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Sète : des remous autour de l’arrivée des mega yachts

jeudi 02 novembre 2017

Sujet : Midi Libre

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Le projet soulève quelques questions au sein du collectif
PHOTO D'ILLUSTRATION / PHILIPPE MALRIC

Midi Libre 02/11/2017

Dans le port de Sète, un collectif dénonce un “manque d'informations”.

Ils sont contre. “Parce que quand on ne sait pas tout, on est contre. C'est une réaction sous le coup de l'émotion”, comme le glisse une membre du collectif “Non au projet de marina de luxe pour méga yachts à Sète”. Collectif appuyé par le Parti communiste local.

Ce groupement de citoyens (qui a réuni une trentaine de personnes lors de sa première réunion et qui en organise une deuxième ce jeudi soir, 18 h 30, au Samary) a eu les cheveux qui se sont dressés sur la tête lorsqu'ils ont appris, via Midi Libre, que le port avait signé un partenariat avec Igy Marinas (Floride) pour l'accueil d'une douzaine d'unités de 100 m de long maximum sur le quai d'Alger. Ils désirent, en effet, avoir le maximum d'informations sur ce dossier et “quand on les aura, on changera peut-être d'avis.”

Leurs inquiétudes se résument en cinq points. Le premier concerne les retombées sur l'emploi. Ils craignent que l'absence de chantier proche et la fuite des armateurs en raison des taxes françaises ne génèrent aucun emploi supplémentaire. Jean-Claude Gayssot, le président du port, estime, quant à lui, que les personnels qui vont rester à bord de ces embarcations généreront de l'activité et passeront par des sociétés locales pour leurs petits travaux.

Les commerces de proximité remplacés par des boutiques de luxe ?
Deuxième inquiétude : les conséquences sociales. Le collectif estime que l'arrivée de cette clientèle fortunée (en parlant des patrons des yachts) risque de faire bondir les prix de l'immobilier et de faire disparaître les commerces de proximité du secteur au profit de boutiques de luxe...

Le collectif craint aussi pour l'environnement. “A-t-on prévu les infrastructures nécessaires pour récupérer et traiter les eaux noires et sales des bateaux ?”, s'interroge-t-il. Ces dispositions sont, justement, prévues comme condition nécessaire à l'arrivée des méga-yachts, comme cela a été précisé lors de la signature du partenariat.

Les “contre” dénoncent également la “privatisation d'un espace public” puisque les quais d'Alger et du Maroc ne seront plus accessibles. Pour mémoire, ces sites font partie de l'espace Schengen et sont, donc, déjà, considérés comme des zones frontières.

Enfin, le collectif évoque la création de nouvelles nuisances. “Les riverains sont-ils prêts à accepter des nuisances sonores liées à l'intensification du trafic des bateaux et aux hélicoptères pour lesquels une piste d'atterrissage est prévue ?” Un héliport est en effet représenté sur la vue d'artiste du projet. Tout comme une piscine de 25 m. Les deux thoniers amarrés quai Samary n'y sont pas représentés. Et pourtant, ils y resteront.

PHILIPPE MALRIC




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