Lors du conseil municipal du 23 septembre 2026, les élus ont examiné une convention prévoyant le versement d’une subvention de 70 688 euros à l’association des professionnels du nautisme du Cap d’Agde. Les échanges ont porté sur le financement du Salon nautique, ses retombées économiques et son évolution future.
La municipalité a rappelé que cette aide annuelle était auparavant versée par la SODEAL. Depuis la remunicipalisation des ports et la disparition de cette structure, elle estime que la subvention constitue une nouvelle charge pour la mairie.
La délibération présentée en séance prévoit son imputation au chapitre 65 du budget de la Ville.
La nouvelle municipalité ne présente pas le Salon nautique comme un service destiné aux seuls plaisanciers.
Elle considère qu’il s’agit d’un événement bénéficiant à l’ensemble de la station, notamment aux commerces, aux locations et, plus largement, à l’activité économique du Cap d’Agde en fin de saison.
Cette qualification explique le choix d’un financement par le budget principal de la Ville. L’aide est désormais considérée comme un soutien à une manifestation économique et touristique d’intérêt communal, et non comme une dépense propre au service public industriel et commercial des ports.
Ce choix marque une rupture avec celui de l’ancienne municipalité. En 2025, la subvention avait été imputée au SPIC portuaire. Cette imputation a été contestée par le conseiller portuaire Philippe Revilliod, qui a demandé l’arbitrage du tribunal administratif.
Pourquoi ce qui avait été imputé au SPIC en 2025 devient-il aujourd’hui une charge du budget de la Ville ?
Ce changement constitue-t-il la reconnaissance que le Salon nautique n’aurait pas dû être financé par le budget des ports ? Quelle incidence aura-t-il sur la procédure engagée devant le tribunal administratif ?
Une zone d’ombre non négligeable demeure cependant. Du personnel du SPIC portuaire est effectivement mis à disposition pour l’organisation de la manifestation, sans refacturation à la Ville ou à l’association organisatrice.
Une partie du coût réel du Salon continue donc d’être supportée indirectement par le budget des ports, malgré l’imputation de la subvention au budget de la Ville.
Au cours du débat, une élue a soutenu le principe d’une manifestation valorisant le savoir-faire des professionnels locaux, tout en demandant un bilan détaillé, fréquentation vérifiable, profil des visiteurs, retombées économiques et nombre de bateaux neufs ou d’occasion vendus pendant l’événement.
La municipalité s’est engagée à communiquer ces éléments. Elle a indiqué que le Salon est organisé depuis une vingtaine d’années par l’association des professionnels, pour un budget global annoncé d’environ 300 000 euros. Selon les chiffres avancés en séance, la manifestation accueillerait entre 35 000 et 50 000 visiteurs selon les éditions. Une réflexion est également engagée pour élargir l’événement à d’autres activités de glisse et de loisirs nautiques.
Le prochain bilan ne pourra donc pas se limiter au nombre de visiteurs annoncé. Il devra présenter les retombées économiques réelles pour l’ensemble de la station, mais aussi le coût public complet de la manifestation. La subvention de 70 688 euros ne représente qu’une partie de ce coût tant que le travail des agents et les moyens du SPIC ne sont ni chiffrés ni refacturés.
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