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Les nouveaux projets nautiques de Titouan Lamazou

lundi 30 octobre 2017

Sujet : Midi Libre

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AGENCE / PIXPRO / PIXREG M2LAMA
OLIVIER RAYNAUD

Midi Libre 30/09/17

Titouan Lamazou, marin, artiste peintre parraine le salon du nautisme du Cap d'Agde qui a débuté samedi. Rencontre.

Titouan Lamazou, on vous retrouve parrain du salon du nautisme...

J'étais aux Marquises cet été et j'ai eu cette demande d'un ami à qui je ne peux rien refuser... Alors, j'ai accepté ! J'étais coureur d'océan il y a vingt-sept ans ; depuis, j'ai brillé par mon absence sur les pontons ! Je suis artiste, mais là, j'ai aussi des projets nautiques.

"Un navire qui va sillonner les océans du monde"
Vous présentez ce dimanche votre concept d'atelier bateau : quelle est la nature de ce projet ?

C'est un navire qui va sillonner les océans du monde et sur lequel il y aura des artistes et des chercheurs. Ces gens vont créer et travailler ensemble, en binôme, mêlant le côté inventif et documenté, pour pondre des livres et des films et diffuser ainsi un autre regard sur le monde. Nous sommes en pleine mondialisation et il n'y a jamais eu autant de murs, de frontières... Il sera aussi question de biodiversité, il faut savoir la sauvegarder. Tout ce vaste programme sera distribué aux écoles, collèges et lycées.

Sur quel type de bateau allez-vous naviguer ?

Nous allons le fabriquer avec mes anciens partenaires du Vendée Globe 1990. J'espère commencer la construction dans le bassin d'Arcachon début 2018. Ce sera un grand catamaran de 28 m, pour qu'il y ait de l'espace et de la lumière. En fait, un atelier de création. Il sera le plus vertueux possible, avec des éco-matériaux et des énergies renouvelables. Ce sera l'atelier des tropiques, en référence à Gauguin qui en rêvait. Il ira de Dom en Tom, et aussi en Méditerranée, même s'il sera plus tourné vers les tropiques. Cette fois, je vais essayer de faire le tour du monde le plus lentement possible !

"Même en plein milieu du Pacifique, on pourra être en direct avec les écoles" Vous aviez remporté le Vendée Globe en 1990 : quel regard portez-vous sur l'épreuve aujourd'hui ?

Les bateaux vont plus vite, mais ce qui a le plus changé, c'est la communication : maintenant, on peut voir Le Cléac'h tous les jours à la télé. Il y a vingt-sept ans, on avait juste de quoi appeler à terre... Mais pour le bateau atelier, ce sera pareil : même en plein milieu du Pacifique, on pourra être en direct avec les écoles.

2018, c'est aussi l'année de votre expo au quai Branly...

Il y aura des peintures, des objets anciens, des enregistrements d'écrivain. Je peins en voyage et dans mon atelier à Paris. Pour l'expo, il y aura beaucoup de paysages, y compris sous-marins. Il y a une telle richesse aux Marquises.

"Dans beaucoup de domaines, les femmes sont encore classées en deuxième catégorie"
Vous qui avez beaucoup peint les femmes, comment réagissez-vous aux affaires de harcèlement ?

J'ai passé dix ans de ma vie à peindre les femmes comme autant de témoins de la misogynie dans le monde. Ce projet avait d'ailleurs commencé dans la Corne de l'Afrique, là où se pratiquent les mutilations génitales. J'allais voir les femmes pour qu'elles me parlent, je connais bien la problématique. Là, il faut qu'un producteur d'Hollywood se fasse attraper pour que ça bouge enfin. La prise de conscience est une bonne chose mais ça manque de fond. Dans beaucoup de domaines, les femmes sont encore classées en deuxième catégorie. Il n'y a qu'à regarder les salaires.

0 Y. PHILIPPONNAT




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