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La destruction de la promenade de Vias n’est pas seulement une aberration urbanistique. C’est un scandale d’État, un cas d’école de l’irresponsabilité administrative maquillée en rigueur juridique tardive.
Une promenade financée par de l’argent public, fréquentée, appréciée, intégrée au quotidien des habitants, sera purement et simplement rasée. Non pas parce qu’elle était dangereuse. Non pas parce qu’elle nuisait à l’environnement. Mais parce que l’État a laissé construire en violation de la loi Littoral, avant de se réveiller quand il était trop tard.
Et aujourd’hui, on voudrait faire croire que le problème se résume à un maire sur le banc des accusés.
COMMUNIQUE de la Préfecture de l'Hérault
La préfète de l'Hérault Chantal Mauchet prend acte de la décision du tribunal administratif de Montpellier qui enjoint la ville de Vias dans l'Hérault à démolir le promenoir (et un parking) construit sans autorisation sur le domaine public maritime.
Un jugement qui confirme l'analyse juridique des services de l'Etat (DDTM) et qui protège notre littoral.
Une situation qui aurait pu être évitée si la commune s'était conformée aux prescriptions des services de l'Etat quant au caractère illégal du projet.
Faire porter la responsabilité exclusive à l’élu local est une contre-vérité institutionnelle.
La loi Littoral est une loi nationale. Son contrôle relève exclusivement de l’État, par l’intermédiaire de la préfecture et de ses services. Lorsque ceux-ci ne réagissent pas, n’alertent pas, ne déférent pas un acte manifestement illégal, ils deviennent partie prenante du désastre.
À Vias, l’ouvrage n’a pas été construit clandestinement, de nuit, sans dossiers ni signatures. Il a nécessité :
Le plus choquant n’est pas seulement l’inaction. C’est la violence administrative différée.
L’État n’a rien fait quand il fallait empêcher.
Il frappe quand il faut détruire.
Cette méthode est irresponsable. Elle ne protège ni le littoral, ni l’argent public, ni la démocratie locale. Elle fabrique du gâchis, de la défiance et de l’injustice. Les habitants perdent un équipement utile. Les finances publiques sont dilapidées. Et l’élu devient le fusible commode d’un système qui refuse de se regarder en face.
Dans cette affaire, un fait saute aux yeux : personne ne questionne la responsabilité des services de contrôle.
L’État se juge lui-même, et s’absout dans le silence.
Ce déséquilibre est intenable. On ne peut exiger une rigueur absolue des collectivités tout en acceptant la défaillance chronique de ceux qui sont chargés de les contrôler.
La loi Littoral est brandie comme un totem après coup, mais piétinée par négligence en amont. Résultat : on détruit ce que la population utilise, on abîme la confiance citoyenne, et on alimente l’idée que le droit sert davantage à punir qu’à prévenir.
À Vias, le littoral n’a pas été protégé.
Il a été mal administré.
Il est temps de le dire clairement : les vrais responsables de ce gâchis ne sont pas seulement dans la salle d’audience, mais aussi dans les bureaux feutrés de l’État.
Tant que le contrôle de légalité restera un exercice intermittent, opaque et sans reddition de comptes, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et les citoyens continueront de payer pour les erreurs ou les lâchetés de ceux qui étaient censés les protéger.
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