des appartements de la résidence Iconic. Avec, à la clé, un confortable salaire, une voiture et un téléphone de fonction…
« Je n’ai rien à voir avec ce recrutement », assurait Gilles D’Ettore, face à des détracteurs suspectant des délits de favoritisme et de prise illégale d’intérêt. Mais après un dépôt de plainte de l’opposition municipale, une rupture conventionnelle mettait un terme à l’embauche controversée. Et fin 2017, Hélyxir avait, comme par enchantement, disparu de la com d’Iconic. Pour autant, sa « maison mère » Thésis restait intéressée au bénéfice, ce qui n’empêchait pas les deux sociétés d’être placées en liquidation judiciaire en 2022. Une façon de tirer discrètement sa révérence, une fois ses affaires réalisées ?
Justine C., qui accompagnait le maire à chaque événement, n’avait pourtant pas fini de faire parler d’elle. Proche de la voyante Sophia Martinez à qui elle aurait présenté Gilles D’Ettore, la jeune femme est depuis peu la propriétaire d’un bien immobilier qui fait jaser.
Proche de la mer, l’hollywoodienne villa Origami et ses 206 m2 ont été construits en 2021 et 2022, sans panneau de chantier visible, en partie sur une parcelle originellement détenue par la ville. Mais comment Justine C., reconvertie au même moment en actrice et débutant forcément par de modestes cachets, a-t-elle pu se payer sa villa de rêve ?
D’abord, en obtenant ledit terrain à bas coût. Longiligne et enclavé entre deux parcelles de forme identique, un terrain municipal de 921 m2 a, le 20 septembre 2020, d’abord été acheté à la ville, au prix de 146 euros le mètre carré, par la famille E., propriétaire de la parcelle attenante depuis quelques jours à peine.
Trois à quatre fois inférieur au cours du marché, ce tarif, établi par la mairie « après avis du service des Domaines », est lié, explique le compte rendu du conseil municipal, à « sa configuration particulière qui rend cette parcelle difficilement constructible ». Mais la donne allait changer moins de trois mois plus tard.
En décembre 2020, un géomètre appointé par la ville avait déjà modifié le cadastre de ce petit secteur afin d’élargir la route qui longe les trois parcelles. En contrepartie, comme l’a voté le conseil municipal, les propriétaires cédant un bout de leur terrain pour l’élargissement gagnaient un nouveau mur de clôture et un portail électrique payés par la ville.
Gagnant-gagnant, et plus encore : au passage, le géomètre faisait des heures sup’ et redécoupait les trois parcelles longilignes en neuf sous-parcelles, dont le remembrement aboutit à la formation de trois « lots à bâtir » géométriquement emboîtés et à présent facilement constructibles.
Voilà qui tombe bien : en janvier 2021, soit deux mois après le passage du géomètre, Justine C. déposait le permis de construire d’une villa contemporaine à la mairie d’Agde, relative au « lot 1 à bâtir » taillé par notre géomètre. 986 m2 qu’elle acquiert six mois plus tard, en juillet 2021, au prix étonnamment fixe de 146 euros le m2, soit 144 000 euros. Ce lot a ainsi été pris pour partie sur l’ex-terrain municipal et sur celui de la famille E, qui allait construire sur le lot 3, leur voisin prenant le lot 2. Compliqué ? Le mot est faible.
Ce qui ressemble à un coup de bonneteau cadastral a, incidemment, pour conséquence de camoufler le fait que l’acheteur d’une part de terrain municipal à bas prix est, in fine… la compagne du maire. En résumé, avant de devenir la propriété de Justine C., ses parcelles auront changé trois fois de propriétaire en moins d’un an.
« Ces opérations ne sont entachées d’aucune irrégularité », nous assure Justine C. par l’intermédiaire de son avocat. Et surprise : sa voisine et un membre de la famille impliquée dans ces « opérations » ont ensuite été embauchés au théâtre municipal agathois, où Justine C. a ses entrées. Interrogé, Sébastien Frey, 1er adjoint en charge de l’urbanisme qui a signé son permis de construire, est resté mutique, tandis que Yannick Hivin, Directeur général des services d’Agde, a invoqué l’instruction en cours pour ne pas donner suite.
Enfin, la villa Origami a été conçue par le prospère cabinet d’architectes montpelliérain A+, qui a signé les études préparatoires de refonte de l’entrée du Cap, les plans du nouveau palais des congrès, du casino du Cap d’Agde et du Théâtre agathois… Réponse du cabinet : « Au regard de l’enquête pénale en cours visant Monsieur le Maire d’Agde, nous n’avons aucune déclaration à formuler. » Quant aux maçons venus travailler sur le chantier, tous parlent de cette maison comme étant « la villa qu’a fait construire le maire »… dont le nom ne figure pas sur la sonnette. Allez comprendre…
Par Paul Conge et François Darras
Publié le : Samedi 13 avril 2024